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9 septembre 2016.

Le plus long barrage de Suisse inauguré dans les Alpes glaronaises

1054 mètres : c’est la longueur record du barrage de Muttsee (...)

1054 mètres : c’est la longueur record du barrage de Muttsee inauguré le 9 septembre 2016 dans la vallée de la Linth. Situé à près de 2500 mètres au-dessus du niveau de la mer, cet ouvrage hydraulique est également le plus élevé d’Europe en termes d’altitude. Sa construction s’inscrit dans le projet d’une vaste installation de pompage-turbinage couplée avec une autre retenue artificielle, le lac de Limmern, en service depuis 1963.

Aucun nouveau barrage hydroélectrique n’avait été inauguré en Suisse depuis 1989 et la construction des barrages de Panix, dans les Grisons, et de Bortelsee, en Valais. Le nouveau barrage de Muttsee est destiné à tripler le volume d’accumulation du lac naturel de Mutt pour obtenir une capacité de retenue de quelque 25 millions de mètres cubes et servir de bassin supérieur au système de pompage-turbinage, le bassin inférieur étant constitué par le lac de Limmern situé 630 mètres plus bas. L’installation de Linthal doit en principe être mise en service à la fin de l’année.

Pour mémoire, une centrale de pompage-turbinage exploite la différence de niveau entre deux retenues pour stocker et produire de l’énergie hydroélectrique : dans un premier temps, l’eau accumulée dans le bassin supérieur est turbinée puis récupérée dans le bassin inférieur ; puis, lorsque la demande en électricité est faible, l’eau du lac inférieur est pompée pour être reversée dans le lac supérieur. Cette technique permet d’augmenter considérablement la capacité de production de la centrale et de garantir une production relativement stable et continue, en particulier en période d’étiage hivernal. Actuellement un peu plus de 4 % de la production hydroélectrique suisse sont générés par des centrales à pompage-turbinage.

Le groupe Axpo, actionnaire majoritaire du barrage de Muttsee, note que la décision de le construire a été prise à un moment où le prix de l’électricité était relativement élevé et avec de bonnes perspectives de rendement financier. Entre temps, l’ouverture du marché européen de l’électricité a totalement changé la donne et Axpo doit bien reconnaître que dans les premières années, il lui sera difficile de couvrir la totalité des coûts de la nouvelle installation, même si à long terme, l’horizon d’investissement pour ce genre de centrales de pompage-turbinage est de quelque 80 ans.

Données de base sur le barrage de Muttsee …

- Barrage-poids constitué de 250’000 mètres cubes de béton répartis sur 68 blocs
- Hauteur maximale : 35 m., longueur : 1054 m.,
- Largeur maximale à la base : 35 m., largeur au sommet : 4-6 m.
- Volume de la retenue : 23 millions de mètres cubes.

… et sur le projet Linthal 2015

- La nouvelle centrale de pompage-turbinage de Limmern comportera 4 turbines-pompes réversibles d’une capacité de 250 MW chacune, ce qui permettra de tripler ou presque (de 520 à 1520 MW) la puissance installée de l’usine actuelle et d’égaler par exemple celle de la centrale nucléaire de Leibstadt.
- Ce projet d’aménagement hydroélectrique est l’un des plus importants du groupe suisse Axpo de production, de commercialisation et de distribution d’énergie, entièrement aux mains des cantons et entreprises cantonales du Nord-Est de la Suisse.
- Son élaboration et le suivi de son exécution sont le fait de la société d’ingénierie Stucky SA, membre du groupe suisse Gruner spécialisé dans les services de construction.
- Les coûts d’investissement pour ce projet se montent à 2,1 milliards de francs suisses à la charge d’Axpo (85%) et du canton de Glaris (15%).

(Source : Axpo)


- En savoir plus sur le projet de centrale de pompage-turbinage de Limmern sur le site du Groupe Axpo et sur celui de la Communauté de travail des Forces motrices Linth-Limmern AG (en allemand uniquement sur ces deux sites).

- Voir la situation du Muttsee sur Google Maps




Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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