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21 septembre 2015.

"Le maintien de la qualité de l’eau potable demande de gros efforts"

Difficile de mieux résumer l’état des lieux que dresse la Société (...)

Difficile de mieux résumer l’état des lieux que dresse la Société Suisse de l’Industrie du Gaz et des Eaux (SSIGE) dans son rapport "Pour un approvisionnement en eau potable sûr et durable" : s’ils entendent encore à l’avenir, comme ils le font aujourd’hui, fournir à la population comme à tous les secteurs de l’économie une eau potable de haute qualité et à des prix avantageux, les distributeurs suisses doivent en effet pouvoir compter à la fois sur des ressources naturelles sécurisées et protégées et sur des réseaux et des infrastructures gérées de manière durable.

"On accorde toujours plus de confiance et d’attention à ce que l’on connaît qu’à ce que l’on ne connaît pas. Il est donc primordial que les décideurs et la population soient informés le mieux possible sur les activités des distributeurs d’eau et sur les défis qu’ils doivent relever." Signant ainsi la préface de ce nouveau rapport, Martin Sager, directeur de SSIGE, a bien conscience de la nécessité faite aujourd’hui aux distributeurs d’eau de la plus grande transparence possible quant à la façon dont ils s’acquittent de leur mission de service public.

Ceux-ci bénéficient certes d’une excellente image auprès des citoyens et des consommateurs. Les sondages qu’ils mènent régulièrement auprès du public montrent que la popularité de l’eau du robinet augmente de manière régulière : quatre habitants sur cinq leur font entière confiance et seul un habitant sur huit prétend ne jamais boire d’eau du réseau. Mais, on l’a vu dans le courant de l’été, et tout particulièrement dans la commune du Locle, les dangers de contaminations accidentelles restent possibles et la distribution de l’eau potable réclame une surveillance sans faille de tous les instants.

Il importe donc que les consommateurs connaissent l’ampleur des principaux défis auxquels les distributeurs devront faire face dans les décennies à venir : de l’innovation technologique qui garantit le meilleur traitement possible de l’eau (pour en éliminer les substances nocives) au remplacement de canalisations vétustes (sources de trop nombreuses fuites), en passant par la prévention ou la résolution des conflits d’intérêts entre les différents usagers des ressources en eau, par les moyens financiers nécessaires pour que la distribution de l’eau potable se fasse dans les meilleures conditions ou encore par la formation professionnelle d’un personnel technique confronté à des tâches de plus en plus complexes, sans oublier que ces différents défis se posent désormais dans un contexte de changements climatiques dont les impacts sur les ressources en eau seront de plus en plus manifestes.

Des exigences qui appellent des mesures impératives

Dans ce rapport de branche des distributeurs d’eau suisses - Pour un approvisionnement en eau potable sûr et durable" - la SSIGE identifie trois grands types de mesures à prendre, à savoir :

  • des mesures d’aménagement légales pour la sécurité des ressources en eau potable : protéger les ressources en eau et les installations d’approvisionnement et de distribution contre les conflits d’intérêts et contre les risques est une priorité quasi absolue qui doit être fixée autant que possible et de manière contraignante dans les planifications cantonales ;
  • la protection durable des eaux de source, souterraines et de surface : l’utilisation de produits phytosanitaires et de biocides dans les zones de protection des eaux souterraines doit être interdite afin de les préserver des pollutions et des risques résiduels inacceptables, la pollution des eaux de surface exige le strict respect d’objectifs de qualité écotoxicologique et doit être supprimée par l’élimination des micropolluants dans les stations d’épuration ainsi que par des mesures efficaces auprès des pollueurs ;
  • l’entretien des infrastructures et la professionnalisation du personnel spécialisé : cela implique que des investissements soient engagés en permanence dans l’infrastructure à hauteur d’environ 1,25 à 2 % de la valeur de remplacement et que les fonds nécessaires soient garantis durablement par des taxes et contributions couvrant les coûts.

-  "Pour un approvisionnement en eau potable sûr et durable - Rapport de branche des distributeurs d’eau suisses", 2015, 40 pages,
disponible sur le site de la SSIGE




Infos complémentaires

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:: EAU POTABLE :
l’essentiel en bref

Denrée alimentaire n° 1
L’approvisionnement en eau fait partie des tâches d’une commune et illustre une mission du service public. L’eau est la denrée alimentaire irremplaçable et sa qualité est un pilier central de la santé publique.

Qualité irréprochable
La priorité des entreprises de distribution est d’assurer une qualité d’eau potable conforme à la loi, soit une eau irréprochable, avec un haut niveau de sécurité d’approvisionnement. Les distributeurs d’eau sont également surveillés par les services cantonaux de contrôle des denrées alimentaires.

Un approvisionnement orienté vers l’avenir et à forte intensité capitalistique
L’approvisionnement en eau est prévu sur le long terme pour les canalisations qui en constituent la partie la plus coûteuse. Celles-ci exigent un renouvellement et un entretien permanents.

Complexe et exclusive
Contrairement à d’autres denrées alimentaires, l’eau potable n’est pas conditionnée mais distribuée en continu par un réseau de conduites. En tant qu’entreprises de l’agroalimentaire, les distributeurs d’eau doivent tenir compte des données locales et des ressources en eau disponibles dans la région et ne peuvent pas être structurés de manière uniforme.

Respectueuse de l’environnement
L’eau potable est de loin la boisson la plus respectueuse de l’environnement. Les économies d’eau froide n’ont que très peu d’incidence sur le bilan environnemental individuel, contrairement aux économies d’eau chaude. La Suisse exploite de manière durable ses considérables ressources en eau, pour preuve la consommation diminue depuis 30 ans.

Naturelle
L’eau potable fournie par les distributeurs d’eau est un produit de la nature. Une eau potable naturelle a donc besoin d’un environnement intact et de zones de protection efficaces.

Une boisson appréciée et quotidienne
La qualité de l’eau potable et son prix avantageux en font une denrée appréciée et à la mode, mais tellement évidente qu’elle ne suscite que très peu d’intérêt au sein de la population. Ses producteurs, les entreprises de distribution, sont peu connues.

Produite et consommée dans la région
Il n’existe pas de marché de l’eau potable. Les consommateurs ne peuvent pas choisir leur fournisseur. Par conséquent, ils attendent de leur entreprise de distribution la qualité, la fiabilité ainsi qu’une exploitation efficiente.

Couverture des coûts au lieu de rentabilité
Le principe applicable aux distributeurs d’eau est celui de la couverture des coûts. Ceux-ci doivent être couverts par les taxes et les contributions. Un subventionnement par des impôts n’est pas autorisé, ni des bénéfices.

(Extrait du
Rapport SSIGE,
page 6)

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Glossaire

  • Correction de cours d’eau

    Se protéger contre les crues est un souci de tout riverain. Depuis le 18e s., de vastes travaux ont été menés pour "corriger" certains grands cours d’eau (Kander, Linth, Aar, Rhône, etc.) et gagner des terres cultivables. Changement d’approche dès 1991 avec la loi sur l’aménagement des cours d’eau qui stipule que "leur tracé naturel doit être autant que possible respecté ou, à défaut, reconstitué". Il s’agit non plus de les corriger mais de les "renaturer" ou, quand la restauration n’est que partielle, de les "revitaliser".

Mot d’eau

  • “Enfant, j’ai connu
    le Rhône sauvage ...”

    “ ... À leur tour, les enfants d’aujourd’hui se souviendront de leur Rhône. L’essentiel n’est-il pas de garder vivace le lien qui nous unit à la nature ? Elle est notre véritable identité. L’écouter, c’est apprendre à se connaître.” (Pierrette Micheloud)


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