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18 septembre 2011.

Le jet d’eau de Genève a célébré ses 120 ans

Les désormais traditionnelles journées annuelles “Eau de Genève” ont (...)

Les désormais traditionnelles journées annuelles “Eau de Genève” ont été particulièrement marquées cette année par la célébration des 120 ans du Jet d’eau qui sert d’emblème à la cité du bout du Lac Léman. Pendant quatre jours, Genevois et gens de passage ont été invités à revisiter l’histoire et la symbolique de ce ’monument’ pas tout-à-fait comme les autres, à découvrir sa face cachée et mieux comprendre son fonctionnement.

Même si d’autres villes au monde - Djeddah en Arabie saoudite, East St.Louis aux États-Unis, Séoul en Corée du Sud - peuvent légitimement se vanter d’avoir installé des jets d’eau plus puissants que celui qui jaillit à l’extrémité ouest du Lac Léman, Genève restera toujours aussi fière d’avoir été la première à faire preuve d’ingéniosité en la matière.

D’ailleurs, du côté des Services industriels (SIG) qui en sont propriétaires et en assurent l’exploitation, on explique clairement qu’il n’est pas question de participer ici à une quelconque compétition internationale du plus haut jet, tout simplement parce que son environnement urbain, qui le rend en quelque sorte inimitable, oblige à maîtriser scrupuleusement les risques de la dispersion de l’eau. Il suffit en effet d’un gros coup de vent pour arroser quais et passants, voire même obliger les riverains à fermer les fenêtres de leurs appartements !

Les historiens aiment à rappeler que l’invention du jet d’eau genevois tient un peu du hasard : “Conséquence directe du développement de la force motrice, le premier jet d’eau apparaît à la Coulouvrenière en 1886, lors de l’inauguration officielle de l’usine. C’est une soupape permettant d’évacuer le trop-plein de pression lorsque la demande en énergie hydraulique de la part des industriels fléchit, comme le dimanche. Cette attraction est déplacée dans la Rade en 1891, année du Jubilé de la Confédération. La colonne d’eau atteint alors 90 mètres de hauteur et est alimentée par une canalisation sous pression dérivée de l’usine de la Coulouvrenière, elle-même branchée sur un château d’eau de 140 mètres. La nuit, elle devient fontaine lumineuse, éclairée par des projecteurs électriques.” (G.Duc, A.Frei, O.Perroux, ‘Histoire des énergies à Genève du XVIIIe siècle à nos jours’, p.87).

Ainsi donc, depuis le 2 août 1891, le jet d’eau n’a cessé de servir de carte de visite, pour ne pas dire de logo passe-partout, à une ville qui se sert de cet artifice aquatique, paradoxalement éphémère et permanent, pour attirer les regards, afficher ses ambitions et promouvoir sa renommée. La seule modification importante apportée entre temps à l’installation aura été de la déconnecter du réseau d’eau potable et de l’assortir d’une station de pompage autonome s’alimentant en eau directement dans le lac.

Le secret de la forme et de la blancheur du jet est à chercher dans sa tuyère spéciale qui projette un tube d’eau d’un diamètre de 16 cm à la base, aspirant au passage une bonne masse d’air qui le remplit de millions de bulles et lui donne ses allures de forte puissance et de grande légèreté.

Cinq volontaires, tous retraités des SIG - tel Antonio Dell’Acqua au nom prédestiné - veillent du matin au soir sur son fonctionnement : “une main sur la commande et l’oeil du côté de la météo, gardien de Jet d’eau est un métier un peu magique”. Il faut intervenir dès que les vents deviennent un peu turbulents et que la température frôle le zéro degré. (Source : SIG)

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Fonctionnement du Jet d’eau
(schéma technique SIG)



Infos complémentaires

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(photos aqueduc.info)


:: Le Jet d’eau
de Genève
en quelques chiffres

- Hauteur moyenne :
140 mètres
- Vitesse de sortie de l’eau :
200 km/h
- Débit :
500 litres/seconde
(l’équivalent de 2 baignoires)
- Masse d’eau en suspension :
7 tonnes
- Temps de parcours d’une goutte d’eau :
16 secondes
- Pompage :
2 groupes-moteurs d’une puissance totale de 1000 kW
- Débit de chaque groupe :
250 litres/seconde
- Puissance de l’éclairage
9000 watts (12 projecteurs)


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- Télécharger le dépliant
‘Le Jet d’eau de Genève’
sur le site des SIG

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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