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18 janvier 2021.

Le gammare des ruisseaux,
« animal de l’année » en Suisse

Tous les ans, depuis 1998, Pro Natura, la plus ancienne des (...)

Tous les ans, depuis 1998, Pro Natura, la plus ancienne des organisations suisses de protection de la nature, choisit un « animal de l’année », ce qui pour elle est une manière d’attirer l’attention sur l’un ou l’autre des aspects importants de la sauvegarde de l’environnement. Pour 2021, son choix s’est porté sur un petit crustacé, le gammare des ruisseaux, dont la présence dans un cours d’eau est un indicateur de sa bonne santé. Pour l’organisation écologiste, c’est aussi une façon de rendre hommage « à tous ces petits animaux discrets qui donnent vie à notre écosystème ».

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Les gammares des ruisseaux se nourrissent principalement de feuilles mortes tombées dans l’eau.
Ils constituent également une source de nourriture importante pour les poissons, les oiseaux
et quantité d’autres animaux. (Photo Pro Natura © Verena Lubini)

Voilà un animal aussi minuscule que méconnu soudainement promu au rôle d’ambassadeur de la qualité des eaux naturelles du pays. La plupart de ces espèces d’amphipodes vivent dans la mer ou dans les estuaires, mais on en trouve aussi beaucoup dans les eaux douces, pour autant que celles-ci soient propres. En Suisse, des chercheurs ont recensé 40 espèces de gammares, dont 27 indigènes.

La plus connue et la plus répandue est le gammare des ruisseaux (gammarus fossarum, littéralement « crabe des fossés »). On le trouve un peu partout (sauf au Tessin et dans certaines vallées du sud des Alpes), dans les rivières d’eau de plaine ou les torrents de montagne jusque vers 1300 mètres. Encore faut-il, pour le voir, le chercher dans des cours d’eau en bonne santé et retourner avec précaution quelques pierres ou débris végétaux. Il a un air de petite crevette au corps recourbé, de l’ordre de quelques millimètres à 3 ou 4 centimètres, se déplaçant sur le côté. On peut parfois en dénombrer des milliers regroupés dans l’espace d’un mètre carré.

Le gammare des ruisseaux participe à la décomposition de la biomasse : il se nourrit principalement de feuilles mortes et de détritus végétaux mais comme il ne les ingère pas totalement, les restes sont ingurgités par des bactéries et autres micro-organismes. Et ce n’est pas parce qu’il se cache que le gammare est pour autant à l’abri des prédateurs : il sert à son tour de nourriture à des poissons et à d’autres animaux aquatiques ou terrestres, voire à des oiseaux comme le cincle plongeur.

Ce qui vaut au gammare d’avoir été choisi comme « animal de l’année », c’est sa grande sensibilité à la pollution, faisant de lui un précieux bio-indicateur de la qualité des eaux. « Les pesticides et les eaux usées mal traitées – lit-on dans le dossier rédigé par Pro Natura - ont des effets délétères sur ces petits crustacés, quand ils ne les tuent pas (…) Les petits ruisseaux des zones agricoles sont particulièrement touchés par les apports de polluants. Les pesticides présents dans l’eau nuisent non seulement aux gammares mais indirectement aussi aux poissons et à d’autres espèces en raison notamment de la diminution de la nourriture disponible. » D’où la grande importance de porter à ces petits crustacés une attention toute particulière.

POUR EN SAVOIR PLUS :
- Dossier sur le gammare des ruisseaux - l’Animal de l’année 2021,
sur le site de Pro Natura
- Dossier « Étude des gammares : Un petit animal si capital »,
sur le site de l’Office fédéral de l’environnement



Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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