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26 novembre 2003.

Le Valais fait le décompte de ses glaciers dangereux !

Dans le canton suisse du Valais, 51 glaciers présentent (...)

Dans le canton suisse du Valais, 51 glaciers présentent aujourd’hui un danger potentiel. Et 29 d’entre eux pourraient causer d’importants dégâts dans les dix à vingt prochaines années. Ce sont là les premières données de l’inventaire réalisé sur mandat des autorités valaisannes par l’Institut de génie hydraulique, d’hydrologie et de glaciologie de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). Les risques étant connus, reste à planifier les mesures de protection.

A propos du Valais, il convient d’abord de rappeler que les glaciers ont eu une influence déterminante non seulement sur son environnement, mais aussi sur les activités de sa population et sur sa culture.

Ce que rappelle Jean-Jacques Rey-Bellet, président du gouvernement cantonal : "si la population valaisanne a pu survivre en montagne depuis quelque dix mille ans et si le Valais a connu plus récemment un intense développement agricole, nous le devons aux glaciers".

Des glaciers qui font office de château d’eau : ils alimentent les réseaux d’irrigation, font tourner moulins et scieries, remplissent les barrages hydroélectriques et attirent les touristes ! Ce n’est pas par hasard que les premiers hôtels valaisans ont été construits à proximité des glaciers où, désormais, les skieurs vont pratiquer leur sport favori jusqu’en plein été.

Aujourd’hui, les glaciers reculent, parfois de manière assez spectaculaire. Et l’impact de leur fonte va sans aucun doute accroître le risque de dangers naturels. D’où la décision prise il y a cinq ans par le gouvernement valaisan de dresser un inventaire des glaciers dangereux.

51 glaciers à risques

Résultat de l’inventaire valaisan des glaciers dangereux : 51 glaciers présentent un danger potentiel et 29 d’entre eux menacent de causer des dommages à court et moyen terme (dans les 10 à 20 prochaines années).

Les onze catastrophes glaciaires recensées depuis 1595 ont causé la mort de 415 personnes. On a dénombré 40 événements naturels ayant coupé une voie importante de communication, 35 ayant touché une ou plusieurs maisons d’habitation permanente, 72 ayant provoqué des dégâts matériels à diverses installations (prises d’eaux, chemins de fer, bâtiments et terrains agricoles, etc).

De l’importance de bien calculer les coûts de prévention

Les zones à risques étant connues, il s’agit maintenant de planifier les mesures de prévention et de protection. Pour Martin Funk, glaciologue et professeur à l’EPFZ, cela doit se faire de manière durable, c’est-à-dire en déterminant "le degré de sécurité en fonction de son prix", car les moyens financiers sont limités.

Et d’expliquer qu’une nouvelle méthode sur la gestion des risques glaciaires a été mise en place en Valais dans le cadre du projet de recherche européen "Glaciorisk" (2001-2003). Une planification des mesures de protection a été établie pour les 10 glaciers présentant les plus grands risques et différentes mesures de protection ont été envisagées sous l’angle de leur rapport coûts/efficacité.

Mais, pour Martin Funk, une chose paraît de toutes façons sûre et certaine : "les risques glaciaires ne pourront être réduits de manière efficace sans grandes dépenses". (bw)


À consulter : Glaciers valaisans : évolution et risques,
dossier de la conférence de presse officielle
(site de l’État du Valais)




Infos complémentaires

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Le glacier d’Aletsch (inscrit au Patrimoine mondial) a reculé de 3,370 km depuis 1859. Sur l’ensemble de sa surface, il s’amincit d’environ 30 cm par année. Photo Suisse-Tourisme

UN PAYS DE GLACES

676 glaciers, 767 kilomètres carrés (près de 15% du territoire cantonal), 52 milliards de mètres cubes : le Valais possède plus de deux tiers des glaces suisses et le tiers des glaces de la chaîne des Alpes. Parmi les dix plus grands glaciers de Suisse, sept sont valaisans, y compris le plus important : celui d’Aletsch (surface : 96 km carrés, longueur approximative : 24 km, épaisseur maximale : env.900 m). Mais, constate Jean-Jacques Rey-Bellet, on est bien loin des 8390 kilomètres carrés du plus grand glacier de la planète (Vatnajökull, en Islande).

Trois sortes de dangers

Pour le moment, explique Charly Wuilloud, chef de la section "Dangers naturels" au Service valaisan des forêts et paysages, les catastrophes glaciaires se résument à de rares événements, ce qui rend leur étude plus difficile (actuellement seuls huit glaciers font l’objet de contrôles réguliers). On peut néanmoins classer les risques glaciaires en trois catégories étroitement liés les uns aux autres :

1) les changements de longueur et de géométrie : les glaciers qui reculent libèrent des sédiments qui peuvent être emportés par des crues et provoquer des coulées de boues et des laves torrentielles ; les moraines désormais exposées à de nouvelles conditions environnementales se révèlent propices aux glissements de terrain

2) les crues glaciaires : elles résultent de la vidange soudaine de poches d’eau qui se sont formées dans ou sous la glace et qui sont donc difficiles à observer

3) les chutes de séracs et de blocs de glaces : la rupture partielle du front du glacier est le processus normal de recul pour les glaciers suspendus : là, l’observation permanente du glacier est plus aisée, mais les actions préventives n’excluent pas automatiquement tous les risques de dégâts en cas d’avalanche.

Mots-clés

Mots d’eau

  • Eaux usées

    "Face à une demande alimentaire croissante et des pénuries d’eau de plus en plus fréquentes, il est temps d’arrêter de considérer les eaux usées comme des déchets pour plutôt les voir comme des ressources pouvant être utilisées pour cultiver ou encore pour lutter contre les pénuries d’eau dans le secteur agricole." (FAO, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, 19 janvier 2017)


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