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20 mai 2012.

Le Valais a désormais son Musée des bisses

Du 16 au 20 mai 2012, la commune d’Ayent, à une poignée de (...)

Du 16 au 20 mai 2012, la commune d’Ayent, à une poignée de kilomètres de Sion en Valais, a vécu son week-end de l’Ascension au rythme des différents événements - veillée en patois et vernissage officiel, célébration religieuse et bénédiction du musée, apéritifs et soupe de légumes, visites commentées et randonnées au fil de l’eau - marquant l’inauguration officielle du Musée valaisan des bisses. Ce projet, initié il y a trois ans, est aujourd’hui réalité et un bon millier de personnes, profitant de journées portes ouvertes, a pu visiter les différentes salles que la ‘Maison peinte’ de Botyre, consacre à ce thème particulièrement emblématique du patrimoine alpin.

« Les bisses sont des canaux artificiels creusés ou construits au flanc des monts et qui, transportant les eaux sur un parcours de plusieurs kilomètres, permettent l’irrigation nécessaire à la fertilité du sol »
(Auguste Vautier, Au pays des Bisses)

Dans le village de Botyre, sis sur la commune d’Ayent, la célèbre « Maison peinte », un édifice classé datant du 17e siècle, est donc désormais vouée à l’histoire des bisses à travers les siècles. Sur quatre niveaux et quelque 270 mètres carrés, c’est un véritable voyage dans le temps qui est proposé au visiteur pour une découverte de ces aménagements d’irrigation dont nombre d’entre eux sont encore et toujours en service : on compte actuellement en Valais quelque 300 bisses constituant un réseau de 2’000 kilomètres de canaux.

Un millier de documents écrits, des centaines d’objets et différentes « reconstitutions » (certaines d’entre elles sont situées à l’extérieur du bâtiment) permettent de comprendre pourquoi le bisse fut pendant si longtemps un élément déterminant du développement de la région. Une médiathèque et divers documents audio-visuels sont autant d’invitations à se familiariser avec des ’techniques’ encore utilisées aujourd’hui dans certains secteurs et à s’interroger sur le devenir agricole et touristique des bisses, conservés, rénovés ou en voie de reconstruction, et qui offrent ainsi au Valais un atout attractif majeur.

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Construction d’un bisse en pleine paroi
(Aquarelle de Rose Gigon)

Les différentes thématiques du Musée

Au delà de leur nécessité purement économique, les bisses ont toujours été à l’évidence liés à l’organisation sociale des populations des régions concernées. Leur gestion a toujours été source d’étonnement et d’intérêt. Dès la Renaissance, écrivains, théologiens et autres scientifiques ont été sensibles à ce qu’a toujours représenté la construction d’un bisse et sa gestion.

- La construction : les bisses actuellement réhabilités permettent de prendre conscience du danger que représentaient les travaux. Accrochés à des falaises, traversant des couloirs exposés, les bisses sont des chefs d’œuvre d’audace, de courage et d’ingéniosité. L’entretien du bisse était aussi dangereux que sa mise en place.
- La religion : la construction et la surveillance du bisse ne sont pas sans danger. Autrefois, les paysans s’adressaient à Dieu pour attirer sa protection. Souvent des oratoires et des chapelles étaient alors édifiés le long des bisses et des cierges allumés dans les églises.
- L’irrigation : le bisse se situe en altitude (haute ou moyenne). Mais c’est bien l’eau du bisse qui permettait d’irriguer les zones agricoles basses. On parle alors d’irrigation par gravitation. L’apparition des jets mécaniques, dans les années 1930, bouleversera cette méthode sans pour autant la faire totalement disparaître.
- La gestion : la gestion de l’eau était autrefois assurée de manière communautaire, soit à travers un consortage, soit à travers la commune. Il existait un "droit d’eau" précisant les périodes de prélèvement et les périodes requises à cet effet. Ce système est toujours en cours mais a logiquement perdu de son importance, compte tenu du développement des nouvelles techniques d’irrigation.
- Le contexte géographique : la situation particulière du Valais (fort ensoleillement, climat sec, précipitations limitées) explique aussi l’existence des bisses. Sans eau et sans irrigation, il eût été impossible de développer une activité agricole viable dans certains secteurs.

(Informations et illustrations extraites de la documentation du Musée valaisan des bisses)


Pour en savoir plus :
- Voir le site du Musée valaisan des bisses
- Sur aqueduc.info, le compte-rendu du
Colloque international sur les bisses (Sion, 2010)




Infos complémentaires

La Maison peinte de Botyre

:: Au service de la mémoire collective

"Le Musée valaisan des bisses ne sera pas qu’un lieu d’exposition fermé sur lui-même. Il deviendra un musée de plein air couvrant tout le Valais, qui devra répondre à la demande du public et aller au-devant de toutes les interrogations. Les visiteurs étrangers pourront y découvrir pourquoi les bisses du Valais ne sont pas seulement des objets touristiques, mais aussi et surtout des éléments importants du patrimoine valaisan. Ils verront que de nombreux bisses sont toujours actifs et toujours indispensables à l’agriculture de nos montagnes. Et les Valaisans, amateurs de randonnées le long des bisses, après une visite au musée, les verront autrement, comprendront leurs techniques de construction, leurs fonctionnalités, leurs systèmes de gestion. La jeune génération, qui n’a pas connu le temps des bisses, ses travaux d’entretien et les longues heures d’arrosage, pourra mieux réaliser la vie des anciens et assurer la conservation de ce riche patrimoine."

(Armand Dussex, président de l’Association du Musée valaisan des bisses, lors du Colloque international de Sion, en septembre 2010)


:: Le projet de candidature au Patrimoine mondial
va de l’avant

Alors que le Musée valaisan des bisses ouvrait officiellement ses portes, l’Association des bisses du Valais, réunie en assemblée générale à Saint-Romain, a soutenu à l’unanimité la proposition de son comité de présenter la candidature des bisses valaisans au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Dans un premier temps, il s’agira dans les deux ans à venir de constituer et de soumettre aux autorités fédérales compétentes un pré-dossier de candidature. Cela implique de mettre à jour l’inventaire des bisses, de déterminer des périmètres et de choisir ceux qui sont les plus représentatifs de leurs techniques de construction. Ce travail préparatoire devrait coûter quelque 200’000 francs. La décision finale d’un dépôt de candidature auprès de l’UNESCO appartient au gouvernement suisse.

L’Association des bisses du Valais, créée en octobre 2010 dans la foulée du colloque international déjà cité, compte actuellement une bonne centaine de membres. Elle organise chaque année une journée de découverte de ces canaux d’irrigation ainsi que des cours de formation pour leur rénovation. (bw)

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Anciens chéneaux
du bisse d’Ayent

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Glossaire

  • Eau de Javel

    Appellation populaire, du nom d’un quartier parisien, d’une solution aqueuse d’hypochlorite de sodium, de couleur jaunâtre et à forte odeur de chlore, souvent employée, diluée dans l’eau, comme désinfectant, détachant ou décolorant. De nombreux produits ménagers de nettoyage, de lessive et de vaisselle en contiennent à des concentrations variables. Elle est également utilisée pour la potabilisation de l’eau, dans les piscines, dans les stations d’épuration et dans l’industrie, notamment dans les papeteries.

Mot d’eau

  • La communauté, nappe souterraine

    “La communauté est une nappe affective souterraine et chacun boit la même eau à cette source et à ce puits qu’il est lui-même – mais sans le savoir, sans se distinguer de lui-même, de l’autre ni du Fond.” (Michel Henry, "Phénoménologie matérielle", 1990)


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