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11 décembre 2009.

“Le Rhône : hydrologie, géoarchéologie et sciences naturelles”

Pour la sixième année consécutive, ‘Mémoires du Rhône’, groupe (...)

Pour la sixième année consécutive, ‘Mémoires du Rhône’, groupe pluridisciplinaire de chercheurs autour des problématiques du Rhône dans son environnement naturel et humain, a organisé un colloque scientifique, centré cette fois-ci sur l’hydrologie, la géoarchéologie et les sciences naturelles. Cette journée s’est déroulée au Château de la Porte du Scex, à Vouvry (Valais).

Cette nouvelle édition des colloques ‘Mémoires du Rhône’ a été principalement marquée par la présentation du livre « Le Rhône : dynamique, histoire et société », ouvrage collectif qui regroupe quelques-unes des contributions les plus significatives aux précédents colloques, de 2004 à 2008. Voir sa recension dans la rubrique Bibliographie

Occasion a été également donnée à la soixantaine de participants de visiter le château de la Porte du Scex qui s’apprête à accueillir dès le printemps 2010 le Musée historique du Chablais (avec un espace consacré au Rhône) et de mieux comprendre le fonctionnement d’une station de mesures hydrologiques (voir ci-contre).



Les principales contributions du Colloque 2009



-  Quinze années de recherches géoarchéologiques dans le delta du Rhône (France méditerranéenne)
par Gilles Arnaud-Fassetta, Professeur de géographie physique, Université Val-de-Marne, Paris 12

Pour qui s’intéresse à la façon dont les sociétés réagissent aux fluctuations à plus ou moins long terme de la dynamique fluviale, les quinze années de recherches faites dans le delta du Rhône, dans le Midi de la France, ont démontré l’intérêt de mener de front trois approches complémentaires : hydrographiques (analyses cartographiques), hydrologiques (études du dynamisme fluvial) et hydrauliques (histoire des réponses humaines aux modifications environnementales). D’où l’on peut déduire, par exemple en Camargue, que les crues du Rhône n’apparaissent pas comme une contrainte à l’installation durable des hommes le long des bras fluviaux du delta.

-  Histoire du réseau de mesures du Rhône
par Beat Sigrist, Chef de la section hydrométrie, Office fédéral de l’environnement, Berne

Le Rhône et ses affluents sont observés de manière systématique par les services de l’administration fédérale depuis la fin du 18e siècle. La Suisse dispose aujourd’hui de données hydrologiques fiables collectées sur une longue période et très utiles par exemple aux planificateurs de la troisième correction du Rhône. Le réseau de mesures s’est développé au fil du temps et sert aujourd’hui non seulement à la protection contre les crues et à la planification de l’énergie hydraulique, mais aussi au contrôle de la qualité des eaux. Son importance croît désormais avec le suivi des changements climatiques.

-  Le Rhône, la végétation et le temps
par Christian Roulier, Biologiste, Service conseil Zones alluviales, Yverdon-les-Bains

La végétation alluviale du Rhône est née de l’antagonisme entre la destruction et la recolonisation, un processus générateur de diversité : à court terme et à l’échelle du mètre carré, la crue détruit la vie ; à long terme et à l’échelle de l’hectare, elle favorise des espèces et des communautés pionnières de grande valeur naturelle. Des recherches menées entre autres sur le site de Finges, en Valais, ont permis d’élaborer un modèle grâce auquel il est possible d’identifier un stade d’évolution de la végétation ou de prédire le type de végétaux qui coloniseront les bords du Rhône après sa correction.

-  De la truite fario ’indigène’ à la perche soleil : quelle faune piscicole dans le bassin versant valaisan du Rhône ?
par David Theler, Géographe, hydrologue, Université de Lausanne.

Le Rhône alpin d’aujourd’hui présente une biodiversité piscicole extrêmement faible. Des 18 espèces recensées à la fin du 19e siècle, seules sept seraient encore présentes. La truite fario (salmo trutta), le poisson majoritairement présent dans les eaux courantes du bassin versant du Rhône, montre presque partout des altérations qui trouvent leur explication dans le brassage génétique mené durant des décennies dans les stations d’élevage qui recourent à des truites domestiques non indigènes.


- Télécharger le programme du colloque et différentes informations sur les activités du groupe "Mémoires du Rhône"

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Mémoires du Rhône 2009










Infos complémentaires

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:: La Porte du Scex

Ce lieu jadis stratégique situé entre le Rhône et la paroi rocheuse doit son nom à sa situation topographique. ’Scex’ vient du latin saxum, rocher, et la Porte se réfère au lieu de passage routier et fluvial. Le château, construit au 17e siècle, contrôlait le trafic par voie de terre grâce à une porte précédée d’un pont-levis, et la traversée du fleuve se faisait par bac avant la construction d’un pont dans la seconde moitié du 19e siècle. En 1902, une crue du Rhône provoqua l’effondrement d’une partie du château. Partiellement restauré, le bâtiment est aujourd’hui classé monument historique d’importance fédérale.


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:: La station fédérale de mesures hydrologiques de la Porte du Scex

Face au château, mais de l’autre côté du fleuve, sur sa rive vaudoise, une petite bâtisse abrite les installations de la dernière station hydrologique du Rhône avant le Lac Léman. Elle en mesure le niveau d’eau, le débit, la température, l’oxygène dissous, le pH, la conductivité et la turbidité. Ces différentes données sont télétransmises à la centrale de l’Office fédéral de l’environnement à Berne et sont consultables sur le site hydrodaten.admin.ch

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Pour établir correctement la relation hauteur/débit du fleuve, il est nécessaire de mesurer le débit à différents niveaux d’eau. Ces jaugeages sont effectués à l’aide d’une installation téléphérique fixe (image ci-dessus) et d’un moulinet hydrométrique (ci-dessous). C’est l’appareil le plus utilisé pour la mesure des débits de cours d’eau.

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(photos © aqueduc.info)

Mots-clés

Mots d’eau

  • Eaux usées

    "Face à une demande alimentaire croissante et des pénuries d’eau de plus en plus fréquentes, il est temps d’arrêter de considérer les eaux usées comme des déchets pour plutôt les voir comme des ressources pouvant être utilisées pour cultiver ou encore pour lutter contre les pénuries d’eau dans le secteur agricole." (FAO, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, 19 janvier 2017)


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