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10 juillet 2020.

Le Léman est aussi pollué par le plastique que la moyenne des océans

L’association Oceaneye (*) a mené en 2018 et 2019 une campagne de (...)

L’association Oceaneye (*) a mené en 2018 et 2019 une campagne de mesures pour évaluer la pollution micro-et mésoplastiques de surface du Léman. Sur la base de l’analyse de 51 échantillons collectés sur l’ensemble du lac, cette étude (**) conclut à l’omniprésence des plastiques : tous les échantillons contenaient en effet des particules de plastique d’une dimension supérieure à 1 millimètre. Leurs concentrations moyennes de 127 grammes par kilomètre carré sont du même ordre de grandeur que celles des océans ou des grands lacs nord-américains, mais inférieures à celles de la Méditerranée occidentale considérée comme plutôt fortement polluée. Toutes les informations à disposition des chercheurs concordent pour pointer du doigt l’emballage comme première source de pollution plastique de surface.

Comparées à la moyenne mondiale, les pertes de déchets plastiques par habitant arrivant dans le Léman (50 grammes par personne et par an) peuvent être certes considérées comme faibles, mais la grande densité de population sur son bassin versant conjuguée à un plan d’eau de petite dimension incite à lutter contre ce type de pollution. Entre autres recommandations, l’association Oceaneye demande à la population de limiter sa consommation de plastique et d’abandonner l’abandon de déchets plastiques dans l’espace public. Elle appelle également les autorités à sensibiliser davantage les consommateurs à cette problématique, à multiplier les points de collecte de déchets plastiques, à intensifier le nettoyage des rives du lac et à légiférer pour limiter la production et de la consommation de plastiques à usages uniques. Et il revient aux producteurs d’emballages de trouver des solutions à ces problèmes, par exemple en diminuant la quantité de matière par objet ou en développant des matériaux alternatifs. (Source : Oceaneye)


* Oceaneye, association à but non lucratif fondée à Genève en 2010, entend participer à la lutte contre la pollution plastique par l’information et la sensibilisation du grand public et la contribution à la recherche scientifique.

** Pascal Hagmann et Gaël Potter, « Evaluation de la pollution du Léman par les déchets micro-et mésoplastiques de surface. Rapport d’étude sur les campagnes de mesures 2018 et 2019 », Oceaneye, 18 juin 2020.



Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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