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13 avril 2012.

Le Léman a perdu 86 centimètres de profondeur en 184 ans !

Des chercheurs de l’Université de Genève et de l’Institut suisse de (...)

Des chercheurs de l’Université de Genève et de l’Institut suisse de recherche sur l’eau (Eawag) ont mis à profit de nouveaux équipements très performants pour mesurer avec exactitude le point du Lac Léman cartographié jusqu’ici comme le plus profond. Lequel se trouverait actuellement à une altitude de 63.2 mètres, soit 86 centimètres plus haut que les derniers relevés historiques.

Cette différence est tout-à-fait compréhensible et résulte d’un phénomène naturel, explique Stéphanie Girardclos, limnogéologue et maître-assistante à l’Université de Genève : "la plaine centrale du Léman se remplit continuellement des alluvions apportées par le Rhône et les autres rivières, et le fond du lac gagne donc plusieurs millimètres d’altitude chaque année".

En 1888, Jakob Hörnlimann et André Delebecque, avec des instruments de mesure sans comparaison aucune avec ceux utilisés aujourd’hui, avaient déterminé pour le fond du lac une altitude de 62.2 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui correspond à une profondeur de 309.85 m lorsque le niveau du lac est à 372.05 m (altitude moyenne entre 1943 et 2010).

Bien que les mesures géodésiques et les altitudes absolues ont depuis lors évolué, un niveau de référence commun, les Pierres du Niton (qui, depuis la rade de Genève, servent de repère pour les mesures altimétriques de Suisse) ont permis de calculer que ce point serait à une altitude de 62.34 m dans notre système actuel. L’équipe de chercheurs emmenée par Stéphanie Girardclos a découvert que l’altitude de ce point est actuellement à 63.2 m, et que le lac a donc perdu 86 cm de profondeur en 124 ans !

Si cette découverte a pu être faite, c’est parce que l’Université de Genève s’est récemment dotée d’un sondeur multifaisceaux qui permet de cartographier avec une grande précision les fonds des lacs et des rivières, et cela jusqu’à 500 mètres de profondeur. Cet appareil, mobile et transportable, est destiné à une grande variété d’applications scientifiques, qui va de la reconnaissance de glissements sous-lacustres et de failles, à la cartographie de l’évolution des zones côtières et des deltas.

Il a été installé sur le bateau de l’Institut Forel afin d’effectuer une série de mesures de calibration et de tests dans les eaux profondes du Léman. Les données acquises à cette occasion révèlent, d’ores et déjà, que le canyon actif du Rhône s’étend sur une distance de 12.5 km depuis son embouchure dans le Léman au Bouveret, et qu’il est donc 2.5 km plus long que la dernière cartographie en 2008 ne l’avait révélé.

À noter que l’acquisition de ce sondeur multifaisceaux a été rendue possible grâce au financement conjoint de plusieurs instituts de recherche suisses (Eawag, Université de Genève, Ecole Polytechnique de Zurich) et du Fonds National Suisse pour la Recherche Scientifique (FNS). (Source : Unige)




Mots-clés

Mot d’eau

  • Eurêka !

    Comment mieux exprimer l’ivresse dont la raison, heureuse, fait flotter dans l’eau et l’intuition, bienheureuse, léviter dans l’air ? Archimède sentit le mouvement et se leva de l’émotion de ces deux éléments, comme s’il entendait le murmure des ondes et la vibration du vent. Et j’entends eurêka comme ce triple écho et du corps et de l’air et de l’eau. (Michel Serres [décédé le 1er juin 2019], "Biogée", 2010)

Glossaire

  • Karst

    Ce mot, dérivé du nom d’un haut-plateau des Balkans, s’applique à un relief ou à un massif dont les roches calcaires ont été fortement érodées par l’eau, en surface (dolines, emposieux, lapiaz, etc.) et en profondeur (cavernes, grottes, gouffres, etc.), ce qui se traduit aussi au fil des infiltrations en sous-sol par des structures très complexes de circulation d’eau et de résurgences. Ces formes géologiques portent ici et là différents noms, telles les "causses" dans le Massif central français.


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