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1er novembre 2005.

Lacs africains en péril

Les lacs africains se portent mal. La déforestation, la (...)

Les lacs africains se portent mal. La déforestation, la prolifération de plantes envahissantes, la dégradation des sols, la pollution et des méthodes d’irrigation mal adaptées sont en cause. Le PNUE publiera l’an prochain un atlas mettant en évidence les risques de catastrophes écologiques majeures.

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Lac Tchad en 1972

À l’ouverture de la 11e Conférence des lacs du monde (Nairobi, 31 oct-4 nov 2005), le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) a proposé des images satellites démontrant l’évolution dramatique de nombreux lacs africains lorsqu’on les compare à des prises de vues antérieures. En quelques décennies, le Lac Tchad a rétréci de près de 90 % alors que le niveau d’eau du Lac Victoria - le plus grand lac d’eau douce d’Afrique - a baissé d’un mètre depuis le début des années 1990. Autres grands lacs africains menacés : le lac Tanganyika en Tanzanie, le Lac Malawi et le lac Tana en Ethiopie.

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Lac Tchad le 21 octobre 2001 (Photos UNEP)

Ces cinq lacs pourraient se transformer en marais dans les décennies à venir si l’on n’entreprend rien pour les sauver. Il faut en chercher l’explication entre autres dans la déforestation, la prolifération de plantes envahissantes, la dégradation des sols, la pollution et certaines méthodes d’irrigation mal adaptées.

Autres exemples : le rapide rétrécissement du lac Songor au Ghana qui semble dû en partie à la surexploitation des salines, les impressionnantes modifications du système fluvial du Zambèze suite à la construction du barrage de Cabora Bassa, les ravages provoqués par la déforestation extensive autour du lac Nakuru au Kenya.

Le PNUE publiera l’an prochain un Atlas des lacs africains (déjà partiellement disponible sur internet), mettant l’accent sur ces changements impressionnants, parfois à l’origine de véritables catastrophes écologiques.

Inquiétudes autour de la Volta

Les lacs ne sont pas les seules préoccupations du PNUE en Afrique. Une étude menée conjointement par le PNUE et l’Université de l’Oregon aux États-Unis (Hydropolitical Vulnerability and Resilience along International Waters in Africa) se propose en effet d’évaluer la force des accords juridiques entre les États qui se partagent la Volta, autrement dit le plus important des réseaux hydrographiques d’Afrique Noire.

Le rapport conclut qu’il reste beaucoup à faire si l’on veut étoffer les traités communs et réduire les tensions potentielles entre ses États riverains que sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo.

Les projections démographiques régionales tablent sur un doublement de la population en 20 ans, pour atteindre quelque 40 millions de personnes, ce qui se traduira bien évidemment par une augmentation dramatique des besoins en eau douce. Le tout aggravé encore par la baisse des précipitations et du débit des cours d’eau suite à des taux d’évaporation plus élevés résultant notamment des changements climatiques. (Source : PNUE)




Infos complémentaires

:: Verbatim

« J’espère que ces images susciteront un cri d’alarme au niveau mondial car si nous voulons vaincre la pauvreté et réaliser d’ici 2015 les objectifs de développement adoptés au niveau international, la gestion durable des lacs d’Afrique doit faire partie de l’équation. Dans le cas contraire nous devrons faire face à un accroissement des tensions et de l’instabilité dans la région dû à la pression démographique sur la plus précieuse des ressources pour la vie ». (Klaus Toepffer, directeur exécutif du PNUE)

:: Quelques données sur les lacs africains

  • La base de données Worldlake recense en Afrique 677 lacs naturels ou artificiels
  • L’Afrique dispose dans ses grands lacs d’environ 30.000 Km cubes d’eau, ce qui en fait le plus grand réservoir au monde tous continents confondus
  • Les pays africains qui comptent le plus de lacs sont l’Ouganda (69), le Kenya (64), le Cameroun (59), la Tanzanie (49) et l’Ethiopie (46)
  • Ceux qui en comptent le moins sont le Gabon (8), le Botswana (12) et le Malawi (13)
  • On estime à 1.4 million de tonnes de poissons d’eau douce par an le produit de la pêche dans les lacs africains

:: Liens

Africa’s Lakes : An Atlas of Environmental Change (UNEP), version en cours d’élaboration de l’Atlas des lacs africains avec accès à certaines images satellites haute résolution

Le site francophone du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE)

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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