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20 novembre 2015.

Lac Léman : des eaux de bonne qualité mais sous surveillance

Le rapport scientifique annuel de la Commission internationale (...)

Le rapport scientifique annuel de la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) conclut pour l’année 2014 à une bonne qualité des eaux du lac et à de faibles concentrations de micropolluants conformes aux normes en vigueur pour la production d’eau potable. La surveillance sera maintenue quant à la présence de ces micropolluants dans l’eau, les poissons et les moules. Le rapport confirme par ailleurs l’augmentation de la température du lac due aux changements climatiques : en un demi-siècle, celle-ci a monté d’environ 1 à 1,5 degré centigrade.

Selon ce nouvel état de santé publié à Saint-Gingolph à l’occasion de la 54e session plénière de la CIPEL, les eaux du Léman présentent toujours des valeurs conformes pour assurer l’alimentation en eau potable de plus de 800’000 personnes dans le bassin lémanique. Ce sont les moules d’eau douce et les poissons qui servent de principaux bio-indicateurs quant à la présence dans le lac de certains composés métalliques ou organiques. Les analyses menées dans le courant de l’année 2014 font état de faibles teneurs en métaux lourds et de concentrations en pesticides en deçà des normes légales suisses et françaises sur les eaux de boisson.

Le rapport pointe du doigt en particulier l’utilisation de peinture antisalissure (antifouling) à base de biocides qui empêchent les algues et autres organismes aquatiques de se fixer sur les coques des bateaux : ces produits contiennent différents pesticides et métaux (comme le zinc et le cuivre) qui peuvent également provenir d’eaux usées d’origine agricole ou urbaine.

Par contre, les analyses ont confirmé des teneurs élevées de PCB (polychlorobiphényls) dans les grandes truites lacustres et ont conduit les autorités sanitaires suisses et françaises, dès le 1er novembre 2015, à interdire la commercialisation des truites de taille supérieure à 54 cm pour ne pas exposer les consommateurs à des risques d’intoxication (lire l’article aqueduc.info consacré à ces restrictions de commercialisation.

Des concentrations de phosphore proches de l’objectif de la CIPEL

La concentration moyenne en phosphore se stabilise autour de 20 microgrammes par litre. Les actions menées par la CIPEL depuis sa création en 1963 pour protéger les eaux du Léman ont donc porté leurs fruits puisqu’au plus fort de la pollution des pics de plus de 80 microgrammes de phosphore par litre avaient été enregistrés.

La Commission entend poursuivre ses efforts de manière à atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé, à savoir un maximum de 10 à 15 mg/l. Cela devrait permettre d’éviter la prolifération d’algues susceptibles de perturber la production d’eau potable, la pêche et la baignade et entraver l’oxygénation des couches profondes lors de leur décomposition au fond du lac.

En 50 ans, la température du Léman a manifestement augmenté

Les collaborateurs scientifiques de la CIPEL suivent également attentivement - à l’aide par exemple d’indicateurs comme l’évolution des périodes de reproduction des poissons – l’impact du réchauffement climatique de manière à anticiper certaines situations qui pourraient nuire à la qualité de l’eau.

Les données récoltées par la CIPEL permettent de constater que la température annuelle moyenne des eaux au fond du lac (à 309 m de profondeur) a augmenté de 0,9°C entre 1963 et 2014 et celle des eaux de surface (à 5 m de profondeur) de 1,6°C depuis 1970. (Source : CIPEL)


(*) La Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) est un organe inter-gouvernemental franco-suisse créé en 1963 pour coordonner la politique de l’eau à l’échelle du bassin versant lémanique, plus particulièrement entre les départements français de l’Ain et de la Haute-Savoie ainsi que les cantons suisses de Vaud, du Valais et de Genève, soit une superficie de quelque 10’300 kilomètres carrés.




Mots-clés

Glossaire

  • Débit résiduel

    Volume d’écoulement qui subsiste après un prélèvement dans un cours d’eau (par exemple pour des besoins d’irrigation ou de production d’énergie). Maintenir un minimum de débit et de profondeur d’eau en aval d’une installation est absolument indispensable pour préserver la qualité de l’eau, assurer la recharge des nappes souterraines, protéger la faune et la flore et offrir des possibilités de loisirs. En Suisse, le débit résiduel minimal à garantir dans les cours d’eau à débit permanents est défini par la législation fédérale.

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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