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4 juillet 2007.

La solidarité des hydratés

EDITO JUILLET 2007 Centime de la solidarité pour l’eau, 0,7 % (...)

EDITO JUILLET 2007

Centime de la solidarité pour l’eau, 0,7 % contre la pauvreté, solidarit’eau suisse : elles se multiplient, ces temps-ci, les invites et initiatives pour un meilleur partage des ressources et des moyens de promouvoir plus de dignité et d’équité entre les peuples. L’accès à l’eau vient fort heureusement en tête des priorités. Qui pourrait vivre sans elle ?

Il faut s’en réjouir. Surtout lorsque des menaces nationalistes tentent à remettre systématiquement en question la coopération au développement et confortent hors des frontières l’image déformée d’un pays que l’on dirait caricaturalement pingre et vautré sur lui-même.

La vérité, c’est qu’en matière de solidarité avec les populations pour qui l’approvisionnement en eau est plus que problématique, les exemples d’engagements concrets ne manquent pas.

Au Tessin, une trentaine de communes ont adopté (ou sont en train de le faire) « le centime de la solidarité pour l’eau » et, pour chaque mètre cube d’eau vendu par leur service de distribution, reversent un centime à l’un ou l’autre projet de puits ou d’adduction dans un pays en développement.

Münsingen, dans le canton de Berne, verse 150’000 francs par année pour des projets identiques à Madagascar, et Meyrin, dans le canton de Genève, participe depuis plusieurs années au financement et aux travaux d’un projet d’approvisionnement et d’assainissement dans une collectivité publique de Roumanie. D’autres communes – Lausanne et Le Locle par exemple – ont inscrit ce genre d’engagement à leur ordre du jour.

Au niveau cantonal, le Jura s’apprête à faire de même puisque son projet de nouvelle loi cadre pour la gestion de l’eau prévoit une redevance d’un centime par mètre cube à des fins de coopération internationale dans le domaine de l’eau.

A noter aussi qu’au siège de la Direction du développement et de la coopération, on planche actuellement sur la création d’une sorte de plateforme virtuelle – solidarit’eau suisse – où pourraient se nouer des partenariats entre les collectivités prêtes à investir des fonds dans des projets et leurs bénéficiaires.

Dans ce panorama, on n’oubliera pas, évidemment, les innombrables et parfois très conséquentes actions menées par des ONG suisses, y compris « sur le terrain », pour relever chacune à sa façon une part de cet immense « défi de l’eau ».

Ce défi, les gouvernements de la planète l’ont quantifié au début de ce siècle : réduire de moitié d’ici à 2015 la proportion des personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable ou qui n’ont pas les moyens de s’en procurer.

On est aujourd’hui à mi-chemin de cet objectif du Millénaire. Et on est loin du compte. Car cela impliquerait, chaque jour, qu’au moins 200’000 personnes de plus aient effectivement accès à l’eau potable.

Les experts de l’ONU ont également quantifié le coût financier de ce défi pour l’eau et l’assainissement : dix milliards de dollars supplémentaires par année. C’est-à-dire moins de cinq jours de dépenses militaires mondiales. Et moins de la moitié des dépenses annuelles en eau minérale des pays riches.

Petit calcul. Les communes suisses distribuent grosso modo chaque année un milliard de mètres cubes d’eau. Si on appliquait la règle du centime de la solidarité, cela représenterait 10 millions de francs par an. Ce serait un début. Trouvez-vous cela vraiment irréaliste ?

Bernard Weissbrodt




Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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