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30 octobre 2018.

La navigation sur le Rhin face aux bas niveaux du fleuve

Le manque de précipitations durant l’été et le début de l’automne a (...)

Le manque de précipitations durant l’été et le début de l’automne a eu entre autres conséquences une baisse critique des niveaux d’eau dans le Rhin qui a entraîné des problèmes de navigation. Au mieux, les bateaux-citernes et les bateaux à cargaison sèche ne pouvaient transporter qu’une faible quantité de cargaison. À un moment donné, entre Bingen et Coblence par exemple, sur le Rhin moyen, elle a dû être presque complètement interrompue et des marchandises ont été transférées au rail et à la route. Mais le manque d’eau a eu également un impact significatif sur les sites industriels établis le long du Rhin et certains d’entre eux, à Ludwigshafen notamment, ont dû restreindre leur production en raison des restrictions de prélèvements d’eau de refroidissement.

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Basses eaux sur le Rhin moyen allemand (image extraite du communiqué de presse de la CCNR)

La Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR) [1] suit de près la situation ainsi que les résultats des études menées par deux autres organismes dédiés au fleuve, à savoir celles de la Commission Internationale pour la Protection du Rhin (CIPR) sur les événements de basses eaux historiques de même que celles de la Commission Internationale de l’Hydrologie du bassin du Rhin (CHR). Toute la question est de savoir comment il conviendra d’adapter cette voie d’eau et sa navigation aux effets potentiels du changement climatique (augmentation du débit du fleuve en hiver et diminution en été).

Au début de l’été cependant, lors de son assemblée plénière annuelle qui se tenait à Soleure (Suisse), la Commission Internationale pour la Protection du Rhin avait pris connaissance d’une intéressante évaluation statistique de chroniques historiques réalisée par un groupe d’experts. Ceux-ci en concluaient que les épisodes d’étiage du Rhin étaient nettement plus prononcés dans la première moitié du siècle passé qu’au cours des cinquante dernières années. Les débits étaient alors plus faibles et les périodes de basses eaux duraient plus longtemps.

À cela deux explications : la première est que si les étiages actuels sont perçus comme plus conséquents que par le passé, c’est probablement en raison de la plus grande vulnérabilité des multiples usages que l’on fait aujourd’hui du fleuve pour la navigation, la production énergétique, l’industrie et l’agriculture ; la seconde est peut-être à chercher du côté des effets régulateurs des retenues en zone alpine.

La CCNR s’interroge également sur la meilleure façon de renforcer la durabilité - écologique, économique et sociale - de la navigation intérieure. Elle a pour cela réalisé des études d’observation du marché qui permettent de suivre les effets économiques des étiages sur le transport fluvial. D’où il ressort, entre autres, que les périodes de basses eaux qui impliquent une diminution des chargements transportés se traduisent par une augmentation des taux de fret. (Informations CCNR)



Notes

[1La Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR) est une organisation internationale qui regroupe cinq États riverains : l’Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas et la Suisse. Depuis 1815 elle joue un rôle réglementaire primordial en matière de liberté et de sécurité de la navigation sur le fleuve. Elle intervient dans les domaines technique, juridique, économique, social et environnemental.

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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