AccueilInfosDossiersColloque Eau et Santé, Chambéry

décembre 2003.

La légionelle, un révélateur de lacunes scientifiques

Depuis fin novembre 2003, plusieurs dizaines de cas d’infection de (...)

Depuis fin novembre 2003, plusieurs dizaines de cas d’infection de légionellose ont été recensés dans le Pas-de-Calais, en France, dont une dizaine ayant entraîné la mort. Coïncidence : début décembre, au colloque "Eau et Santé" de Chambéry, un chercheur français, Yves Lévi, mettait en garde : selon lui, la légionelle est une bactérie révélatrice des lacunes scientifiques en matière de gestion des risques sanitaires liés à la contamination bactérienne des eaux.

Le professeur Yves Lévi est membre de ECOMICTH (Écologie microbienne en milieu thermal), une association qui depuis 5 ans réunit les compétences de plusieurs laboratoires universitaires multidisciplinaires français et des partenaires thermaux ou industriels.

Le bon millier de cas déclarés de légionellose en France en 2002 (dont 13% de mortels) laisse, dit-il, de nombreuses questions sans réponse. Il est donc important et urgent de mieux décrire l’écologie de la "legionella pneumophila", d’en connaître les causes et les caractéristiques, mais aussi de mieux identifier les populations à risque. Pour cela, il faudra améliorer voire inventer des outils d’analyse appropriés.

La complexité de la gestion des risques

"Cette bactérie, explique Yves Lévi, est un excellent exemple de la complexité de la gestion des risques microbiens en réseaux intérieurs et cela incite à organiser une collaboration scientifique de haut niveau multidisciplinaire pour comprendre. décrire et expliquer les phénomènes et mettre en œuvre des traitements préventifs et curatifs."

Il faut savoir en effet que l’écologie de la légionelle est loin d’être simple. Cette bactérie prolifère dans des réseaux d’eau chaude alimentés par des eaux de caractéristiques physiques et chimiques très variables : eaux potables, eaux thermales, eaux de rivières non traitées, etc. Son développement se fait également dans des milieux biologiques complexes.

Il existe bien toute une panoplie de mesures techniques connues pour enrayer le développement des légionelles : diagnostics des réseaux, modifications de l’hydraulique et des matériaux, élévations de température, entretiens périodiques et traitements continus. Mais, constate Yves Lévi, "toutes ces mesures ne sont pas aussi efficaces partout et une adaptation localisée est importante". Cela d’autant plus qu’un réseau contaminé et désinfecté peut se recoloniser en peu de temps si l’efficacité des traitements diminue.

Vaste programme

Au bout du compte, c’est donc une longue liste de questions sans réponses que dresse le spécialiste et qui portent sur :

- l’écologie microbienne des réseaux d’eau
- l’origine des contaminations et les conditions de prolifération
- la faiblesse des méthodes analytiques (réponses trop tardives ou incomplètes, absence de méthode idéale)
- l’architecture des réseaux hydrauliques et des tours aéro-réfrigérantes (quels matériaux, quelles procédures d’entretien, etc.)
- la détermination des souches dangereuses et des populations à risques. (bw)

Professeur Yves Lévi, ECOMICTH
"La légionelle : un pathogène révélateur de nos lacunes"

Le site de ECOMICTH (Écologie microbienne en milieu thermal)

Lire aussi la fiche aqueduc.info "Légionelles et légionellose"




Mots-clés

Mot d’eau

  • Entre la ressource et la source, comment dire l’eau avec justesse ?

    " Entre l’expérimentation du chimiste qui dit clairement la composition de l’eau mais en oublie l’usage, et l’expérience des usagers qui en vivent les troubles, les dangers et les surprises, y a-t-il une place pour une épreuve de soi et du monde qui dise l’eau au lieu de ne faire qu’en parler ? " (Jean-Philippe Pierron, "La Poétique de l’eau")

Glossaire

  • Pompage-turbinage

    C’est un type de centrale hydroélectrique qui permet de stocker de l’énergie électrique potentielle par le biais de deux bassins d’accumulation situés à des altitudes différentes. L’eau du réservoir supérieur, qui sert à produire de l’électricité par turbinage, se déverse dans le réservoir inférieur. Et lorsque la demande d’énergie électrique est faible, cette eau est pompée vers le bassin du haut pour y être stockée et plus tard turbinée à nouveau. Il est ainsi possible d’établir un équilibre entre l’offre et la demande sur le marché de l’électricité.


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