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7 juillet 2009.

La Suisse retire son soutien au projet de barrage turc d’Ilisu

La Suisse, à l’instar de l’Allemagne et de l’Autriche, a décidé de se (...)

La Suisse, à l’instar de l’Allemagne et de l’Autriche, a décidé de se retirer du projet de construction du barrage d’Ilisu, en Turquie. Selon le communiqué officiel publié sur le site de l’Assurance suisse contre les risques à l’exportation (SERV), les exigences imposées par les trois pays en matière d’environnement, de biens culturels et de déplacement de populations n’ont pu être remplies dans les délais fixés au contrat. D’un commun accord, et en dépit d’améliorations considérables enregistrées dans certains aspects du projet, les trois pays ont donc mis un terme définitif à l’octroi des garanties dont bénéficiait le consortium tripartite d’entreprises engagées dans la construction de ce barrage. Celles-ci regrettent cette décision et s’inquiètent pour la suite de leurs contrats. La Turquie quant à elle a fait savoir qu’elle ne renoncerait pas à son projet.

La SERV rappelle que les agences de crédit à l’exportation avaient dès le début de la procédure soumis l’octroi d’assurances contre les risques à l’exportation à des conditions strictes : « le principal objectif consistait à limiter l’impact du projet de centrale électrique sur les habitants de la région, l’environnement et les biens culturels et de satisfaire aux normes promulguées dans ces domaines par la Banque mondiale ». En décembre 2008, elles avaient assigné les entreprises concernées à suspendre leurs contrats de construction et de livraison et avaient fixé au 6 juillet 2009 le délai de mise en conformité aux normes exigées.

La Suisse avait en son temps accordé des garanties à hauteur de 225 millions de francs aux quatre entreprises helvétiques impliquées dans ce projet, à savoir : Maggia, Colenco et Stucky, actives dans la construction et l’ingénierie, et Alstom, fabricant de turbines. Selon Alexander Schwab, porte-parole du consortium d’entreprises, cité par l’Agence télégraphique suisse (ATS), le montant total des pertes de contrats que pourrait provoquer le retrait des garanties de risques pourrait s’élever à quelque 680 millions de francs suisses. Reste à savoir si la Turquie, qui n’est probablement pas en mesure de construire seule le barrage et sa centrale électrique, fera appel notamment à des entreprises chinoises, russes ou indiennes.

À l’inverse, les organisations de protection de l’environnement et de défense des droits de l’homme, saluent positivement la décision des trois gouvernements. Pour la Déclaration de Berne, association qui lutte pour un monde plus juste et plus solidaire, c’est là une victoire importante. Elle souligne qu’au cours des 65 années d’existence de la garantie suisse contre les risques à l’exportation, jamais aucune caution accordée n’avait été retirée. Le retrait définitif du soutien au projet d’Ilisu restait selon elle l’unique solution adéquate : « Pour la première fois, la protection des personnes, des biens culturels et de l’environnement obtient la priorité face aux intérêts économiques à court terme ».

Dans sa forme actuelle, le projet, qui remonte aux années 1980, comprend la construction de 19 centrales électriques, qui généreraient 1.200 mégawatts et contribueraient, selon Ankara, au développement économique et social dans le sud-est de la Turquie. Selon ses opposants, la construction du barrage d’Ilisu, situé près de la frontière syrienne, devrait entraîner le déplacement forcé de plus de 50’000 riverains kurdes et menacera le patrimoine culturel millénaire de la ville de Hasankeyf. (Sources : SERV et presse suisse)




Infos complémentaires

photo internationalrivers.org

:: L’Assurance suisse contre les risques à l’exportation (SERV)

La SERV, qui a son siège à Zürich, est un établissement de droit public de la Confédération. Elle assure les exportateurs et les institutions de financement contre les risques liés à des situations politiques ou économiques incertaines.

Ce faisant, elle permet aux exportateurs suisses d’accepter plus facilement des commandes en provenance de l’étranger et de participer à la concurrence internationale, elle participe à la promotion de la place économique suisse et contribue à préserver et à créer des emplois en Suisse.

La SERV est placée sous la surveillance du Parlement. Elle est régie par la loi qui fixe ses buts stratégiques, approuve ses comptes annuels et son rapport de gestion, détermine le plafond d’engagement de l’assurance et se prononce sur les assurances particulièrement importantes. (Informations SERV)


:: Liens utiles

- Site de l’Assurance suisse contre les risques à l’exportation (SERV)
- Dossier Ilisu sur le site de la Déclaration de Berne
- Autres articles sur le barrage d’Ilisu dans aqueduc.info

Mots-clés

Glossaire

  • Aquaponie

    Mode de production alimentaire qui conjugue la culture de plantes (hors-sol) et celle d’animaux aquatiques (aquaculture) dans un système de recirculation. Cette méthode, économe en eau, utilise les déchets de poissons comme solution nutritive organique pour cultiver des légumes. L’aquaponie permet de produire des aliments riches en protéines. Elle peut être pratiquée dans de petites unités domestiques comme dans de grandes surfaces à but commercial, en eaux douces comme en eaux saumâtres (Source : FAO).

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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