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3 juillet 2006.

L’initiative fédérale « Eaux vivantes » recueille 160’000 signatures

L’initiative populaire « Eaux vivantes », lancée par la Fédération (...)

L’initiative populaire « Eaux vivantes », lancée par la Fédération suisse de pêche (FSP), a été déposée le 3 juillet à la Chancellerie fédérale, munie de 162’511 signatures. Elle demande l’assainissement et la renaturation des cours d’eau auxquels il a été porté atteinte, suffisamment de débit résiduel, ainsi que le droit d’exiger que les dispositions légales en vigueur soient respectées.

Lancée en janvier 2005 sous la devise « Signal d’alarme rouge », cette initiative a bénéficié du soutien d’associations cantonales de pêche, d’organisations de pêcheurs sportifs, et du magazine « Petri-Heil », partenaire médias de la Fédération suisse de pêche. Plusieurs organisations pour la protection de l’environnement ont également participé à la récolte des signatures : Pro Natura, le WWF Suisse, la Fondation suisse de la Greina, ainsi que des associations membres de l’organisation faîtière de protection des eaux Aqua Viva.

Compte tenu du succès de cette campagne, la FSP et ses partenaires attendent que les objectifs principaux visés par l’initiative influencent déjà le débat des Chambres fédérales sur certains objets en suspens, notamment les prescriptions concernant les débits résiduels et le droit de recours des organisations.

Lors d’une conférence de presse tenue à Berne, le président central de la FSP, Werner Widmer, a rappelé que 8 des 57 espèces indigènes de poissons ont d’ores et déjà disparu alors que 37 autres sont en danger ou menacées d’extinction.

Pour Beat Jans, chef du département Politique et affaires internationales de Pro Natura, les paysages fluviaux naturels sont de la plus grande importance pour la survie de nombreuses espèces. Or, en Suisse, environ 90% de toutes les eaux publiques sont perturbées par des ouvrages, canalisées ou exposées aux effets nuisibles des éclusées (forte crue déclenchée artificiellement par les usines électriques alternant avec un rapide assèchement des cours d’eau suite à une brusque décrue).

Thomas Vellacott, directeur de programme au WWF Suisse, a quant à lui relevé que l’initiative serait aussi un rappel à l’ordre à l’adresse des autorités et des exploitants de centrales hydroélectriques, pour que les dispositions régissant les débits résiduels soient enfin appliquées, plus de 30 ans après leur promulgation. (Source : communiqué Fédération suisse de pêche).




Infos complémentaires

:: L’initiative « Eaux vivantes » en bref

- Constitution de fonds de renaturation par les cantons

Il s’agit d’obliger les cantons à constituer des fonds pour le financement de mesures de renaturation dont les coûts ne pourraient être imputés à ceux qui en sont à l’origine. Cette solution a bien fait ses preuves dans le canton de Berne. La population réagit de façon positive à la remise en valeur des eaux. Les entreprises de construction sont heureuses de réaliser des travaux dans l’intérêt commun.

- Rétablissement du régime de charriage

Les cantons seront obligés d’ordonner des mesures en vue de rétablir le régime de charriage et d’ainsi réhabiliter le milieu vital central que constitue le lit des cours d’eau.

- Diminution des conséquences néfastes des effets d’éclusées

Les exploitants d’usines doivent être astreints à diminuer les conséquences mortelles des effets d’éclusées pour la faune aquatique par le biais de mesures architecturales (création de volumes de rétention) et de règlements d’exploitation.

- Amélioration de la position juridique des organisations

Afin de contrer le déficit dans la mise en pratique des prescriptions légales, les sociétés de pêche et les organisations de protection de l’environnement à but idéal devraient obtenir le droit de solliciter la réalisation de mesures de renaturation.

:: Lien

Fédération suisse de pêche, Initiative Eaux Vivantes

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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