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8 juin 2010.

"L’homme n’est pas l’unique responsable de la fonte des glaciers"

Glaciologue à l’Université de Fribourg, Matthias Huss a étudié en (...)

Glaciologue à l’Université de Fribourg, Matthias Huss a étudié en collaboration avec des chercheurs de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich les changements de volume annuels d’une trentaine de glaciers suisses. Une première conclusion s’impose : actuellement, ce sont moins les activités humaines que les conditions climatiques naturelles régnant dans l’Atlantique qui accélèrent la fonte des glaciers. Depuis l’an 2000, la moitié environ de leur perte de volume peut être attribuée à ce phénomène.

Les chercheurs, qui publient les résultats de leurs études dans la revue "Geophysical Research Letters", ont compilé une dizaine de milliers de données enregistrées pendant un siècle sur l’évolution de trente glaciers suisses, des photos et des relevés topographiques. Ils ont constaté que durant cette période ils ont perdu environ 13 kilomètres cubes de glace (soit un tiers de leur volume de l’époque) et à des vitesses variables, mais aussi, et surtout, que des courants dans l’Atlantique Nord contribuaient à la fonte des masses de glace.

Ils ont comparé ces données avec ce que les experts appellent l’oscillation multidécennale de l’Atlantique (AMO), un phénomène climatique naturel mal connu qui se traduit par une variation de la température de surface dans le nord de l’Océan Atlantique sur un rythme d’une soixantaine d’années. Si l’on suppose que cela influence probablement le climat, on a constaté aussi une certaine concordance entre les courbes de variations des glaciers et celles de l’oscillation atlantique.

Actuellement, disent les experts, les conditions climatiques dans l’Atlantique accélèrent la fonte des glaciers. Ils estiment que sur la dernière décennie, la moitié de la perte de volume des glaciers suisses peut être attribuée à ce phénomène. La situation pourrait s’inverser sur l’Atlantique dans les trente prochaines années, mais cela n’augmentera pas la masse glaciaire, compte tenu de l’influence des activités humaines sur le climat. Tout au plus peut-on s’attendre à un ralentissement de la fonte. (Source : "Geophysical Research Letters" et agences)

> Voir : 100-year mass changes in the Swiss Alps linked to the Atlantic Multidecadal Oscillation, "Geophysical Research Letters", vol. 37, 2010




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Glossaire

  • Débâcle

    Dislocation soudaine de la couverture de glace d’un cours d’eau dont les blocs sont alors emportés rapidement par le courant. Lorsqu’il s’agit de la rupture d’une barrière naturelle de glace formant une retenue d’eau, on parle alors de vidange brutale de lac glaciaire (connue sous l’acronyme anglais de GLOF, “Glacial lake outburst flood”). Dans les deux cas, ce phénomène peut entraîner de graves inondations, voire des catastrophes.

Mot d’eau

  • « Et tous ces gens
    dans l’eau ... »

    “Je pense toujours à cette rivière quelque part, avec cette eau qui coule vraiment vite. Et tous ces gens dans l’eau, qui essaient de se raccrocher les uns aux autres, qui s’accrochent aussi fort qu’ils peuvent, mais à la fin c’est trop difficile. Le courant est trop puissant. Ils doivent lâcher prise, se laisser emporter chacun de son côté. Je pense que c’est ce qui nous arrive, à nous.” (Kazuo Ishiguro, "Auprès de moi toujours", 2005)


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