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9 janvier 2007.

L’aqueduc de Traslay (Région Centre, France)

Depuis trois ans, d’abord dans un cadre universitaire puis à titre (...)

Depuis trois ans, d’abord dans un cadre universitaire puis à titre professionnel pour un service d’archéologie, Marianne Surgent mène dans la région de Bourges une étude sur l’aqueduc de Traslay qui dans l’antiquité alimentait la grande cité du Centre de la France. Son but est de rédiger et publier une monographie la plus complète possible sur cet ouvrage en vue de son inscription sur la liste des Monuments Historiques français. La rédaction de aqueduc.info lui offre volontiers un espace où faire écho à son travail de recherche et à sa quête de conseils.

Nous nous situons à l’époque gallo-romaine, celle des bâtisseurs de grands ouvrages maçonnés, au cœur de la Gaule, dans la cité des Bituriges Cubi. Celle-ci avait pour capitale Avaricum, la ville actuelle de Bourges (Département du Cher). Elle était alimentée en eau par (au moins) quatre aqueducs connus sous les noms d’aqueduc de Menetou-Salon, de Valentigny, de Nérigny et de Traslay. Ce dernier, si l’on en croit les documents consultés, est « le mieux connu des quatre », et surtout le plus long. C’est lui qui a donc d’emblée retenu notre attention.

Cet aqueduc tire son nom du lieu-dit Traslay, son lieu d’origine reconnu pour la première fois en 1848. Il mesure 42,5 kilomètres de long et traverse une dizaine de communes entre Ourouer-les-Bourdelins et Bourges. Cet aqueduc est souterrain dans la majorité de son parcours et aucun vestige n’en est actuellement visible en surface (les photos ci-contre ont été prises sur un éboulement naturel).

Il est de construction soignée et semble entrer dans le mode de construction des aqueducs romains en général, à savoir : une cuvette pour la circulation de l’eau, des piédroits (murets) pour soutenir la voûte, et une voûte en berceau plein-cintre, ces derniers maçonnés en petits moellons liés au mortier. Ses dimensions sont telles qu’un homme pouvait y circuler debout, afin d’entreprendre des travaux de curage, nettoyage, réparation (colmatage de fuites par exemple) : 40 cm de large en moyenne pour la cuvette, et 1,70 m de haut en moyenne, du fond de la cuvette à l’intrados (intérieur) de la voûte. Ce profil semble être le même pour tout l’aqueduc.

La détermination de son tracé précis est en cours mais il a déjà pu être suivi sur quelques kilomètres sur la base de photos aériennes et de prospections pédestres. Ces deux méthodes ont également révélé la présence « d’aqueducs secondaires », de profil plus petit, reliés à cet aqueduc principal. Ils servaient soit à alimenter l’aqueduc de Traslay par le captage d’eaux de sources, soit à dériver l’eau de l’aqueduc vers un habitat, telle une villa (ferme).

Cet aqueduc est en pente constante sur la totalité de son cours, ce qui permettait un écoulement continu de l’eau. Pour maintenir cette pente, les constructeurs ont dû s’adapter au terrain de deux manières : en faisant passer l’aqueduc sur des supports en maçonnerie (murs d’environ 2 mètres de large sur autant de haut) lorsqu’il s’agissait de franchir des vallées, et en le construisant très en profondeur lorsqu’il s’agissait de traverser une « colline ».

Le manque, voire l’absence de fouilles archéologiques de cet aqueduc, ne me permettent pas d’en dire plus pour le moment sur son mode de construction. Cet ouvrage est cependant exceptionnel car très bien conservé (puisque majoritairement souterrain) et parce que son étude en cours apporte d’intéressants éléments sur son aménagement. Il me reste néanmoins à répondre à des questions techniques : à quelles profondeurs maximales et minimales est-il construit ? Comment a-t-on acheminé les matériaux de construction en profondeur ? D’où venaient ces matériaux ? L’aqueduc a-t-il vraiment fonctionné ?

J’espère enfin que cette étude pourra être correctement menée à terme et que cet aqueduc figurera sur la liste des Monuments Historiques. Cela permettrait sa conservation, et pourquoi pas sa restauration en certains endroits ? Reste à convaincre les agriculteurs et les habitants du bien-fondé de ma démarche.

Marianne Surgent, archéologue




Infos complémentaires

Profil de l’aqueduc de Traslay Photos M.Surgent

:: Recherche d’informations

Le désir de Marianne Surgent, qui travaille actuellement pour l’Association Régionale pour l’Etude du Patrimoine de la Région Centre, est d’inscrire l’aqueduc de Traslay sur la liste des Monuments Historiques. Cet objectif n’en est pour l’instant qu’à son stade théorique. Pour constituer le meilleur dossier possible, la jeune archéologue recherche des données sur les procédures à mettre en œuvre et sur des exemples de dossiers de protection qui auraient été montés pour l’inscription d’aqueducs ou d’autres ouvrages hydrauliques sur la liste des Monuments Historiques. Toute information jugée utile peut lui être adressée directement ou par l’intermédiaire de la rédaction d’aqueduc.info.

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Mots-clés

Mot d’eau

  • Le Lac

    “Si près qu’ils approchent du lac, les hommes n’en deviennent pas pour ça grenouilles ou brochets. Ils bâtissent leurs villas tout autour, se mettent à l’eau constamment, deviennent nudistes… N’importe. L’eau traîtresse et irrespirable à l’homme, fidèle et nourrissante aux poissons, continue à traiter les hommes en hommes et les poissons en poissons. Et jusqu’à présent aucun sportif ne peut se vanter d’avoir été traité différemment”. (Henri Michaux, "La nuit remue", 1935)

Glossaire

  • Limnologie

    Père de la limnologie (du grec "limné", lac, étang), le savant suisse François-Alphonse Forel (1841-1912) parlait d’elle comme de "l’océanographie des lacs". Il la définissait comme la "science des eaux continentales, des eaux stagnantes réunies dans des bassins limités et profonds, qui ne sont ni des fleuves ou rivières, ni des marais ou étangs, ni des eaux souterraines". Aujourd’hui, cette discipline a pris le sens plus large d’étude de tous les aspects écosystémiques des lacs et des grands réservoirs naturels d’eau douce à ciel ouvert.


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