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1er octobre 2012.

"L’accès à l’eau pour les agricultures familiales du Sud : une question orpheline"

L’accès à l’eau potable est une cause qui mobilise fortement les (...)

L’accès à l’eau potable est une cause qui mobilise fortement les opinions publiques, les États et organisations internationales et non gouvernementales. Mais la question de l’eau pour la production agricole, elle, est restée trop longtemps orpheline. Un document de la coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale met le doigt sur un problème d’une cruciale actualité appelant des solutions urgentes.

"Pour une justice sociale de l’eau : garantir l’accès à l’eau aux agricultures familiales du Sud" : sous ce titre, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire) publie une étude menée sous les auspices de la Coordination Sud, une entité qui regroupe une bonne centaine d’ONG françaises de solidarité internationale. Ce document s’appuie sur une riche recherche bibliographique et sur six études de cas réalisées aux Philippines, au Cambodge, au Mali, en Éthiopie, en Équateur et en Colombie.

Premier constat : "l’eau est un bien essentiel dont les paysanneries du Sud dépendent fortement pour leur subsistance et, plus généralement, pour la production de denrées alimentaires. Or la concurrence pour l’eau ne cesse de s’aiguiser du fait de la croissance démographique, de l’industrialisation, de l’urbanisation, et de modes de consommation alimentaire de plus en plus gourmands en eau. L’eau agricole est de plus en plus accaparée par d’autres acteurs économiques au mépris des droits historiques des agricultures familiales, souvent politiquement plus faibles et moins organisées."

Pour les auteurs de cette étude, il faut dénoncer certaines idées préconçues qui laissent penser que les paysans gèrent mal leurs ressources en eau. Il est également erroné de croire que la question de l’eau pour l’agriculture puisse être traitée par la seule amélioration de l’efficience de l’eau (produire plus avec la même quantité d’eau, voire moins d’eau) : l’eau est un bien commun, qui concerne l’ensemble des acteurs d’un territoire et ses citoyens.

"L’eau agricole doit être réfléchie en tenant compte du fait qu’elle constitue pour les paysans une garantie essentielle pour la sécurité alimentaire : la leur bien sûr, mais aussi celle des villes, et un élément essentiel d’adaptation au changement climatique. La « justice sociale de l’eau » et l’accès garanti à l’eau pour les paysanneries ne sont donc pas des revendications illégitimes, mais des droits légitimes. Le droit à une alimentation suffisante, issu du droit international, exige un accès durable à la ressource en eau."

Le rapport de la Coordination Sud met en avant trois stratégies fondamentales pour garantir l’accès à l’eau aux agricultures familiales :
- investir intelligemment dans l’eau agricole pour les agricultures familiales en diffusant des techniques simples de collecte, de stockage et de distribution de l’eau, et en promouvant des infrastructures adaptées ;
- protéger les droits d’accès et d’usage à l’eau pour la production agricole est nécessaire pour faire face à la montée des appropriations à grande échelle de terres et des ressources en eau ;
- favoriser la gestion concertée et démocratique de l’eau : cela suppose la mise en place d’instances de dialogue à même de garantir une répartition équitable de l’eau entre les usagers, les secteurs d’activité, les villes et les campagnes.


- L’étude "Pour une justice sociale de l’eau : garantir l’accès à l’eau aux agricultures familiales du Sud" est disponible sur le site du CCFD-Terre solidaire

(*) Le CCFD-Terre Solidaire est, aujourd’hui, la première ONG française de développement et regroupe une trentaine de mouvements et services de l’Église catholique.
La Coordination SUD (Solidarité - Urgence -Développement) compte actuellement plus de 130 ONG menant des actions humanitaires d’urgence et d’aide au développement.

- Lire aussi l’édito aqueduc.info de septembre 2012 : L’eau, nouvelle denrée coloniale




Infos complémentaires

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:: Le potentiel élevé des agricultures familiales du Sud

Les agriculteurs familiaux représentent 98 % des producteurs agricoles dans le monde. Dans les pays en voie de développement, les agricultures familiales concernent près de la moitié de la population et 1,5 milliard d’actifs. Ces agriculteurs possèdent de petites exploitations ou sont des paysans sans terres.

Dans 70 % des cas, les personnes en situation d’insécurité alimentaire dans le monde sont des agriculteurs pauvres. Pourtant, ils fournissent jusqu’à 70 % de la production alimentaire mondiale et 80 % de celle des pays en développement !

De nombreuses études et auteurs démontrent que ces agriculteurs familiaux possèdent le triple avantage de :
- produire en quantité suffisante pour les marchés locaux et pour une population croissante en améliorant la productivité avec des techniques adaptées au milieu ;
- maîtriser l’exode rural en générant des emplois stables et nombreux dans les campagnes et lutter contre la pauvreté lorsque les prix agricoles sont rémunérateurs ;
- gérer durablement les ressources, en maintenant un lien social fort permettant la coordination des populations autour de ces ressources.

Depuis longtemps, ces agriculteurs familiaux ont développé des pratiques agricoles et des techniques simples de gestion de l’eau, pertinentes pour l’adaptation au changement climatique et la mise en valeur des terres pluviales. Or les investissements ne sont pas encore à la hauteur des besoins, loin s’en faut.

(Données extraites du rapport de la Coordination Sud)

Mots-clés

Mot d’eau

  • L’eau des Kennedy

    Celui qui pourra résoudre les problèmes de l’eau méritera deux Prix Nobel : un pour la paix et un pour la science. (John F. Kennedy) - Nous sommes témoins de quelque chose d’inédit : l’eau ne coule plus vers l’aval, elle coule vers l’argent. (Robert F. Kennedy)

Glossaire

  • La clepsydre

    C’est, comme le sablier, l’un des plus anciens instruments de mesure du temps qui passe. Il s’agissait le plus souvent d’un vase conique, percé d’un trou à sa base, laissant s’écouler l’eau goutte à goutte. Comme sa face interne comportait des graduations horaires, il suffisait d’observer le niveau de remplissage pour savoir combien d’heures s’étaient écoulées depuis le coucher du soleil.


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