AccueilInfosAnnées précédentesAnnée 2013

3 mai 2013.

L’Ouvrage de la Linth : "un modèle de durabilité"

Linth 2000 est, avec la 3e correction du Rhône et le développement (...)

Linth 2000 est, avec la 3e correction du Rhône et le développement du Rhin alpin, l’un des trois grands projets du siècle dans le domaine de la protection contre les crues en Suisse. Les travaux menés pendant plusieurs années sur le cours de la Linth entre le lac de Walenstadt et celui de Zurich, dans le nord-est du pays, viennent de s’achever et l’ouvrage final officiellement inauguré. Ce projet, financé par la Confédération et les quatre cantons concernés, est considéré comme tout-à-fait exemplaire en termes de sécurité et de collaboration entre les différents acteurs concernés.

Au début du 19e siècle, pour remédier aux crues de plus en plus fréquentes qui menaçaient la plaine en aval de Glaris, un projet voit le jour à l’initiative notamment du politicien et scientifique zurichois Hans Conrad Escher. Un premier canal de 6,5 km (inauguré en 1811 et qui porte aujourd’hui le nom de son promoteur) est construit pour relier le cours supérieur de la Linth de Mollis au lac de Walenstadt. Cinq ans plus tard un second ouvrage – le canal de la Linth proprement dit – est aménagé sur 17 km, du lac de Walenstadt au lac de Zurich.

Dans les années 1980 et 1990, des inondations commencent à révéler d’importantes faiblesses dans ces aménagements et il devient alors de plus en plus évident qu’ils devront être assainis pour continuer à remplir leur fonction de protection des terres, des infrastructures et autres biens publics et privés.

JPEG - 40.8 ko
© données swisstopo 2013

L’assainissement de l’ouvrage de la Linth est l’un des premiers projets modernes de gestion intégrée des risques et de protection contre les crues sur un grand système fluvial dans une vallée alpine ou préalpine. En cas de crue majeure, le débordement du canal principal est évité grâce au déversement contrôlé des masses d’eau dans des chenaux d’évacuation secondaires, élargis et aménagés de manière naturelle.

Grâce aux travaux menés depuis 1999, de nouveaux habitats sont apparus dans le cours d’eau et sur ses berges, tandis qu’à proximité du canal, de larges surfaces ont été valorisées écologiquement, permettant ainsi de recréer un paysage proche de l’état naturel. De nouveaux chemins, routes et places de stationnement permettent d’explorer les zones de détente et de loisirs.

En Suisse, la protection contre les crues est certes une tâche commune de la Confédération et des cantons, mais le projet Linth 2000 – qualifié aujourd’hui de modèle de durabilité - n’aurait pu être mené à terme sans la participation des agriculteurs et autres propriétaires fonciers directement concernés, des communes et des associations. Au final, la contribution fédérale au nouvel ouvrage s’élève à quelque 55 millions de francs et celle des cantons de Saint-Gall, Glaris, Schwyz et Zurich à 68 millions de francs.

À noter que depuis 2004 et l’entrée en vigueur d’un concordat entre les cantons de Glaris, Schwyz, Saint-Gall et Zurich, l’ouvrage de la Linth relève directement de la compétence de ces quatre cantons. L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) s’est pour sa part impliqué activement dans la conception et l’élaboration du projet afin qu’il réponde à des exigences de durabilité et de sécurité. (Sources : OFEV, Linthwerk)

JPEG - 18.6 ko
L’élargissement du canal du côté de Hänggelgiessen – 200 ans après sa construction - est sans nul doute la réalisation la plus spectaculaire du projet Linth 2000

- Site officiel de l’Ouvrage de la Linth (en allemand) : www.linthwerk.ch
- En savoir plus sur le site de l’OFEV

(*) Un merci tout particulier à Markus Jud, ingénieur en chef du projet Linth 2000, qui nous a aimablement communiqué les photos de cette page.



Infos complémentaires

JPEG - 5.5 ko

Le canal de la Linth et ses nouvelles rives dans le secteur de Rotbrugg à Hänggelgiessen.


JPEG - 5.2 ko

État des travaux en été 2011 : les anciennes digues ont été enlevées. Toutes les pelles mécaniques sont équipées de systèmes GPS. Nulle trace de marquage, aucun instrument de géomètre : sur son écran, le conducteur de l’excavatrice voit très exactement où il doit enlever du matériau et où en déposer.


JPEG - 5.4 ko

Les travaux de correction du canal de la Linth vus d’avion en mai 2012.
(Photos Markus Jud)

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


Contact Lettre d'information