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17 mars 2008.

Irak : l’eau y est toujours aussi rare et de mauvaise qualité

Dans son rapport sur la situation humanitaire en Irak cinq ans (...)

Dans son rapport sur la situation humanitaire en Irak cinq ans après le déclenchement de la guerre, le CICR (Comité International de la Croix-Rouge) constate qu’en raison de ce conflit, des millions d’Irakiens ont encore et toujours difficilement accès à l’eau potable, à des installations sanitaires et aux soins de santé. Une crise exacerbée par les effets prolongés des conflits armés précédents et plusieurs années de sanctions économiques.

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Opération de distribution
de sacs d’eau en Irak

Environ un million et demi de sacs d’eau potable ont été distribués l’an dernier en Irak par le CICR à des personnes déplacées, aux hôpitaux en manque d’approvisionnement et dans d’autres situations d’urgence. (Photo © CICR)

L’approvisionnement en eau ne cesse de se détériorer, rapporte le CICR : « des millions de personnes ne peuvent donc plus compter que sur un approvisionnement insuffisant en eau de mauvaise qualité, puisque les systèmes de distribution d’eau et d’égouts ne peuvent être entretenus et qu’il y a trop peu d’ingénieurs. ». Autrement dit, de nombreux Irakiens n’ont pas d’autre choix que d’utiliser des sources d’approvisionnement dangereuses. De plus, compte tenu de la croissance démographique, de la montée des prix et de l’insécurité, le pays ne dispose pas du personnel qualifié nécessaire pour entretenir et réparer les installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Certaines ne sont même plus ici et là en état de fonctionner. Ce n’est que dans quelques régions du sud et du nord que l’on a pu l’an dernier enregistrer une augmentation de la production d’eau potable.

Ce qui signifie aussi qu’une grande partie de la population ne peut plus compter sur les services publics pour lui fournir de l’eau salubre. Nombreux sont celles et ceux, surtout parmi les plus pauvres, qui doivent se débrouiller par leurs propres moyens. Le CICR estime que le revenu mensuel moyen, en Irak, se monte aujourd’hui à quelque 150 dollars. Si l’on compte que 10 litres d’eau potable coûtent à peu près 1 dollar, chaque famille doit dépenser au moins 50 dollars par mois seulement pour son eau. Soit un tiers de ses ressources financières.

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Usine de traitement d’eau remise en état à Bassorah
En 2007 en Irak, plus de trois millions de personnes ont bénéficié directement d’interventions du CICR pour des réparations, réhabilitations et améliorations de réservoirs et de réseaux de distribution d’eau.
(Photo © CICR)

En plus d’infrastructures déficientes, la mauvaise qualité d’une grande partie de l’eau s’explique aussi par les raccordements sauvages aux réseaux ou encore au manque de produits chimiques nécessaires au traitement et à la désinfection de l’eau, sans parler des pannes d’approvisionnement en électricité pour faire fonctionner les pompes. Le chlore, qui est un produit essentiel pour la stérilisation de l’eau, est également soumis à restrictions pour la simple raison qu’il peut servir aussi à la fabrication de bombes ou autres armes.

Le manque d’assainissement est tout aussi alarmant. Les réseaux d’égout sont parfois dans un tel mauvais état que les eaux usées non traitées risquent de contaminer l’eau potable. Le CICR interprète la flambée de choléra survenue en 2007 comme le signe avant-coureur du danger imminent qui menace les Irakiens.

Rapport du CICR sur l’Irak : la crise humanitaire ne connaît pas de répit



Infos complémentaires

::Témoignage

« La nuit, la plupart des gens pompent leur eau directement du réseau d’adduction. Cela fait baisser la pression jusqu’à un niveau trop bas pour que l’eau atteigne toutes les zones qui devraient être desservies. De plus, en procédant de cette façon, les gens pompent parfois aussi des eaux usées et contaminent les réservoirs qu’ils ont chez eux. Et même si un certain nombre de familles ont une pompe, il arrive souvent qu’il n’y ait pas de carburant pour la faire fonctionner. » (Ahmad - nom fictif - ingénieur hydraulicien du CICR à Basra)


:: Le CICR en Irak depuis 1980

Les activités qu’exercent aujourd’hui en Irak les quelque 600 collaborateurs du CICR (dont environ 70 expatriés) représentent la plus importante des opérations actuellement déployées par cette organisation humanitaire à travers le monde. Le CICR a renforcé les mesures d’assistance urgente à la population civile, notamment par le soutien aux hôpitaux, à l’amélioration des soins de santé de base et à l’entretien des infrastructures vitales d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

Dans le cadre de ses activités de protection, le CICR accorde une attention particulière aux personnes détenues ou internées par les forces multinationales et les autorités irakiennes. Il soutient les centres de réadaptation physique du pays et vient en aide aux civils déplacés. Il a en outre mis en place des programmes de soutien des moyens d’existence pour aider les gens à devenir autosuffisants. Il s’emploie également à s’enquérir du sort de nombreuses personnes disparues.

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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