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15 septembre 2009.

Inondations catastrophiques au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest

Les pluies torrentielles qui se sont abattues le 1er septembre (...)

Les pluies torrentielles qui se sont abattues le 1er septembre sur Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, ont entraîné la mort de plusieurs personnes, provoqué l’effondrement de milliers d’habitations et entraîné un déplacement massif de populations subitement privées d’abri. Mais d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest ont également connu des inondations dramatiques : du Sénégal au Tchad en passant par la Sierra Leone, elles auraient fait au total, selon l’ONU, quelque 160 morts et plus de 600’000 personnes seraient aujourd’hui sans abri.

En quelques heures de pluies presqu’ininterrompues, Ouagadougou a reçu 330 millimètres d’eau. Privées de maison, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont pu être regroupées dans les établissements scolaires ou autres lieux publics, dans des conditions sanitaires extrêmement précaires.

Selon le correspondant local du site afrik.com, « la promiscuité, les conditions d’hébergement et les eaux stagnantes font craindre une épidémie de choléra. Par ailleurs, l’une des centrales de traitement et d’approvisionnement en eau potable, qui représente 30% de la distribution d’eau courante de la ville de Ouagadougou, est hors service. Elle a pris l’eau de toute part. Du coup, la panique a gagné les populations convaincues par la rumeur que l’eau du robinet n’est plus potable. Malgré les assurances des responsables de la société, elles rechignent à la consommer. »

L’ONU et ses agences spécialisées ont lancé un appel pour une aide humanitaire d’urgence de 14 millions de dollars pour l’approvisionnement en nourriture et en eau potable, en tentes et couvertures, en douches et latrines. Mais selon les autorités burkinabé, le coût de la catastrophe se monterait à quelque 150 millions de dollars.

D’autres pays d’Afrique de l’Ouest ont été victimes d’inondations notamment le Sénégal (quelque 100’000 personnes touchées à Dakar), la Guinée et sa capitale Conakry, le Niger à Agadez, le Tchad du côté de Bongor (175’000 personnes affectées). Le Nigeria fait état de dizaines de milliers de déplacés dans le nord du pays.

Le site afrik.com note également dans une autre dépêche qu’en 2007, « des inondations similaires avaient fait 300 morts et touché quelque 800’000 personnes en Afrique de l’ouest. Pour de nombreux dirigeants africains, l’alternance de la sécheresse et des inondations qui frappent ces pays est due au réchauffement climatique. Ces dirigeants exigent d’ailleurs que ce lien de cause à effet soit reconnu lors du sommet sur le changement climatique qui se tiendra en décembre prochain à Copenhague ».

(Sources : ONU et afrik.com)

- Autres informations disponibles sur le site irinnews.org qui relaie les informations du Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA)
- L’engagement humanitaire de la Suisse

- Lire aussi l’éditorial : “A-t-on trop prié...?”
(Lettre aqueduc.info d’octobre 2009)




Infos complémentaires

Le principal hôpital de Ouagadougou a dû évacuer ses patients sans tarder (Photo © Brahima Ouedraogo/IRIN)

"Ce matin-là..."

« Ce matin-là, pas de ciel à l’orage, pas d’éclair, pas de vent. C’est à pas de loup, vers 4 heures du matin, que des nuages lourds s’amoncellent au-dessus du plateau mossi, la zone de Ouagadougou. Les trombes commencent à se déverser et ne s’interrompront que vers 15 heures. Les goudrons s’effacent progressivement sous les eaux, les caniveaux dégorgent, les murs des maisons en banco épongent un temps, comme un bout de pain dans une tasse de café, et le barrage de Tanghin, celui-là même dont le faible niveau inspirait l’inquiétude, commence à déborder.

Ce n’est pas la première fois que quelques modestes maisons s’effondrent dans les quartiers non-lotis. Ce n’est pas non plus une expérience nouvelle pour certains maraîchers que l’on avait maintes fois tenté de dissuader de s’installer sur les rives du barrage. Mais cette fois, l’ampleur est tout autre... Il tombera 263 millimètres de pluie d’une seule traite. »

(Extrait d’un article de Ernest Diasso publié dans l’hebdomadaire "Journal du jeudi" de Ouagadougou et repris par Courrier International le 21 septembre 2009)

"Tout a été emporté"

« Ceux qui sont touchés sont malheureusement toujours les plus pauvres. Ce sont surtout les quartiers périphériques qui ont été touchés, on dirait qu’ils ont été rasés par un bulldozer. Des ponts ont été cassés.

Le gouvernement a dû fermer l’hôpital Ouedraogo, le plus grand du pays, on ne peut plus y travailler, l’eau a envahi les urgences, la radiologie, le scanner a été endommagé, le matériel de dialyse aussi. On a dû évacuer des centaines de malades, car il y avait un mètre d’eau dans l’hôpital.

Les besoins sont énormes. Les gens ont tout perdu, leur maison est partie. Ils n’ont plus de nattes pour se coucher, pas de couvertures, pas de moustiquaires, pas de médicaments alors que c’est la saison des pluies, qu’il y a la malaria et aussi le risque de choléra. C’est pareil pour l’alimentation : tout a été emporté. Il faut du riz, de la farine, de l’huile, de quoi se nourrir, des vêtements, du gaz pour cuisiner les repas… »

(Extrait du témoignage de Paul Taryam Ilboudo, coordinateur à Ouagadougou de l’Oeuvre suisse d’entraide ouvrière / diffusé par la Radio suisse romande, Forum, 19 septembre 2009)

Mots-clés

Mot d’eau

  • L’eau des Kennedy

    Celui qui pourra résoudre les problèmes de l’eau méritera deux Prix Nobel : un pour la paix et un pour la science. (John F. Kennedy) - Nous sommes témoins de quelque chose d’inédit : l’eau ne coule plus vers l’aval, elle coule vers l’argent. (Robert F. Kennedy)

Glossaire

  • La clepsydre

    C’est, comme le sablier, l’un des plus anciens instruments de mesure du temps qui passe. Il s’agissait le plus souvent d’un vase conique, percé d’un trou à sa base, laissant s’écouler l’eau goutte à goutte. Comme sa face interne comportait des graduations horaires, il suffisait d’observer le niveau de remplissage pour savoir combien d’heures s’étaient écoulées depuis le coucher du soleil.


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