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13 avril 2017.

Il faut davantage investir dans l’eau, clame l’OMS

Si l’on ne prend pas de mesures pour trouver de nouvelles (...)

Si l’on ne prend pas de mesures pour trouver de nouvelles ressources de financement et pour les utiliser de manière plus efficace, on n’atteindra pas les objectifs mondiaux d’accès de tout être humain à l’eau potable et à l’assainissement. C’est le message-clé d’un nouveau rapport publié par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui rappelle qu’aujourd’hui encore près de 2 milliards de personnes recourent à des sources d’eau potable contaminées par des matières fécales.

Selon ce rapport [1], publié par l’OMS au nom de ONU-Eau, l’organisme de coordination des Nations Unies pour toutes les questions relatives à l’eau douce, les pays concernés par cette analyse ont augmenté leurs budgets alloués à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, en moyenne de 4,9% par an au cours des 3 dernières années. Toutefois, 80% d’entre eux indiquent que les financements dans ce domaine ne permettront pas d’atteindre les objectifs définis au niveau national.

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Les financements alloués aux améliorations sanitaires sont-ils suffisants
pour atteindre les objectifs nationaux de développement durable ?
Les réponses varient selon que l’on prend en compte,
globalement ou non, les régions urbaines et/ou rurales.
Plus de 75% (bleu) - Entre 50% et 75% (brun) - Moins de 50% (jaune et rouge)
(Source : GLAAS 2016/2017 country survey.)

Les Objectifs du développement durable (ODD) [2]que tous les États membres de l’ONU se sont engagés à atteindre à l’horizon 2030 prévoient, entre autres, de garantir l’accès universel à des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement gérés en toute sécurité. Selon des estimations de la Banque mondiale, il faudrait pour cela tripler les investissements, ce qui, au niveau mondial, représenterait 114 milliards de dollars par an, un montant qui n’inclut pas les coûts de fonctionnement et d’entretien.

"Nous sommes confrontés à un défi que nous pouvons relever", estime Guy Ryder, directeur général de l’Organisation internationale du travail et actuel président de ONU-Eau : "Des investissements accrus dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement produisent des bénéfices substantiels pour la santé et le développement humain, permettent de créer des emplois et assurent de ne laisser personne de côté".

On en est vraiment très loin. De nombreux pays en développement n’arrivent pas à mettre en place le minimum d’infrastructures de base qui permettraient de fournir en permanence des services d’eau sûrs et fiables. Selon l’OMS, près de 2 milliards de personnes utilisent encore et toujours des sources d’eau potable contaminées par des matières fécales, avec les risques de choléra, de dysenterie, de typhoïde et de poliomyélite que cela représente. On estime que cette eau de boisson contaminée entraîne chaque année plus d’un demi-million de décès pour cause de diarrhée. (Informations OMS)




Notes

[1UN-Water Global Analysis and Assessment of Sanitation and Drinking-Water (GLAAS) 2017 report – Financing universal water, sanitation and hygiene under the Sustainable Development Goals, disponible (en anglais) sur le site de l’OMS. Ce rapport présente une analyse des données actualisées et les plus fiables provenant de 75 pays et de 25 organismes d’aide extérieure sur des questions relatives au financement de l’accès universel à l’eau et à l’assainissement au titre des Objectifs du développement durable (ODD).

[2Voir la présentation des Objectifs du développement durable (ODD)
sur le site des Nations Unies.

Infos complémentaires

L’aide publique a augmenté,
les engagements sont à la baisse

Dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, les dépenses au titre de l’aide publique au développement ont augmenté entre 2012 et 2015, passant de 6,3 à 7,4 milliards de dollars. Mais dans le même temps les engagements pris ont baissé de 10,4 à 8,2 milliards. Si cette tendance persiste, les dépenses futures risquent aussi de baisser.

Les priorités politiques tardent à se concrétiser

Plus de 70% des pays directement concernés par cette étude indiquent que leurs politiques et plans en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène comprennent des mesures spécifiques pour atteindre les populations pauvres. Mais la mise en œuvre de ces mesures concrètes prend du retard car bon nombre de ces pays n’ont pas les moyens d’appliquer systématiquement les mesures de financement requises. (Informations OMS)

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Mot d’eau

  • Le Lac

    “Si près qu’ils approchent du lac, les hommes n’en deviennent pas pour ça grenouilles ou brochets. Ils bâtissent leurs villas tout autour, se mettent à l’eau constamment, deviennent nudistes… N’importe. L’eau traîtresse et irrespirable à l’homme, fidèle et nourrissante aux poissons, continue à traiter les hommes en hommes et les poissons en poissons. Et jusqu’à présent aucun sportif ne peut se vanter d’avoir été traité différemment”. (Henri Michaux, "La nuit remue", 1935)

Glossaire

  • Limnologie

    Père de la limnologie (du grec "limné", lac, étang), le savant suisse François-Alphonse Forel (1841-1912) parlait d’elle comme de "l’océanographie des lacs". Il la définissait comme la "science des eaux continentales, des eaux stagnantes réunies dans des bassins limités et profonds, qui ne sont ni des fleuves ou rivières, ni des marais ou étangs, ni des eaux souterraines". Aujourd’hui, cette discipline a pris le sens plus large d’étude de tous les aspects écosystémiques des lacs et des grands réservoirs naturels d’eau douce à ciel ouvert.


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