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8 mai 2007.

Hetin-Sota, village lacustre sans eau potable

Hetin-Sota, village lacustre du Bénin, dispose d’une source (...)

Hetin-Sota, village lacustre du Bénin, dispose d’une source thermale, mais n’a pas d’eau potable. Absurde paradoxe !

3’000 habitants environ, à quelque 25 kilomètres de Porto-Novo, capitale politique de la République du Bénin : le village de Henin-Sota - qui n’a pas d’eau potable – dispose paradoxalement d’une source thermale de type hyperthermale, alcaline et chlorurée (pH supérieure à 7,8).

Huit mois sur douze, le fleuve Oueme sort de son lit et envahit les terres. Ici, toutes les cases sont sur pilotis. L’eau qui en sort à une température de 50°C arrive d’une profondeur de 450 mètres. Elle est transparente et faiblement minéralisée, avec cependant une teneur en nitrate relativement élevée (supérieure à 75mg par litre, alors que la valeur indicative de tolérance fournie par l’OMS est de 50 mg/l).

Cette source thermale est un bijou économique, écologique et touristique pour la localité qui n’en jouit malheureusement pas encore, faute d’une gestion durable de la ressource (absence de comité de gestion, absence de périmètre de protection autour du captage). L’autre grande menace provient des nombreux projets de développement qui, si l’on n’y prend garde, pourraient se révéler sources de pollution.

Texte : Bernard Capo-Chichi
Photos : Nukpo Agossou

Voir aussi : Ainsi passe le temps à Miniki...




Infos complémentaires

Il existait, à Hetin-Sota, un réseau de distribution de l’eau thermale consommée sans traitement. Depuis deux ans, ce réseau a cessé de fonctionner par suite de la défaillance d’une pièce mécanique. En l’absence d’un comité de gestion du réseau, la pièce n’a pu être remplacée jusqu’a ce jour. L’argent fait défaut et la population ne veut pas (ou ne peut pas) faire une levée de fonds non plus. Tout le monde compte sur le geste d’un généreux donateur.

Entre temps, tout le monde a de nouveau recours à l’eau non traitée du fleuve en guise d’eau de consommation. Et voilà le retour des maladies diarrhéiques. En l’absence de surveillance et d’une autorité, toutes les activités domestiques de lavage (linge et vaisselle) se font sur le point de captage, à grand renfort de lessive et de détergents. Une menace certaine de pollution de la source thermale.

Je me suis constitué conseil et ami de la source, je travaille avec les populations, le chef d’arrondissement, les instituteurs de l’école pour préserver la source de la pollution en attendant de pouvoir faire redémarrer le réseau. Avec un collègue géographe, auteur de l’album photos, nous sommes en contact avec les autorités politico-administratives des lieux.

Avec les étudiants du DESS-Qualité de l’eau de Porto Novo (Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées), nous avons retenu quelques projets : analyses bactériologiques et physico-chimiques de l’eau, érection de périmètres de protection autour de la source, installation d’une petite unité de traitement de l’eau de surface en eau potable (pour 3000 habitants), exploitation de la source thermale (bains et eaux minérales), aménagement de la voie d’accès à la source, et assainissement du village (un must pour protéger la source).}

Bernard Capo-Chichi

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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