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18 janvier 2010.

Haïti : une usine à eau potable sur porte-avion au secours des sinistrés

Le porte-avions américain USS Carl Vinson, qui s’est ancré au large (...)

Le porte-avions américain USS Carl Vinson, qui s’est ancré au large de Port-au-Prince, est appelé à jouer un rôle-clé dans l’approvisionnement en eau des victimes du tremblement de terre qui a dévasté Haïti le 12 janvier 2010. Ses équipements lui permettent en effet de dessaler de grandes quantités d’eau de mer et de produire chaque jour des dizaines de milliers de litres d’eau potable que des hélicoptères peuvent ensuite distribuer directement aux familles sinistrées.

Après un séisme aussi violent que celui survenu dans l’île d’Haïti, l’approvisionnement en eau potable est l’un des problèmes humanitaires à résoudre de toute urgence. “L’eau ne sert pas uniquement à étancher la soif”, explique Guy Mouron, coordonnateur du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) chargé de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement en Haïti. “Quand on a tout perdu, le fait de pouvoir se laver permet de rester propre et de retrouver la dignité.”

Mais répondre aux besoins en eau et en assainissement est une tâche gigantesque lorsque les services d’approvisionnement ne fonctionnent plus et que les infrastructures de distribution sont quasiment anéanties. Les camions-citernes, qui ne peuvent circuler partout compte tenu de l’état des lieux et de la configuration du terrain, apparaissent comme des moyens fort dérisoires lorsqu’en dépend la vie de centaines de milliers de personnes.

En matière de ravitaillement d’urgence en eau en Haïti, le porte-avions nucléaire USS Carl Vinson dépêché sur place par l’armée américaine devrait se révéler rapidement et extrêmement précieux. Comme le suggère un journaliste du magazine Time, la réussite de sa mission pourrait “faire la différence entre alléger la misère ou l’aggraver”.

Ce bâtiment est en effet équipé de plusieurs unités de dessalement de l’eau de mer absolument nécessaire à son fonctionnement : l’eau utilisée par ses réacteurs nucléaires pour produire la vapeur qui lui sert de moyen de propulsion doit être impérativement et préalablement purifiée. Chacune de ses quatre installations de distillation peut produire chaque jour quelque 100’000 gallons d’eau douce (378’000 litres). Cette production dépasse largement les besoins actuels du navire et de son équipage, et un excédent quotidien de 100’000 à 200’000 gallons est ainsi disponible pour l’aide humanitaire. La marine américaine a également envoyé à Port-au-Prince trois navires-amphibies, eux aussi pourvus d’équipements de purification d’eau.

Le problème, c’est le conditionnement et le mode de distribution de l’eau potable ainsi produite. Un système spécial et performant de robinetterie a été installé sur le pont du navire : il permet le remplissage extrêmement rapide de récipients souples d’une contenance de 2 ou 5 gallons. Mais il en faudrait des dizaines de milliers pour couvrir le minimum des besoins. Une fois remplis, ces récipients sont acheminés vers la terre ferme par hélicoptères et largués le plus près possible des populations qui les attendent, ce qui ne va pas sans poser des problèmes de sécurité et de répartition équitable.

Si ces opérations héliportées parviennent à remplir leur mission d’approvisionnement en eau et à faciliter l’accès des populations au minimum vital d’eau potable, cela devrait quelque peu atténuer les tensions et permettre peut-être de décharger de cette tâche les organismes de secours qui pourront alors intervenir dans d’autres domaines, comme ceux de l’assistance médicale, de la gestion sanitaire, de l’organisation sociale ou des réhabilitations urgentes et prioritaires, à commencer par celle des réseaux d’eau et d’assainissement. (Sources : agences de presse, Time Magazine, CICR)




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Glossaire

  • Débâcle

    Dislocation soudaine de la couverture de glace d’un cours d’eau dont les blocs sont alors emportés rapidement par le courant. Lorsqu’il s’agit de la rupture d’une barrière naturelle de glace formant une retenue d’eau, on parle alors de vidange brutale de lac glaciaire (connue sous l’acronyme anglais de GLOF, “Glacial lake outburst flood”). Dans les deux cas, ce phénomène peut entraîner de graves inondations, voire des catastrophes.

Mot d’eau

  • « Et tous ces gens
    dans l’eau ... »

    “Je pense toujours à cette rivière quelque part, avec cette eau qui coule vraiment vite. Et tous ces gens dans l’eau, qui essaient de se raccrocher les uns aux autres, qui s’accrochent aussi fort qu’ils peuvent, mais à la fin c’est trop difficile. Le courant est trop puissant. Ils doivent lâcher prise, se laisser emporter chacun de son côté. Je pense que c’est ce qui nous arrive, à nous.” (Kazuo Ishiguro, "Auprès de moi toujours", 2005)


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