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31 janvier 2010.

Haïti : l’eau, la première des priorités pour la survie

Depuis le 12 janvier, date du tremblement de terre qui a dévasté (...)

Depuis le 12 janvier, date du tremblement de terre qui a dévasté Haïti, l’approvisionnement en eau potable figure parmi les priorités les plus urgentes de la plupart des organisations humanitaires. Les exemples d’actions ponctuelles menées pour que les sinistrés ne meurent pas de soif sont innombrables. On a choisi ici de se faire l’écho de celles du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) sur la base de ses points de presse quotidiens sur ses opérations de secours.

Le CICR est présent en permanence en Haïti depuis 1994. En 2004, alors que le pays était au bord du conflit armé intérieur, l’organisation humanitaire y a intensifié ses actions, plus particulièrement dans Cité Soleil, l’un des grands bidonvilles de Port-au-Prince. Il a veillé à ce que les habitants aient un accès sûr à l’eau et ne risquent plus leur vie en traversant les lignes de front pour remplir leurs seaux. Tout récemment, ses collaborateurs travaillaient encore avec le service des eaux de la capitale, entretenant et gérant 53 points d’eau communaux dans la cité. Autant dire que cette connaissance du terrain constitue un précieux atout lorsque survient la catastrophe et qu’il s’agit, au milieu du chaos, d’organiser les secours en toute urgence. Au moment du séisme, le CICR comptait sur place 69 collaborateurs, dont 9 expatriés. Tous y ont survécu.

Alors que les premiers avions, sitôt connue l’ampleur du tremblement de terre, décollent de Genève avec des renforts en personnel et du matériel de secours en tous genres, notamment du chlore pour purifier l’eau, des réservoirs souples et rigides, des pompes et des générateurs, il s’agit, sur place et aussi vite que possible, d’évaluer, entre autres, les besoins en eau potable.

De nombreuses conduites sont hors d’usage. Plusieurs stations de pompage sont hors service, faute de personnel et de carburant pour faire fonctionner les générateurs, vu que le réseau d’alimentation électrique a subi lui aussi de gros dommages. Les hôpitaux sont particulièrement et durement frappés par la pénurie.

Deux jours plus tard, le CICR est en mesure d’organiser une première opération de transport d’eau par camions dans le quartier de Delmas, ce qui permet d’approvisionner en eau potable un millier de personnes installées dans un camp de fortune. Plus tard, il fera de même dans d’autres quartiers et d’autres camps. Des latrines sont mises en place, il faut répondre au plus vite aux besoins en assainissement si l’on veut limiter les risques d’épidémies.

“L’eau ne sert pas uniquement à étancher la soif , commente Guy Mouron, coordonnateur du CICR chargé de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement en Haïti. Quand on a tout perdu, le fait de pouvoir se laver permet de rester propre et de retrouver la dignité.”

Des ingénieurs du CICR évaluent les dégâts subis par le château d’eau qui dessert l’ensemble de la population de Cité-Soleil. Cette structure a été gravement endommagée et d’importantes réparations s’imposent. En attendant, les habitants viennent s’approvisionner directement au pied du château d’eau. Du côté des humanitaires, on s’inquiète aussi de ce qui se passe hors de la capitale, là où de nombreux sinistrés, dans le meilleur des cas, n’ont jusque-là reçu qu’une aide minimum.


“Dans l’immédiat, explique Robert Mardini, chef de l’Unité eau et habitat au siège du CICR à Genève, la priorité est d’approvisionner en eau potable le plus grand nombre d’habitants, le plus rapidement possible. La meilleure manière d’y parvenir consiste à mettre en place des systèmes de stockage et de distribution d’eau autonomes aux endroits où se concentre la population, en utilisant dans la mesure du possible le réseau hydrique existant.

C’est un défi de taille, vu l’étendue des dégâts, les difficultés à se déplacer dans les rues encombrées de gravats, la pénurie de carburant, le nombre limité de camions-citernes et la multitude d’organisations locales et internationales présentes sur place (…)

La seule mesure permettant d’assurer un approvisionnement en eau à long terme consiste à réparer le réseau public de distribution d’eau de Port-au-Prince. Cette tâche complexe exige du personnel qualifié, capable de traiter les problèmes par ordre de priorité et de coordonner ses activités avec celles de la CAMEP, la Centrale autonome métropolitaine d’eau potable en Haïti.”


À Cité-Soleil, les ingénieurs eau et assainissement ont installé quatre points de distribution d’eau, entamé des travaux de remplacement du générateur cassé d’une station de pompage, évalué l’état des cinq sources d’approvisionnement en eau de la région et trouvé que trois d’entre elles étaient toujours opérationnelles, ce qui va réduire considérablement la nécessité de transporter l’eau par camion.

Penser déjà au long terme

Mais il faut déjà, sans retard, commencer à penser à demain et à des projets à long terme. Le réseau d’approvisionnement en eau de Port-au-Prince était déjà en mauvais état avant le tremblement de terre. Aujourd’hui la situation est nettement pire. Mettre en place des systèmes autonomes de stockage et de distribution d’eau sera l’une des tâches prioritaires du CICR dans les semaines et les mois à venir. (Source des informations : communiqués et points de presse du CICR)

- Pour en savoir davantage sur les opérations du CICR en Haiti, lire les pages spéciales de son site




Infos complémentaires

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À Port-au-Prince, dans le Martissant, des habitants se servent d’une canalisation endommagée pour prendre une douche.


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Le CICR distribue de l’eau à 2’000 personnes campant dans le quartier de la Primature, à Port-au-Prince.


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File d’attente devant un point de distribution d’eau potable du CICR.


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Une équipe du CICR installe un réservoir d’eau à la prison pour femmes de Pétionville, à Port-au-Prince.

(Photos © CICR/M. Kokic)

Mots-clés

Mot d’eau

  • L’eau des Kennedy

    Celui qui pourra résoudre les problèmes de l’eau méritera deux Prix Nobel : un pour la paix et un pour la science. (John F. Kennedy) - Nous sommes témoins de quelque chose d’inédit : l’eau ne coule plus vers l’aval, elle coule vers l’argent. (Robert F. Kennedy)

Glossaire

  • La clepsydre

    C’est, comme le sablier, l’un des plus anciens instruments de mesure du temps qui passe. Il s’agissait le plus souvent d’un vase conique, percé d’un trou à sa base, laissant s’écouler l’eau goutte à goutte. Comme sa face interne comportait des graduations horaires, il suffisait d’observer le niveau de remplissage pour savoir combien d’heures s’étaient écoulées depuis le coucher du soleil.


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