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25 mai 2011.

Greenpeace dénonce les coûts cachés de la pollution industrielle de l’eau

L’organisation écologiste Greenpeace entame une campagne (...)

L’organisation écologiste Greenpeace entame une campagne internationale de protection des eaux en publiant un rapport sur les coûts de la pollution de l’eau par l’industrie. Avec deux messages-clés : polluer l’environnement plutôt que d’investir dans l’assainissement n’est nullement rentable à long terme et les pays du Sud en voie d’industrialisation feraient bien de ne pas répéter les erreurs du Nord.

Sous le titre “Hidden consequences, the costs of industrial water pollution on people, planet and profit”, l’étude de Greenpeace se base sur de (mauvais) exemples donnés par des pays du Nord (États-Unis, Europe du Nord et de l’Est) et d’Asie (Thaïlande, Russie, Chine et Philippines) pour montrer comment l’industrie pollue les cours d’eau avec ses produits chimiques parfois hautement toxiques.

Les substances nocives, dont plusieurs sont persistantes, s’accumulent dans les sédiments et dans la chaîne alimentaire. L’eau ainsi empoisonnée est ensuite utilisée dans l’agriculture et comme source d’approvisionnement pour l’eau potable. Les conséquences pour les humains et leur environnement sont catastrophiques, les dégâts sont souvent irréparables et leur coût élevé n’est que trop rarement imputé aux pollueurs.

L’exemple bâlois à ne pas suivre

Côté suisse, Greenpeace met en exergue la problématique des déchets de l’industrie chimique bâloise. Suite à de nombreuses pressions venues notamment des milieux écologistes, les sites pollués de cette région seront finalement assainis mais à un prix nettement supérieur à ce qui aurait été déboursé si l’on avait immédiatement procédé à l’élimination directe de ces déchets. Selon Greenpeace, l’industrie chimique bâloise, entre la fin des années 50 et 2009, aurait économisé 150 millions de francs suisses en déchargeant ses déchets dans l’environnement plutôt que de les éliminer selon les techniques appliquées à l’époque. Mais aujourd’hui, l’assainissement des décharges des sites de Bâle et de Bonfol pourrait lui coûter entre 1,5 et 2 milliards de francs.

Pour Matthias Wüthrich, chargé de la campagne ’Toxiques’ de Greenpeace Suisse, ces chiffres montrent clairement qu’il n’est pas rentable de polluer l’environnement : c’est un signal fort destiné au Sud pour qu’il ne répète pas ces erreurs et pour qu’il s’efforce de garantir une production aussi propre que possible. Au lieu d’essayer de limiter les dégâts en épurant les eaux, mieux vaudrait prendre des mesures actives pour faire cesser progressivement l’utilisation et le déversement de produits chimiques dangereux.

Greenpeace appelle donc tous les gouvernements à s’engager politiquement, en l’espace d’une génération, en faveur de la prévention tout en évitant de déverser des produits chimiques dangereux. Cet engagement devrait s’accompagner d’un plan d’application avec des objectifs à court terme, d’une liste ouverte de polluants particulièrement dangereux contre lesquels il s’agira de lutter en priorité et d’un registre international des polluants disséminés et transférés, de manière à fournir une base de données publiques et accessibles sur les émissions et les fuites de substances dangereuses. (Source : information Greenpeace Suisse)

- Le rapport Greenpeace “Hidden Consequences ” (document pdf en anglais)




Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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