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30 mai 2020.

Grandes randos le long des bisses (bis)

En 2018, Armand Dussex, marcheur impénitent, le pied infatigable (...)

En 2018, Armand Dussex, marcheur impénitent, le pied infatigable et l’œil sans cesse aux aguets, nous avait déjà proposé un guide de grandes randonnées sous forme de deux itinéraires tracés le long des bisses valaisans situés sur l’adret de la Vallée du Rhône. Il nous livre maintenant un parcours en douze étapes sur la rive gauche. Façon de parler. Car, en réalité, il nous emmène davantage dans les vallées latérales que sur le versant montagneux qui domine le fleuve.

Peu nombreux sont ceux qui connaissent aussi bien qu’Armand Dussex le réseau d’irrigation traditionnelle qui fait la fierté des Valaisans. Ce fervent montagnard, alerte octogénaire soit dit en passant, a non seulement eu, un jour, l’idée de créer un musée des bisses et de l’installer dans sa commune d’Ayent, mais aussi de nous donner l’envie de cheminer pas à pas le long de ces canaux parfois interminables mais toujours surprenants, en prenant le temps d’observer l’espace naturel dans lequel ils s’inscrivent et de comprendre la valeur inestimable de ce patrimoine régional.

L’itinéraire qu’il a tracé dans ce second volume qui trouve facilement sa place dans le sac du randonneur va d’est en ouest depuis le col du Simplon jusqu’à Verbier. Soit un périple de quelque 200 kilomètres et pas loin de 70 heures de marche au-dessus de 1000 mètres d’altitude, avec parfois d’importants dénivelés et un passage à près de 2900 mètres.

"À chaque passage de col, raconte Armand Dussex, mais aussi tout au long du chemin, vous allez tutoyer les beaux sommets des Alpes, découvrir les hameaux authentiques, perchés dans la montagne, parcourir les forêts sobres, les pâturages boisés aux mélèzes et arolles multicentenaires, les brousses de rhododendrons, les alpages fleuris où paissent les vaches, moutons et chèvres d’authentiques races du Valais. Plus bas, dans les versants abrupts des vallées, en parcourant les bisses vous découvrez le travail des hommes qui, pour survivre, ont creusé ces canaux en bravant les falaises et les ravins pour irriguer leurs prairies. Même là où vous ne suivez pas un bisse, vous verrez partout les traces de l’irrigation, sans laquelle les paysans de montagne n’auraient pu survivre."

Cet itinéraire, qui permet de longer pas moins de 23 bisses, peut certes être fractionné en divers tronçons (relativement longs) et chaque tête d’étape est accessible par les transports en commun. Mais il requiert de toute façon une bonne connaissance et une certaine pratique de la randonnée de montagne, un équipement approprié, un repérage préalable des lieux d’hébergement et, bien sûr, une condition physique adéquate.

Reste, comme nous le confiait un jour Armand Dussex, que "si l’on veut connaître les bisses, on ne peut se satisfaire d’une présentation théorique. On se doit d’aller sur le terrain, découvrir à la fois les ambiances et les techniques de construction". Et, pour le randonneur curieux, cela demande parfois une bonne dose d’énergie et d’endurance. Non sans le plaisir de la découverte.

Bernard Weissbrodt.


Armand Dussex
"Grandes randonnées le long des bisses"
Valais rive gauche
Editions Rossolis, 2020
format 13,5x21 - 104 pages.

bisse-trekking.ch/

- Voir la présentation des randonnées Valais rive droite parue en 2018.




Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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