AccueilInfosOn en parle

13 décembre 2019.

Genève : la gestion de l’eau potable sous la loupe de la Cour des comptes

Comment faire face à une demande croissante d’eau potable et en (...)

Comment faire face à une demande croissante d’eau potable et en même temps garantir la pérennité d’une ressource naturelle menacée par le réchauffement climatique et la pollution ? La question est un peu partout d’une grande actualité. Elle se pose aussi dans le bassin genevois situé à la croisée de territoires transfrontaliers. La Cour des comptes du Canton de Genève s’y est intéressée de plus près et publié ses conclusions en décembre 2019 [1]. Son principal constat : il n’existe pas de planification directrice à l’échelle du canton ni à celle de l’agglomération franco-suisse. Sa principale recommandation : il est nécessaire de mettre en place une gestion coordonnée de l’eau potable.

JPEG - 129.4 ko
Carte hydrogéologique du Canton de Genève
Cliquer sur la carte (extraite du rapport) pour l’agrandir

La Cour des comptes genevoise [2] note qu’il existe déjà à l’échelle du canton divers outils de planification et à celle du Grand Genève des accords transfrontaliers qui veillent à garantir l’approvisionnement de la population en eau potable de qualité et en quantité suffisante, ce qui est le cas également des intercommunalités françaises limitrophes. Cependant, "aucune planification directrice en matière d’eau potable n’existe aujourd’hui à l’échelon du canton ou de l’agglomération, chaque territoire menant sa propre réflexion séparément". Constats positifs : le canton a défini des zones de protection autour des systèmes de captage, aux abords du lac et au-dessus des nappes phréatiques principales ; des milliers d’analyses sont menées en continu tout au long du cycle de distribution de l’eau aux consommateurs ; et des scénarios de crise ont été mis en pour intervenir rapidement en cas d’événement majeur mettant en péril la distribution d’eau potable.

Mais, fait remarquer la Cour des comptes, il n’existe pas au niveau cantonal de bases légales adaptées aux spécificités du sous-sol genevois et aucune solution n’a jusqu’à présent été retenue pour traiter les problèmes de pollution et de protection des ressources souterraines. Le rapport souligne aussi que les coûts imputables à la gestion de l’eau potable engendrés par plusieurs services de l’État n’ont pas été recensés et que rien n’a été fait, par le biais notamment de la tarification, pour inciter les usagers à moins consommer d’eau potable et à préserver ainsi les ressources naturelles.

La Cour propose onze recommandations contribuant à assurer un approvisionnement continu et pérenne en eau potable de la population. Ces recommandations, qui ont toutes été acceptées par les offices cantonaux concernés, visent plus particulièrement "à renforcer la coordination et la définition d’objectifs communs au niveau du Grand Genève, à mieux asseoir la politique de protection des ressources naturelles souterraines, à prévoir un plan de dépollution et de protection de la nappe du Genevois, à développer le pilotage des revenus et des charges relatives à l’eau potable et à étudier l’opportunité d’adopter une tarification incitative aux économies d’eau". Pour que ce rapport ne reste pas lettre morte, il contient un tableau de suivi des recommandations, avec la mention des offices responsables des actions à mener et de leurs délais de mise en œuvre. (Source : Cour des comptes du Canton de Genève)



Notes

[1Cour des comptes de la République et Canton de Genève, Rapport n°157, 76 pages, décembre 2019 : "Audit de gestion – Gestion de l’eau potable". Ce rapport, ainsi qu’une synthèse de 7 pages, peuvent être consultés et téléchargés sur le site de la Cour.

[2Dans le Canton de Genève, "la Cour des comptes est chargée du contrôle indépendant et autonome des services et départements de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire, des institutions cantonales de droit public, des organismes subventionnés ainsi que des institutions communales. Elle a également pour tâche l’évaluation des politiques publiques et assure la révision des comptes de l’État" (définition extraite du rapport).

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


Contact Lettre d'information