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20 novembre 2017.

Eau et tourisme :
petit glossaire

Échos d’un colloque international et interdisciplinaire - DOSSIER (6)

Quelques clarifications de vocabulaire en lien avec les articles consacrés au Colloque "Eau et Tourisme" organisé les 9 et 10 novembre 2017 à Sion, Sierre et Montana par l’Institut de géographie et durabilité (IGD) de l’Université de Lausanne et l’Institut Tourisme de la HES-SO Valais-Wallis.

Empreinte hydrique

L’empreinte eau est un indicateur (et non une mesure précise) de la quantité d’eau induite par la consommation d’un bien ou l’utilisation d’un service en prenant en compte toutes les étapes de sa chaîne de production ainsi que les différents types d’eau que cette production implique : eaux bleues (eaux douces disponibles en surface ou dans les nappes souterraines), vertes (eaux de pluies en réserve dans le sol et servant à la croissance de la végétation) et grises (eaux dégradées lors des différents usages). Ces estimations peuvent être calculées à différentes échelles (consommateur individuel, entreprise, collectivité, pays).

* Pour ses usages domestiques quotidiens, un habitant de Suisse utilise en moyenne 160 litres d’eau fournie par les services d’eau. Si on prend en compte la quantité totale d’eau nécessaire à la production des biens de consommation et des services utilisés, ce chiffre se monte en réalité à 4’200 litres. 82 % des 11 milliards de m3 de l’empreinte hydrique annuelle de la Suisse sont imputables à des biens et des services importés, c’est-à-dire provenant de pays ou de régions où les ressources en eau sont le plus souvent bien moins importantes, voire parfois insuffisantes pour répondre aux besoins quotidiens de leurs populations.
- Voir l’article aqueduc.info : Le bien-être des Suisses dépend de l’eau d’ailleurs.

Patrimoine naturel

Cette expression désigne les formations géologiques et physiographiques et les zones strictement délimitées constituant l’habitat d’espèces animale et végétale menacées, les sites naturels du point de vue de la science, de la conservation ou de la beauté naturelle. Il comprend les parcs et les réserves naturels, les jardins zoologiques et botaniques et les aquariums. (UNESCO, Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel, 1972.)

Géopatrimoine

Le terme regroupe tous les éléments géologiques* (structures géologiques, minéraux, fossiles, formes du relief, eaux, glaciers, etc.) auxquels la société a donné une valeur de patrimoine. En ce sens, comme n’importe quel patrimoine, le géopatrimoine doit être préservé afin de le transmettre aux générations futures. On distingue souvent le géopatrimoine ex situ (des objets, par ex. fossiles, minéraux, qui ont été extraits de leur environnement et déplacés, souvent dans des musées) et le géopatrimoine in situ, qui est en place. Dans ce cas, on parle de géosites ou de géotopes (l’usage de la racine grecque ou latine dépend de l’aire culturelle : dans les pays anglo-saxons, en Italie et en France, c’est géosite qui domine ; dans l’aire germanophone, on parle de Geotope (en Suisse romande, on utilise souvent le terme de géotope, par analogie avec l’allemand). Pour les géosites géomorphologiques (les formes du relief), un néologisme a été créé en 2001 : les géomorphosites. (Emmanuel Reynard)
* au sens large, incluant aussi l’hydrologie.

Tourisme

Ce terme comprend les activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours dans les lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs non liés à l’exercice d’une activité rémunérée dans le lieu visité. (Définition proposée en 2001 par un groupe de travail ONU, UE, OCDE et OMT.

Tourisme durable
Mode de tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil. (Organisation Mondiale du Tourisme- OMT)

Écotourisme
Cette terminologie renvoie à certains principes particuliers qui la distinguent de la notion plus large de tourisme durable, à savoir : l’interprétation et la protection du patrimoine naturel et culturel ainsi que la prise en compte des communautés locales et indigènes. (Déclaration de Québec sur l’écotourisme, 2002)

Géotourisme
Le géotourisme est une forme de tourisme à l’interface entre le tourisme culturel et l’écotourisme. Il soutient et renforce les caractéristiques environnementales, culturelles, esthétiques et patrimoniales d’un espace et le bien-être de ses habitants (National Geographic Society.) et l’une de ses composante est la valorisation du patrimoine géologique (Déclaration d’Arouca, 2011). Le géotourisme propose aux hôtes des activités (visites guidées, expérimentations) et des offres (panneaux, brochures, applications mobiles, cartes géotouristiques) spécifiques visant à vulgariser les sciences de la Terre.




Infos complémentaires

Voir les autres articles aqueduc.info du dossier "Eau et tourisme" :

  1. Du bon usage de l’eau pour un tourisme durable (interview E.Reynard)
  2. Une quête de bien-être
  3. Menaces sur la ressource
  4. Incertitudes climatiques
  5. Patrimoines valaisans

- Tous les articles de ce dossier sont rassemblés dans un document PDF (A4, 21 pages). Cliquer sur l’image pour le télécharger.

- Voir aussi la Lettre aqueduc.info n°127 de novembre 2017.

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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