AccueilInfosAnnées précédentesAnnée 2005

29 novembre 2005.

Eau et changements climatiques : l’Europe sous pression

Les années chaudes se suivent et l’Europe n’a pas connu de (...)

Les années chaudes se suivent et l’Europe n’a pas connu de changements climatiques de cette ampleur depuis 5’000 ans. Rien qu’au cours de l’été 2003, 10 % des glaciers alpins ont disparu. Au rythme actuel, d’ici 2050, les trois quarts des glaciers suisses auront fondu. C’est le dernier diagnostic en date de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), à Copenhague, qui en tire une autre conclusion : l es décideurs politiques, les entreprises et les particuliers doivent agir dès maintenant sur un éventail de problématiques environnementales ou en payer un prix très élevé plus tard.

Intitulée « L’environnement en Europe : état et perspectives 2005 », l’évaluation quinquennale menée par l’AEE dans 31 pays (les 25 pays de l’Union européenne, la Bulgarie, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Roumanie, la Turquie et la Suisse) souligne les nombreux défis à relever, dont celui du changement climatique. Autres sujets de préoccupation : la biodiversité, les écosystèmes marins, les ressources terrestres et aquatiques, la pollution atmosphérique et la santé publique.

Selon le rapport de l’AEE, la température moyenne en Europe a augmenté de 0,95 °C au cours du XXe siècle, ce qui représente une augmentation supérieure de 35 % à la hausse de la température moyenne de la planète, qui est de 0,7 degré. Qui plus est, la température continuera de monter. L’Union européenne a reconnu ce phénomène et s’est fixé un objectif qui est de limiter si possible cette hausse à l’échelle mondiale à 2 degrés au-dessus du niveau de l’époque préindustrielle.

La demande en eau continue d’augmenter

Le rapport européen met également le doigt sur l’augmentation de la demande en eau, plus particulièrement dans le secteur des ménages. Dans les nouveaux États membres de l’Union européenne, la consommation d’eau par les ménages devrait augmenter de 70 % au cours de la prochaine décennie. On utilise également plus d’eau pour irriguer les cultures vivrières, particulièrement en Europe du Sud où on observe déjà des signes de stress hydrique. Les changements climatiques ne peuvent qu’aggraver et intensifier ce problème. La question de la disponibilité à long terme de réserves abondantes et fiables d’eau non contaminée va prendre de l’importance dans le contexte des actions futures d’aménagement du territoire, plus particulièrement autour de la Méditerranée.

Les glaciers : capital « eau » de la Suisse

Interrogé par l’ATS, Martin Beniston, directeur de l’institut de géographie à l’Université de Fribourg, rappelle tout d’abord que les glaciers permettent d’alimenter les rivières à la fin de l’été et au début de l’automne - la période la plus sèche de l’année - en attendant le retour des pluies. Si ce mécanisme disparaît, il existe un risque de voir certaines rivières s’assécher durant cette période. Avec d’inévitables problèmes liés à l’irrigation des cultures ou à la gestion des barrages qui risquent de se remplir de manière insuffisante.

La fonte des glaces a également un impact émotionnel important en Suisse. Les glaciers font partie du patrimoine naturel du pays et constituent une "carte de visite" pour les touristes, relève l’expert. Celui-ci ne craint en revanche pas un manque d’approvisionnement en eau potable. "Le domaine alpin capte suffisamment de pluies tout au long de l’année", explique-t-il.

L’eau est la seule ressource importante de la Suisse

Quatre à cinq mille kilomètres de cours d’eau (à peu près 10 % de l’ensemble du réseau de distribution d’eau suisse) ont été déviés pour produire de l’énergie hydroélectrique. En outre, les zones habitées, l’agriculture, les entreprises et l’industrie exploitent toutes le cycle naturel de l’eau (essentiellement pour la consommation d’eau potable), épuisant de la sorte cette source précieuse. Les eaux souterraines procurent 80 % du volume total d’eau potable. Ces sources sont polluées par les nitrates, les résidus de pesticides et les hydrocarbures. Les substances nutritives et les pesticides présents dans l’eau proviennent en général de l’agriculture intensive (principalement des engrais, du labourage du sol et du contrôle des ravageurs), ainsi que des zones habitées et urbaines (utilisation de pesticides). Les hydrocarbures présents dans l’eau émanent essentiellement des transports, des entreprises et de l’industrie. (Rapport de l’AEE : perspectives nationales suisses)


Sources : « L’environnement en Europe : état et perspectives 2005 »
(Rapport de l’AEE), dépêche de l’ATS, Agence télégraphique suisse.

Liens
- Rapport de l’AEE « L’environnement en Europe : état et perspectives 2005 » (en anglais)
- Résumé du rapport AEE en français (document pdf)




Mots-clés

Glossaire

  • Débit résiduel

    Volume d’écoulement qui subsiste après un prélèvement dans un cours d’eau (par exemple pour des besoins d’irrigation ou de production d’énergie). Maintenir un minimum de débit et de profondeur d’eau en aval d’une installation est absolument indispensable pour préserver la qualité de l’eau, assurer la recharge des nappes souterraines, protéger la faune et la flore et offrir des possibilités de loisirs. En Suisse, le débit résiduel minimal à garantir dans les cours d’eau à débit permanents est défini par la législation fédérale.

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


Contact Lettre d'information