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24 novembre 2005.

Des internautes dialoguent sur « l’eau, source épuisable »

En France, le site « forums » du Premier Ministre est régulièrement (...)

En France, le site « forums » du Premier Ministre est régulièrement ouvert à des prises de température de l’opinion des internautes français sur toutes sortes de sujets. Cet automne, du 26 septembre au 23 novembre, le thème « eau et santé, eau et rareté, eau et nature, eau et vie économique » a recueilli quelque 400 messages. Ce forum servait également de complément à la consultation nationale sur l’eau organisée par le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable afin de déterminer les futures orientations de la politique de l’eau en France. On trouvera ici quelques éléments extraits de la synthèse finale de ce forum.

1. Une prise de conscience collective

L’opinion des internautes a évolué en cours de route. Dans les premiers temps, la rareté de l’eau a été de nombreuses fois mise en doute. La terre étant constituée à 90 % d’eau, il pouvait paraître contradictoire pour certains de parler de pénurie. Les internautes ont finalement distingué la quantité illimitée d’eau existante de la quantité d’eau potable disponible.

Afin de faire comprendre à l’ensemble de la population la nécessité d’adopter un comportement plus responsable en matière de consommation d’eau, les internautes ont souligné l’importance d’expliquer la réalité de la situation sur l’accessibilité de l’eau. Pourtant, un simple appel au civisme des individus semble insuffisant pour voir une évolution dans la consommation d’eau de chacun.

2. Les conséquences de la pollution

Les internautes font unanimement le constat de la pollution de l’eau comme conséquence de l’action de l’homme. La détection des substances apparaît comme le premier pas dans la préservation et la lutte contre la pollution. Mais certains internautes s’inquiètent par exemple des substances non répertoriées dont la toxicité ne peut être évaluée.

Les internautes sont en majorité confiants dans la qualité de l’eau distribuée aux particuliers, mais quelques-uns font un rapprochement avec certaines épidémies de gastro-entérite. Une transparence dans la publication de la qualité de l’eau est souhaitée par de nombreux internautes.

L’opposition entre la ressource naturelle et l’économie est souvent regrettée par les participants qui considèrent la logique de marché d’une entreprise inconciliable avec les impératifs sanitaires. Un intervenant craint par exemple que " de façon insidieuse, on nous laisse entendre que le pays se désertifie, que la planète se réchauffe, que l’eau va devenir de plus en plus rare. Bref on nous prépare à mettre la main au portefeuille pour l’enrichissement de certains".

3. La responsabilisation des acteurs

Les internautes ne s’incluent pas souvent dans la société gaspilleuse qu’ils dénoncent. Les actions à mener seraient faciles, comme le fait de ne pas faire "couler l’eau quand on se brosse les dents, qu’une douche est plus « écologique » qu’un bain, etc." Mais dans les faits, les changements de comportements sont plus compliqués.

Les participants ont souvent accusé les agriculteurs d’être les premiers consommateurs d’eau, notamment par la production de maïs. D’ailleurs, dit l’un d’eux, "ce sont les mêmes qui touchent des subventions pour calamité sécheresse". Mais d’autres voient au contraire dans la mobilisation des particuliers le début d’une prise de conscience des professionnels sur l’importance de préserver l’eau.

Les participants ne voient qu’une augmentation incessante du prix de l’eau sans réelle contrepartie dans la qualité. Ils souhaitent que l’Etat renforce ses contrôles et les sanctions en cas de manquement afin de responsabiliser ces sociétés commerciales en charge d’un bien vital pour l’homme. L’implication de l’Etat dans la préservation de l’eau est généralement saluée par les internautes. Mais son périmètre d’intervention est jugé trop limité pour être satisfaisant, notamment en matière de contrôle et de règlementation.

4. Les actions à mener

La lutte contre le gaspillage doit passer par la promotion de gestes simples et des aménagements peuvent être pris par les particuliers pour augmenter les économies. Afin d’inciter les particuliers à moins consommer, les internautes proposent de mettre en place un barème de prix lié au volume consommé. " Quarante mètres cubes par personne, écrit l’un d’eux, ce pourrait être la quantité à laquelle tout le monde aurait droit, pour une somme modique ; Après : plus on use, plus on paye. Aujourd’hui, c’est le contraire : plus on en use, moins on la paye cher. C’est une injustice pour les moins riches, et une aberration écologique".

Les participants ont souvent expliqué le manque d’implication des citoyens par le manque de connaissance sur la question de l’eau. Une meilleure communication auprès de l’ensemble de la population permettrait d’agir sur le comportement de tous. Les internautes comptent sur l’Etat pour diriger les campagnes d’incitation ainsi que sur l’éducation scolaire pour soutenir les bons comportements, mais également sur les sociétés distribuant l’eau.

Des internautes estiment que le marché de l’eau ne doit pas exclure certaines personnes de l’accès à l’eau. Ils proposent que la progressivité du prix de l’eau implique un plafond pour les personnes en difficulté. D’autres souhaitent multiplier les associations pour impliquer les citoyens dans le contrôle et les décisions relatives à la distribution de l’eau au niveau local.

Les « forums » sur le site du Premier Ministre français



Mots-clés

Glossaire

  • Débit résiduel

    Volume d’écoulement qui subsiste après un prélèvement dans un cours d’eau (par exemple pour des besoins d’irrigation ou de production d’énergie). Maintenir un minimum de débit et de profondeur d’eau en aval d’une installation est absolument indispensable pour préserver la qualité de l’eau, assurer la recharge des nappes souterraines, protéger la faune et la flore et offrir des possibilités de loisirs. En Suisse, le débit résiduel minimal à garantir dans les cours d’eau à débit permanents est défini par la législation fédérale.

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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