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1er septembre 2011.

Début d’inventaire des poissons dans les lacs alpins

C’est une première. Une équipe de chercheurs, encadrée par (...)

C’est une première. Une équipe de chercheurs, encadrée par l’Institut de recherche de l’Eau du domaine des Écoles polytechniques fédérales (Eawag) et du Musée d’histoire naturelle de Berne, s’est attelée à un inventaire scientifique et systématique des espèces de poissons des lacs alpins et périalpins. Plus de 8’000 poissons appartenant à 29 espèces ont déjà été pêchés dans les lacs de Morat (Suisse), d’Annecy et du Bourget (France). Et on commence à en savoir un peu plus sur la perte de biodiversité de ces lacs.

On connaît encore mal les espèces vivant dans les grands lacs d’Europe. Dans la plupart des cas, les seules données disponibles sont les statistiques de la pêche. On sait quelles espèces et combien de poissons sont capturés et combien sont relâchés, mais on ignore l’étendue réelle de leur diversité.

En 2010, Année internationale de la biodiversité, l’EAWAG et le Musée d’histoire naturelle de Berne ont lancé un projet destiné à faire un peu de lumière sur les profondeurs des lacs : des pêches systématiques sont organisées et les espèces trouvées sont identifiées, mesurées et photographiées et les statistiques des captures analysées. Ce ‘Projet Lac’ doit également permettre de mieux comprendre pourquoi la diversité des espèces et la composition de la biocénose peuvent varier d’un lac à l’autre et quelles raisons écologiques entraînent l’apparition ou la disparition d’espèces.

L’enjeu n’est pas seulement d’acquérir des connaissances scientifiques, mais aussi de conserver les populations de poissons des lacs alpins et périalpins. Au Musée d’histoire naturelle de Berne, une vaste collection de poissons et d’échantillons de tissus a été et servira de référence pour les futurs travaux de recherche sur le plan international. D’autres inventaires sont prévus cette année encore, notamment dans les lacs de Joux, de Brienz, de Neuchâtel et de Lugano.

Jusqu’ici trois lacs ont fait l’objet de pêches, le lac de Morat ainsi que les deux lacs français d’Annecy et du Bourget. Plus de 8’000 poissons et 29 espèces ont été inventoriés. Les résultats du lac de Morat montrent que plus d’un tiers des espèces de poissons décrites en 1840 ont disparu. Les biotopes structurés du lac, qui jouent un rôle important pour les poissons, ont diminué de 30%. Et près de 30 % des rives sont aujourd’hui artificielles et construites. Enfin, l’oxygène qui permettrait la survie des espèces de poissons vivant en eau plus profonde, manque à partir de 20 mètres de profondeur.

Les chercheurs ont découvert des espèces jusqu’ici inconnues dans le lac de Morat : des gardons rouges, des loches de rivière et une carpe prussienne. Dans leur diagnostic, ils notent que la pêche, professionnelle et de loisir, a un impact sélectif sur la composition des espèces : les pêcheurs capturent proportionnellement trop de sandres, de brochets et de silures par rapport à l’importance de leur présence dans le lac. (Source : Eawag)




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  • La vie, plusieurs eaux

    “Il y a plusieurs durées dans votre vie. Il y a plusieurs eaux mélangées dans le temps. L’enfance fait comme un courant profond dans la rivière du jour. Vous y revenez souvent, comme on revient chez soi après beaucoup d’absence.” (Christian Bobin, "La part manquante", 1989)

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  • Robinet

    Le mot vient de Robin, un sobriquet que jadis, dans les récits moyenâgeux, on donnait au mouton. Chez Rabelais par exemple. On l’employa ensuite pour désigner la pièce - souvent décorée d’une tête stylisée de mouton ou de bélier - installée sur le tuyau d’écoulement d’une fontaine pour fermer, ouvrir ou régler son débit d’eau. L’expression "tenir le robinet" signifiait d’ailleurs : user d’une chose à sa volonté. On notera que pour parler du robinet la langue allemande utilise le mot ... "Hahn", le coq !


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