AccueilInfosDossiersEscales culturelles à La Chaux-de-Fonds

2003.

De quelques spécialités jurassiennes modelées par l’eau

La chaîne du Jura est née dans l’eau. Ses roches, formées dans la (...)

La chaîne du Jura est née dans l’eau. Ses roches, formées dans la mer tropicale qui recouvrait presque toute l’Europe il y a des millions d’années, appartiennent à la famille des calcaires. Contrairement à la plupart des roches qui se désagrègent par érosion mécanique, les calcaires ont cette particularité de se dissoudre dans l’eau. Et c’est cette érosion chimique ou "karstique" qui a façonné le paysage et le sous-sol jurassiens. Petit lexique emprunté à Denis Blant et Pierre-Yves Jeannin*.

Bassins fermés

Étendues sur lesquelles tout écoulement d’eau vers l’aval se fait par le fond du bassin, c’est-à-dire par une voie souterraine au travers d’une perte (voir ce mot).

Cluses et gorges

Les gorges jurassiennes sont des vallées profondes entaillées dans les couches calcaires. Si une gorge traverse un anticlinal (pli géologique convexe = crête) de manière transversale, on parle de cluse.

Crêts et combes

Éléments typiques du paysage jurassien : les crêts sont caractérisés par les reliefs formés de roches résistantes parallèles aux plissements anticlinaux et dominent les combes, creusées par l’érosion des couches marneuses plus tendres.

Dolines

Dépressions plus ou moins circulaires de quelques mètres de diamètre : elles constituent les lieux d’infiltration préférentielle des eaux. Elles se sont formées par dissolution du fond rocheux provoquant un effondrement circulaire. On les rencontre en particulier à la limite de formations rocheuses différentes (perméables et imperméables) ou le long de fractures géologiques.

Grottes et gouffres

On compte plus de 10’000 cavités souterraines dans l’arc jurassien franco-suisse. Elles s’ouvrent pour la plupart dans les deux grands bancs calcaires du Jurassique moyen et supérieur qui reposent eux-mêmes sur des assises marneuses étanches qui empêchent l’eau de descendre plus en profondeur.

Lapiés (lapiaz, lapiez)

Formes rocheuses résultant de la dissolution liée à l’écoulement de l’eau à la surface des dalles calcaires. L’érosion découpe la surface de la roche en sillons, rigoles ou crevasses dont les bords peuvent parfois présenter des arêtes aiguës.

Pertes et emposieux

Les terrains karstiques comportent souvent des lieux où l’eau s’infiltre sous terre de manière concentrée : il s’agit de pertes, appelées localement emposieux.

Ronde

Source noyée, autrement dit émergence de l’eau phréatique dans une dépression du terrain. L’eau ne s’écoule pas en torrent sur le sol, mais sourd imperceptiblement au fond d’une mare, dont elle s’écoule ensuite par un émissaire : ruisseau ou rivière. L’aspect circulaire du plan d’eau a donné cette appellation locale à ce type de source.

Vallées sèches Vallées qui ne présentent pas d’écoulement d’eau superficiel permanent. L’écoulement se fait par les conduits karstiques souterrains en période normale, mais ces vallées peuvent fonctionner occasionnellement comme déversoirs de crue.




Infos complémentaires

Référence

* "Des eaux...
à tous les niveaux"

par Denis Blant et Pierre-Yves Jeannin,
de l’Institut suisse de spéléologie et de karstologie,
dans "Point(s) d’eau",
édité par la Direction des Affaires culturelles de la Ville de La Chaux-de-Fonds,
mars 2003, pages 31-45.


JPEG - 6.5 ko
Le Doubs,
près du Chatelot
(Photo Suisse Tourisme)

Mots-clés

Agenda

Mot d’eau

  • Le Lac

    “Si près qu’ils approchent du lac, les hommes n’en deviennent pas pour ça grenouilles ou brochets. Ils bâtissent leurs villas tout autour, se mettent à l’eau constamment, deviennent nudistes… N’importe. L’eau traîtresse et irrespirable à l’homme, fidèle et nourrissante aux poissons, continue à traiter les hommes en hommes et les poissons en poissons. Et jusqu’à présent aucun sportif ne peut se vanter d’avoir été traité différemment”. (Henri Michaux, "La nuit remue", 1935)

Glossaire

  • Limnologie

    Père de la limnologie (du grec "limné", lac, étang), le savant suisse François-Alphonse Forel (1841-1912) parlait d’elle comme de "l’océanographie des lacs". Il la définissait comme la "science des eaux continentales, des eaux stagnantes réunies dans des bassins limités et profonds, qui ne sont ni des fleuves ou rivières, ni des marais ou étangs, ni des eaux souterraines". Aujourd’hui, cette discipline a pris le sens plus large d’étude de tous les aspects écosystémiques des lacs et des grands réservoirs naturels d’eau douce à ciel ouvert.


Contact Lettre d'information