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6 septembre 2010.

De l’intérêt d’utiliser des eaux usées dans l’agriculture

C’est un rapport de la FAO qui le dit : recycler les eaux usées (...)

C’est un rapport de la FAO qui le dit : recycler les eaux usées urbaines et les utiliser pour l’agriculture vivrière peut contribuer à atténuer les problèmes de pénuries d’eau et à réduire la pollution de l’eau. Mais, constatent les experts, cette pratique n’est pas aussi répandue qu’elle le devrait.

En fait, lit-on dans ce nouveau document (*) publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture à l’ouverture de la traditionnelle Semaine mondiale de l’eau de Stockholm, cette pratique a déjà cours dans une cinquantaine de pays - notamment en Espagne et au Mexique - sur une superficie correspondant à 10 % des terres irriguées de la planète. Cette thématique n’est pas vraiment nouvelle puisqu’en 1994 déjà le Programme des Nations unies pour le développement et la Banque mondiale avaient édité un guide en la matière.

L’utilisation de l’eau recyclée dans l’agriculture, explique la FAO, apporte une réponse, parmi d’autres, aux problèmes de pénurie d’eau. C’est une option de plus en plus envisagée là où la croissance démographique, la récurrence des sécheresses ou les changements climatiques entraînent une augmentation de la demande en eau d’irrigation pour la production agricole, étant entendu que des eaux non traitées ne peuvent être en aucun cas utilisées pour l’irrigation, en raison de leur contamination chimique et biologique par les rejets des animaux et des hommes.

La pollution provoquée par les grands volumes d’eaux usées, peu ou mal traitées, en provenance des villes en constante expansion et qui contaminent les eaux de surface, voire les nappes souterraines, est aussi une cause de stress hydrique. À quoi s’ajoute le fait que parfois, en période de grave pénurie, l’eau des agriculteurs est détournée vers les villes pour motif qu’elle aurait une valeur économique plus élevée quand elle est destinée à des usages urbains et industriels plutôt qu’à la production vivrière. Utiliser des eaux usées dans l’agriculture, selon la FAO, aurait donc pour premier avantage d’atténuer cette concurrence, puisque de cette façon elle permettrait d’augmenter la disponibilité d’eau douce pour répondre aux besoins des villes.

"Les avantages contrebalancent les coûts"

"Si la réutilisation des eaux usées pour l’agriculture n’est pas le seul moyen d’affronter les problèmes de pénurie et de pollution, c’est dans de nombreux cas une solution extrêmement rentable, comme en témoigne le nombre croissant de programmes de réutilisation présentés dans ce rapport", explique Pasquale Seduto, directeur adjoint de la Division des terres et des eaux de la FAO.

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À Louxor (Égypte) : station d’épuration pour le traitement d’eaux destinées à l’irrigation (© FAO/Rosetta Messori)

Cela dit, installer des systèmes performants de traitement et de recyclage d’eaux usées entraîne des investissements de départ et des coûts d’exploitation assez conséquents. La FAO préconise en tout cas de procéder préalablement à une évaluation économique qui prenne en compte l’ensemble du bassin versant ainsi que les besoins et les avantages que pourront en tirer les différents utilisateurs. Car les usages agricoles ne suffiront pas, à eux seuls, à justifier ce genre de dépenses.

Sous l’angle des avantages potentiels, on notera que de tels aménagements permettent en principe aux agriculteurs de faire quelques économies, et cela de plusieurs manières : en réduisant les frais de pompage des eaux souterraines et les achats de fertilisants du fait de la présence de nutriments dans les eaux usées et, peut-être un jour, en récupérant comme source d’énergie le biogaz issu de l’épuration. (Source : information FAO)


(*) Le rapport "The Wealth of Waste : The Economics of Wastewater Use in Agriculture" (en anglais) peut être téléchargé sur le site de la FAO




Infos complémentaires

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Oasis de Siwa (Égypte) : canal d’irrigation d’eaux usées mêlées d’eaux souterraines
(© FAO/Rosetta Messori)


La France définit les conditions de l’usage d’eaux usées pour l’irrigation

Par arrêté publié au Journal officiel du 31 août, les autorités françaises ont fixé "les prescriptions sanitaires et techniques applicables à l’utilisation d’eaux usées traitées à des fins d’irrigation de cultures ou d’espaces verts".

Il s’agit, précise le document, de "garantir la protection de la santé publique, de la santé animale et de l’environnement ainsi que la sécurité sanitaire des productions agricoles". Le texte précise donc les eaux qui peuvent être utilisées, à savoir les eaux usées traitées issues des stations d’épuration, mais également celles issues des installations d’assainissement non collectif, ainsi que les normes sanitaires et techniques pour leur traitement.

Quiconque - exploitant ou propriétaire de station d’épuration ou de parcelles à irriguer - qui souhaite user de cette possibilité doit préalablement soumettre une demande en bonne et due forme à l’administration départementale. S’il obtient l’autorisation nécessaire, son bénéficiaire doit ensuite mettre en place un programme de surveillance comportant, entre autres, un suivi rigoureux de la fameuse bactérie intestinale Escherichia coli (colibacille), cause de nombreuses gastro-entérites dont la gravité, chez de jeunes enfants, peut se révéler mortelle. L’arrêté prévoit également que l’exploitant de chaque parcelle irriguée procède à une analyse du sol au minimum une fois tous les dix ans.

- Le texte de l’arrêté est disponible sur le site officiel Légifrance

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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