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5 octobre 2017.

Dans 70 ans, les glaciers de Suisse centrale auront quasi disparu

D’ici l’an 2090, 90% des glaciers encore visibles dans les Alpes de (...)

D’ici l’an 2090, 90% des glaciers encore visibles dans les Alpes de Suisse centrale auront sans doute pratiquement tous fondu, provoquant alors une modification importante du bilan hydrique régional. Ce qui revient à dire que celles et ceux qui naissent aujourd’hui pourront voir probablement des paysages complètement libérés de leurs glaces. C’est l’une des conclusions auxquelles sont parvenus des chercheurs de l’Université de Fribourg, mandatés par la Commission de surveillance du Lac des Quatre-Cantons.

Les chercheurs se sont basés sur des inventaires détaillés des glaciers du bassin versant de la Reuss qui alimente le sud du Lac des Quatre-Cantons – inventaires disponibles depuis le milieu du 19e siècle - mais ils ont principalement porté leur analyse sur leur évolution entre les années 1973 et 2010. Ils ont constaté que durant cette période, ces glaciers ont rétréci de 15 kilomètres carrés et perdu 1,4 kilomètre cube de volume.

Partant de l’hypothèse que d’ici la fin du siècle le climat pourrait se réchauffer de 2 à 4 degrés, ils estiment que pratiquement tous les glaciers du canton d’Uri et de la Suisse centrale – à l’image du plus grand d’entre eux, le Hüfifirn – auront à ce moment-là perdu la presque totalité des 60 km2 de surface et 2,5 km3 de volume qui leur restent aujourd’hui.

Nouveaux lacs de montagne en vue

Qui dit retrait et disparition des glaciers, dit aussi changement fondamental des paysages. Au cours des siècles, le mouvement continu des masses de glace a fortement érodé le substrat rocheux des glaciers et creusé ici et là des dépressions plus ou moins profondes. Avec la fonte des glaces, ces cuvettes vont probablement se remplir d’eau et donner naissance à de nouveaux lacs dont il est actuellement difficile de prévoir les risques de débordement ou les opportunités d’exploitation.

On a déjà en Suisse plusieurs exemples de tout nouveaux lacs de glaciers, notamment à Grindelwald, au pied du glacier du Trift ou à la langue du glacier du Rhône. Dans la région étudiée par les chercheurs de l’Université de Fribourg, le Hüfisee est né après le retrait du Hüfifirn comme en témoigne la comparaison entre les deux cartes swisstopo (1957 et 2013) ci-dessous.

Modification des régimes hydrologiques

La disparition des glaciers, qui jusqu’ici représentaient d’importants réservoirs d’eau, aura de toute évidence un impact en aval sur les écoulements d’eau et sur la recharge des nappes souterraines, surtout pendant les mois d’été. Tant qu’ils existent, le régime des cours d’eau locaux ne changera guère, sauf qu’avec les changements climatiques, les ruissellements commenceront plus tôt dans l’année.

Vers la fin du siècle, même si les évolutions futures restent liées à de grandes incertitudes scientifiques, l’apport d’eau du bassin versant de la Reuss au Lac des Quatre-Cantons pourrait perdre 60% de son volume actuel durant les mois d’août et de septembre. En cas de sécheresse prononcée voire plus fréquente, l’approvisionnement en eau pourrait se révéler problématique. (Source : Bureau de protection de l’environnement, Canton d’Uri)

- Le rapport de l’Université de Fribourg – Universität Freiburg, Teilprojekt Gletscherszenarien EZG Reuss/Vierwaldstättersee, Schlussbericht, März 2017 – est disponible en allemand sur le site officiel du Canton d’Uri.




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Mot d’eau

  • Le Lac

    “Si près qu’ils approchent du lac, les hommes n’en deviennent pas pour ça grenouilles ou brochets. Ils bâtissent leurs villas tout autour, se mettent à l’eau constamment, deviennent nudistes… N’importe. L’eau traîtresse et irrespirable à l’homme, fidèle et nourrissante aux poissons, continue à traiter les hommes en hommes et les poissons en poissons. Et jusqu’à présent aucun sportif ne peut se vanter d’avoir été traité différemment”. (Henri Michaux, "La nuit remue", 1935)

Glossaire

  • Limnologie

    Père de la limnologie (du grec "limné", lac, étang), le savant suisse François-Alphonse Forel (1841-1912) parlait d’elle comme de "l’océanographie des lacs". Il la définissait comme la "science des eaux continentales, des eaux stagnantes réunies dans des bassins limités et profonds, qui ne sont ni des fleuves ou rivières, ni des marais ou étangs, ni des eaux souterraines". Aujourd’hui, cette discipline a pris le sens plus large d’étude de tous les aspects écosystémiques des lacs et des grands réservoirs naturels d’eau douce à ciel ouvert.


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