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8 août 2013.

Cinq scénarios sur l’avenir de l’eau en France

La France va-t-elle continuer de gérer son environnement comme (...)

La France va-t-elle continuer de gérer son environnement comme elle le fait depuis vingt ans ? Va-t-elle laisser les préoccupations économiques et sociales prendre le pas sur les préoccupations écologiques ? Va-t-elle ouvrir son portemonnaie pour préserver ses milieux naturels ? Les prises de responsabilité locales vont-elles se faire au détriment de la cohérence nationale ? Ou bien attendra-t-on une catastrophe écologique majeure pour changer de comportements ? Mandaté par le Commissariat général au développement durable, un groupe d’une trentaine d’experts vient de publier sous la forme de cinq scénarios la synthèse de trois ans de travaux sur les relations entre eau, milieux aquatiques et territoires au niveau national, à l’horizon 2030.

"Ces dernières décennies, lit-on dans la synthèse de cette recherche prospective, ont été marquées par une prise de conscience de plus en plus forte des pressions que l’être humain exerce sur l’eau et les milieux aquatiques et du nécessaire équilibre à maintenir entre ses besoins et la capacité de ces systèmes à y répondre. Si la préservation des milieux aquatiques et de l’eau ainsi que les risques qui lui sont liés, font l’objet de politiques publiques, leurs articulations avec les dynamiques et enjeux socio-économiques des territoires peuvent se révéler complexes et donc difficiles à appréhender."

Pour les experts impliqués dans cette réflexion commune, il s’agissait moins de fournir des données et des chiffres sur l’évolution des ressources et des demandes que de clarifier les enjeux, analyser les impacts sur les territoires et suggérer quelques "marges de manœuvre" que les responsables des politiques publiques de l’eau et des milieux aquatiques feraient bien d’explorer sans attendre.

Partant de l’hypothèse fort probable que "l’évolution future des territoires ne suivra pas une trajectoire identique à celle du présent" et que nombre d’incertitudes se font jour quant aux disponibilités à venir de l’eau, aux usages croissants et pressions de toutes sortes (surexploitations, pollutions, changements climatiques, etc.) sur cette ressource, ce groupe d’experts a opté pour la rédaction de cinq scénarios exploratoires qui vont de la poursuite des tendances actuelles au choix de technologies douces.


Scénario 1 : Tendanciel
Ce "scénario de référence" se caractérise par une poursuite des dynamiques mondiales, régionales et nationales équivalentes à celles de ces vingt dernières années. Il ne comporte aucune rupture majeure, qu’elle soit économique, sociale, écologique ou de gouvernance.

Scénario 2 : À vau l’eau, la crise
Dans ce scénario, le pays s’enlise dans la crise. Les revenus baissent, la précarité et les inégalités s’accroissent. Les préoccupations économiques et sociales prennent le pas sur les préoccupations environnementales : il faut s’attendre entre autres à une augmentation des pollutions organiques, à la détérioration des réseaux et des ouvrages, à l’accroissement des prélèvements hors réseau, ou encore à la surexploitation des nappes phréatiques.

Scénario 3 : Techno-garden, anthropisation
Suite à une intensification des événements climatiques extrêmes, les ménages davantage sensibilisés aux problèmes écologiques acceptent plus facilement de payer pour l’environnement à défaut de changer de comportement. Ce scénario devient possible dès lors que le pays sort de la crise et mise sur de nouvelles capacités technologiques et une plus grande maîtrise des risques.

Scénario 4 : Des régions solidaires ou solitaires ? Le local
Ce scénario, qui prend acte de la fréquence accrue des crises écologiques, se caractérise par une décentralisation des pouvoirs nationaux en matière de gestion environnementale, ce qui a pour conséquences, et le repli local à l’échelle des régions et la prise d’initiatives des acteurs locaux qui ne tiennent pas forcément compte de la cohérence nécessaire entre les territoires et qui engendrent d’éventuelles inégalités régionales.

Scénario 5 : Le choix des technologies douces
Ce scénario se caractérise par une suite de catastrophes écologiques majeures et d’événements climatiques extrêmes provoquant dans les opinions publiques une forte montée des préoccupations environnementales. Le respect des écosystèmes passe au premier plan, la priorité est mise sur le recours à des technologies douces, les usagers prennent conscience de la nécessité de restreindre leurs prélèvements et de veiller à la bonne qualité des ressources en eau.

-  Référence du document, voir en haut de page.




Infos complémentaires

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Ministère français de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Commissariat général au développement durable, Études & documents, "Eau, milieux aquatiques et territoires durables 2030", Synthèse de l’exercice de prospective, août 2013.
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Mots-clés

Mot d’eau

  • Entre la ressource et la source, comment dire l’eau avec justesse ?

    " Entre l’expérimentation du chimiste qui dit clairement la composition de l’eau mais en oublie l’usage, et l’expérience des usagers qui en vivent les troubles, les dangers et les surprises, y a-t-il une place pour une épreuve de soi et du monde qui dise l’eau au lieu de ne faire qu’en parler ? " (Jean-Philippe Pierron, "La Poétique de l’eau")

Glossaire

  • Pompage-turbinage

    C’est un type de centrale hydroélectrique qui permet de stocker de l’énergie électrique potentielle par le biais de deux bassins d’accumulation situés à des altitudes différentes. L’eau du réservoir supérieur, qui sert à produire de l’électricité par turbinage, se déverse dans le réservoir inférieur. Et lorsque la demande d’énergie électrique est faible, cette eau est pompée vers le bassin du haut pour y être stockée et plus tard turbinée à nouveau. Il est ainsi possible d’établir un équilibre entre l’offre et la demande sur le marché de l’électricité.


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