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2 octobre 2010.

Carafe ou bouteille ? le choix peut dépendre de la qualité de l’environnement

Selon une récente étude française, la décision prise dans une famille (...)

Selon une récente étude française, la décision prise dans une famille de boire ou non de l’eau du robinet serait influencée par la qualité de son environnement, et notamment par la qualité des eaux brutes, c’est-à-dire des eaux qui n’ont pas encore été rendues potables par un traitement adéquat. Ce constat en appelle un second : si l’on veut améliorer le bien-être des consommateurs, il faut non seulement mieux informer sur la qualité de l’eau du robinet, mais aussi améliorer la qualité des eaux brutes et de l’environnement.

Partant du fait que de nombreux Français (40 % selon certaines enquêtes d’opinion) déclarent ne pas boire l’eau du robinet, des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) ont tenté d’en savoir un peu plus sur les raisons qui pouvaient influencer le choix des consommateurs. Car le choix de l’eau en bouteille a de quoi surprendre quand on sait que la qualité de l’eau distribuée dans les réseaux fait l’objet de contrôles sanitaires rigoureux et que le prix de l’eau en bouteille est au moins une centaine de fois plus élevé que le prix de l’eau du robinet.

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Les enquêtes menées régulièrement auprès d’échantillons représentatifs de la population montrent généralement que les réticences à boire de l’eau du robinet sont générées par le "mauvais goût" de l’eau (on n’apprécie guère, et pour cause, les odeurs de chlore) ou par sa dureté (trop de calcaire), ou encore par crainte de maladies et de risques sanitaires. Ces enquêtes mettent également le doigt sur des différences de comportement en fonction de critères socioéconomiques - l’âge, le niveau d’éducation, la profession, le revenu, le ménage, le type d’habitat, etc. - ou de références culturelles liées à la région de résidence.

Certaines analyses avancent le fait que les consommateurs pourraient également être influencés par les campagnes publicitaires des grandes marques d’eau minérale, qui font la promotion de la ’pureté’ de l’eau en bouteille à grand renfort d’images de sites naturels préservés. D’autres soulignent que les personnes attentives à la dégradation de leur environnement sembleraient faire beaucoup moins confiance à l’eau du robinet.

Dans leur étude, les chercheurs de l’INRA notent que
- compte tenu du prix de l’eau en bouteille comparé à celui de l’eau du robinet, la probabilité de boire de l’eau du robinet est plus grande dans un ménage à bas revenu que dans un ménage aisé, même si la (mauvaise) perception de la qualité de l’eau du robinet est identique
- cette probabilité est également faible chez les personnes âgées qui font moins confiance à l’eau distribuée au robinet : elles représentent d’ailleurs une cible privilégiée des campagnes publicitaires pour les eaux minérales (leurs médecins, aussi, les incitent plus souvent à ce type de consommation qui permet de compenser certaines carences en éléments minéraux)
- on peut constater, d’une région à une autre, certains effets marginaux associés à l’indice de mauvaise qualité des eaux brutes : effets plus modérés dans les régions de montagne (Alpes et Pyrénées) où la qualité des eaux brutes et de l’environnement est globalement meilleure que dans les régions de plaine, effets plus marqués dans des régions comme le Nord et l’Ouest de la France caractérisées par une forte densité de population et une activité industrielle importante entraînant des pollutions des eaux superficielles et souterraines
- à partir de scénarios différents, il apparaît que la probabilité de boire ou non de l’eau du robinet varie en fonction de l’amélioration ou de la détérioration de la qualité des eaux brutes.

Dans leur conclusion, les chercheurs français relèvent que "la confiance que le ménage accorde aux normes édictées ou à leur respect tout comme le niveau d’information qu’il a sur la qualité sanitaire de l’eau du robinet jouent un rôle crucial dans le mode de consommation d’eau qu’il adopte". Cela signifie qu’il ne suffit pas de mieux informer sur la qualité sanitaire de l’eau du robinet, mais qu’il faut aussi améliorer la qualité des eaux brutes et de l’environnement immédiat. (Source : INRA)


- Voir : "Carafe ou bouteille ? Le rôle de la qualité de l’environnement dans la décision du consommateur", Lettre d’information n°2/2010 du Département Sciences Sociales, Agriculture et Alimentation, Espace et Environnement de l’INRA. Document disponible sur le site de l’INRA




Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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