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14 octobre 2015.

Barrage franco-suisse de Chancy-Pougny : 90 bougies et un gros coup de jeune

Dernier ouvrage hydroélectrique sur le Rhône peu avant sa sortie du (...)

Dernier ouvrage hydroélectrique sur le Rhône peu avant sa sortie du territoire suisse, le barrage de Chancy-Pougny est depuis plusieurs années en pleins travaux de modernisation. Renouvellement de concession oblige : la capacité de turbinage et la sécurité de cette centrale au fil de l’eau, mise en service en 1925, sont en train d’être renforcées. De même que ses aménagements environnementaux qui ont également permis à cette installation d’être certifiée 100% écologique.

L’ouvrage de Chancy-Pougny est doublement franco-suisse. D’abord parce qu’il occupe toute la largeur du Rhône, avec le barrage proprement dit côté français (rive droite) et l’usine hydroélectrique côté suisse (rive gauche). Ensuite parce qu’il est exploité par une société mixte - la Société des Forces Motrices de Chancy-Pougny (SFMCP) - comprenant les Services industriels de Genève (SIG), actionnaire majoritaire, et la Compagnie nationale du Rhône (CNR), concessionnaire de l’aménagement et de l’exploitation du fleuve sur territoire français.

Au départ, cette centrale avait été conçue pour alimenter en électricité les usines métallurgiques du groupe Schneider à Montchanin et au Creusot, en Bourgogne. Genève ne commencera à s’y approvisionner qu’à partir de 1958 et couvre aujourd’hui grâce à elle plus de 8% de sa consommation électrique. Les groupes électrogènes d’origine – branchés sur 5 turbines de type Francis - offraient alors une puissance de 6’400 kW pour un débit de 490 m3/s.

Pour obtenir le renouvellement des concessions octroyées par la Suisse et la France arrivant à échéance à la fin des années 1990, la SFMCP a mis en place un vaste projet de rénovation commencé en 2004 et devisé à quelque 190 millions de francs. Les travaux en cours, qui devraient encore durer quatre ou cinq ans, visent principalement à

  • renforcer les structures du barrage pour qu’elles soient conformes aux normes actuelles de prévention des événements sismiques
  • maintenir une capacité d‘évacuation d’une crue milléniale (1’900 m3/s)
  • utiliser le mieux possible les débits du Rhône dont une partie transitait jusqu’ici par les vannes du barrage (le débit d’équipement passera ainsi de 490 à 620 m3/s.)
  • remplacer 4 des 5 turbines Francis par de nouvelles turbines de type Kaplan et installer des groupes électrogènes d’un meilleur rendement et pouvant mieux s’adapter aux variations de débit (la capacité annuelle de turbinage passera alors de 200 à 250 GWh).
  • améliorer la gestion environnementale de l’ouvrage, entre autres par le contrôle de l’érosion naturelle du lit et des berges et la facilitation des migrations de poissons (la passe d’ores et déjà en service se compose de 60 bassins successifs, pour une longueur totale de 250 mètres et un dénivelé de 12 mètres).

Grâce à ces divers aménagements, l’ouvrage hydroélectrique de Chancy-Pougny a obtenu cette année le label de qualité suisse naturmade star pour l’énergie 100 % écologique et renouvelable. Cette certification permettra à la SFMCP de soutenir davantage de projets environnementaux locaux.

L’ensemble des équipements de la centrale sera contrôlé et commandé à distance depuis le centre de conduite des centrales installé au barrage de Verbois, situé à environ
7 kilomètres en amont. (bw)


- Le site de la SFMCP
- En savoir plus sur la certification naturmade




Infos complémentaires

L’usine hydroélectrique de Chancy-Pougny, au fil de l’eau et sans stockage. Ce bâtiment figure à l’inventaire du patrimoine industriel du canton de Genève.

La SFMCP a décidé de maintenir en activité l’un
des 5 groupes électrogènes Schneider d’origine
(sur turbine Francis)

Vue extérieure de l’un
des quatre nouveaux groupes électrogènes
(sur turbine Kaplan)

Intérieur de l’un des quatre nouveaux groupes électrogènes (alternateur Alstom et excitatrice à diodes tournantes ABB,
88 tours/minute)

Vue partielle de la passe
à poissons

Le Rhône en amont
du barrage ...

... et en aval.
(photos aqueduc.info)

Mots-clés

Mot d’eau

  • L’eau des Kennedy

    Celui qui pourra résoudre les problèmes de l’eau méritera deux Prix Nobel : un pour la paix et un pour la science. (John F. Kennedy) - Nous sommes témoins de quelque chose d’inédit : l’eau ne coule plus vers l’aval, elle coule vers l’argent. (Robert F. Kennedy)

Glossaire

  • La clepsydre

    C’est, comme le sablier, l’un des plus anciens instruments de mesure du temps qui passe. Il s’agissait le plus souvent d’un vase conique, percé d’un trou à sa base, laissant s’écouler l’eau goutte à goutte. Comme sa face interne comportait des graduations horaires, il suffisait d’observer le niveau de remplissage pour savoir combien d’heures s’étaient écoulées depuis le coucher du soleil.


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