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22 mars 2018.

Au milieu du Pacifique flottent 80’000 tonnes de plastique

Les experts l’ont baptisée GPGP. Great Pacific Garbage Patch. Cette (...)

Les experts l’ont baptisée GPGP. Great Pacific Garbage Patch. Cette grande zone de déchets qui flotte au milieu du Pacifique Nord entre les côtes de Californie et l’archipel d’Hawaï est connue depuis une vingtaine d’années. Mais prendre la mesure de cette immense décharge est un "exercice laborieux" qui réclame de gros moyens.

Après trois années de recherche, des expéditions de terrain, des expériences de laboratoire et des analyses de données, une équipe internationale de 16 chercheurs ont conclu que ce "continent de plastique" est bien plus vaste que ce qu’on pensait : sa surface serait d’environ 1,6 million de km2 (soit plus de trois fois la superficie de l’île de Madagascar), il contiendrait 1’800 milliards de morceaux de plastique et pèserait quelque 80’000 tonnes.

Les résultats de cette recherche, conduite par Laurent Lebreton, océanographe réunionnais, et publiée dans la revue Scientific Reports [1], avancent des chiffres nettement supérieurs aux évaluations et mesures faites jusqu’à présent. Cela s’expliquerait à la fois par l’importance des outils mis en œuvre (méga-réseaux de filets, reconnaissances aériennes, analyses d’échantillons plus performantes, etc.) mais aussi par l’augmentation quasi exponentielle de la pollution plastique dans les eaux subtropicales du Pacifique.

Laurent Lebreton fait remarquer à ce propos que les mécanismes qui provoquent les accumulations de ces déchets plastiques dans des zones particulières des océans sont encore mal compris même si l’on sait qu’elles résultent d’immenses tourbillons géants générés par les courants marins. Par contre, il est d’ores et déjà prouvé que les microparticules de plastique qui flottent à la surface peuvent au fil du temps être entraînées vers des strates d’eaux plus profondes.

Les plus gros débris sont principalement constitués de conteneurs dégradés, de capsules de bouteilles, de caisses à flotteurs, d’engins de pêche abandonnés, etc. Mais à long terme ce matériau finit par se dégrader en milliards de minuscules microplastiques (de moins de 5 mm). Particulièrement néfastes pour la santé mais difficilement récupérables, ceux-ci sont alors ingérés par les poissons et entrent dans la chaîne alimentaire. D’où la nécessité d’agir de toute urgence pour mettre fin à l’afflux croissant de ces déchets plastiques dans les océans.




Notes

[1L.Lebreton and all., "Evidence that the Great Pacific Garbage Patch is rapidly accumulating plastic, Scientific Reports, vol.8 (2018.)
- Voir aussi : Laurent Lebreton, "The Exponential Increase of the Great Pacific Garbage Patch", sur le site de l’organisation The Ocean Cleanup ainsi que la page spécialement dédiée au Great Pacific Garbage Patch page.

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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