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29 août 2018.

Assises françaises de l’eau : fin de l’acte 1

Le premier ministre français Édouard Philippe a officiellement clos (...)

Le premier ministre français Édouard Philippe a officiellement clos le premier acte des "Assises de l’eau" dont l’objectif principal est de trouver les moyens de financer plus efficacement la modernisation des réseaux d’eau potable qui, aujourd’hui, laissent fuir en moyenne un litre sur cinq. Suite à une consultation des élus locaux, le gouvernement s’est donné quatre priorités : mieux connaître l’état des réseaux, faciliter l’accès des collectivités à l’emprunt, développer l’aide aux zones rurales et soutenir l’ingénierie.

Une consultation en ligne des maires (2500 ont répondu) et des échanges sur le terrain ont montré que deux élus sur cinq font le constat d’un déficit de connaissance des réseaux d’eau et d’assainissement. Compte tenu que ces réseaux perdent en moyenne 20 % de leur eau, près des deux tiers des élus demandent un accompagnement de l’État et une relance des investissements pour pouvoir monter des projets de modernisation à l’échelle locale.

Les quatre priorités gouvernementales

Si l’on veut améliorer la qualité des services de l’eau et de l’assainissement, la première des priorités, selon le gouvernement [1], c’est donc de renforcer la connaissance qu’en ont les collectivités. Cela passera obligatoirement, désormais, par la publication des résultats de ces services dans une base nationale de données accessible au public.

La seconde mesure porte sur la création de nouvelles offres pour l’amélioration des conditions d’emprunt des collectivités. Les agences de l’eau – ces institutions qui participent à la gestion de l’eau dans les grands bassins hydrographiques français – devront augmenter de 50 % leur aide aux territoires ruraux qui n’ont pas les moyens financiers de renouveler leurs installations, soit un montant total de 2 milliards d’euros répartis sur 5 ans.

Au chapitre de la solidarité, le gouvernement entend généraliser la tarification sociale à destination des populations dans le besoin. Il propose aux collectivités qui le souhaitent (quelques-unes l’ont déjà fait à titre expérimental) d’introduire le "chèque eau", sur le modèle de celui qui existe déjà dans le domaine de la consommation énergétique, c’est-à-dire un chèque nominatif annuel qui permettra aux ménages, en fonction de leur composition et de leurs ressources financières, de déduire un certain montant de leur facture d’eau.

Enfin, il s’agira d’accompagner les collectivités pour qu’elles puissent faire face efficacement à la complexité juridique, technique et financière des problèmes posés par la gestion de l’eau et de l’assainissement.

Acte II centré sur la thématique eau et climat

Le second volet de ces Assises de l’eau, qui sera lancé en principe au début de l’automne, devrait porter sur les principes d’adaptation au changement climatique dont on sait qu’il a de forts impacts sur les ressources en eau. Il s’agira alors, selon le Gouvernement français, de promouvoir une société aux besoins adaptés à la disponibilité de ces ressources, de mieux les protéger et d’améliorer ainsi leur qualité, et d’en assurer un meilleur partage tout en respectant les fonctionnalités des écosystèmes. (bw)




Notes

[1Voir : Assises de l’eau : Édouard Philippe annonce les premières mesures.
Selon le Premier ministre, "ces mesures vont nous permettre de diviser par deux la durée du cycle de renouvellements de nos réseaux pour rattraper le retard accumulé, pour économiser, mieux utiliser une ressources stratégique et pour reconquérir la confiance des Français."

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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