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16 février 2007.

Après nous le déluge ?

EDITO FÉVRIER 2007 Simple coïncidence sans aucun doute, mais (...)

EDITO FÉVRIER 2007

Simple coïncidence sans aucun doute, mais néanmoins stimulante, que celle qui a vu le même jour, début février, la publication à Paris du rapport tant attendu du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, et le vernissage de l’exposition « Visions du déluge » au Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne.

Les avertissements des experts du climat se font de plus en plus insistants. Il est désormais « très probable », disent-ils, que les activités humaines soient depuis un demi-siècle la cause principale du réchauffement de la planète. Ils en avancent des preuves peu controversées, contrairement aux scénarios plus ou moins catastrophiques qu’ils dessinent pour les décennies à venir. Prédire par exemple que le niveau des mers montera d’une trentaine de centimètres d’ici 2100 oblige certes à prendre la menace très au sérieux. Mais ce genre d’augures ouvre également la porte aux fictions les plus « débordantes ».

Mettre en images le passé mythique de l’humanité relève du même besoin d’illustrer de redoutables hypothèses et paraît tout aussi risqué. Les multiples « visions » du déluge, forcément subjectives, ont évolué au même rythme que les croyances et que les connaissances humaines. Et personne n’accorde plus aujourd’hui la moindre vraisemblance scientifique aux différents récits diluviens qui hantent le patrimoine légendaire universel. Ce qui n’en altère en rien, soit dit en passant, la force, le sens et la valeur symboliques.

Au-delà des interrogations imaginaires sur l’avenir et sur le passé, les scénarios climatiques du 21e siècle et les représentations du cataclysme originel ont au moins ce point commun de postuler l’émergence de réflexions, d’attitudes et d’actions nouvelles. L’eau qui sème la désolation est la même que celle qui fait vivre, et les récits du déluge délivrent un message positif incitant les hommes à refaire le monde. C’est le même raisonnement qui aujourd’hui conduit certains d’entre eux à repenser leurs modes de vie, leurs choix technologiques et leurs comportements économiques. Une attitude, pour ne pas dire une stratégie, qui, peut-être, leur permettra de s’adapter plus vite et plus efficacement aux bouleversements annoncés.

Bernard Weissbrodt


Voir dans les pages d’actualité :
- « Visions du déluge
- Le thermomètre va monter : impacts sur les systèmes hydrologiques




Mots-clés

Mot d’eau

  • Eurêka !

    Comment mieux exprimer l’ivresse dont la raison, heureuse, fait flotter dans l’eau et l’intuition, bienheureuse, léviter dans l’air ? Archimède sentit le mouvement et se leva de l’émotion de ces deux éléments, comme s’il entendait le murmure des ondes et la vibration du vent. Et j’entends eurêka comme ce triple écho et du corps et de l’air et de l’eau. (Michel Serres [décédé le 1er juin 2019], "Biogée", 2010)

Glossaire

  • Karst

    Ce mot, dérivé du nom d’un haut-plateau des Balkans, s’applique à un relief ou à un massif dont les roches calcaires ont été fortement érodées par l’eau, en surface (dolines, emposieux, lapiaz, etc.) et en profondeur (cavernes, grottes, gouffres, etc.), ce qui se traduit aussi au fil des infiltrations en sous-sol par des structures très complexes de circulation d’eau et de résurgences. Ces formes géologiques portent ici et là différents noms, telles les "causses" dans le Massif central français.


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