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20 mai 2015.

Adieu les vidanges aux barrages du Rhône franco-genevois !

Il n’y aura plus de grandes chasses du Rhône, comme celle de juin (...)

Il n’y aura plus de grandes chasses du Rhône, comme celle de juin 2012, aux barrages de Verbois et de Chancy-Pougny. Le Canton de Genève et l’État français ont d’un commun accord décidé d’y renoncer et de mettre en place une nouvelle méthode de gestion du transit des sédiments de manière à limiter les impacts négatifs de ces vidanges sur l’environnement et sur la production d’hydroélectricité, et de garantir aussi la protection des riverains face aux risques de crues.

Chaque année, l’Arve, cette rivière alpine native du massif du Mont-Blanc, achemine vers le Rhône genevois quelque 350’000 mètres cubes de sédiments qui finissent par se déposer en amont du barrage hydroélectrique de Verbois, à mi-chemin entre le Léman et la frontière franco-suisse.

Depuis la mise en service de cette retenue en 1942 et jusqu’en 2003, ce sont les hydroélectriciens – à savoir les Services industriels de Genève (SIG) côté suisse et la Compagnie nationale du Rhône (CNR) côté français – qui avaient la responsabilité de coordonner régulièrement, c’est-à-dire tous les trois ans, les opérations de vidange destinées à évacuer une partie des sédiments accumulées en amont des barrages et de profiter de ces brefs épisodes pour effectuer certains travaux d’entretien de ces ouvrages.

Plus ces chasses-vidanges se multipliaient, plus il apparaissait qu’elles entraînaient de graves dommages sur les écosystèmes du fleuve. En 2003, Genève décida d’un moratoire pour se donner le temps d’étudier d’éventuelles solutions alternatives, mais comme le comblement de la retenue de Verbois prenait de l’ampleur (quelque 3,4 millions de m3 de sédiments en 9 ans), une 21e vidange fut menée en 2012, non sans problèmes supplémentaires en raison notamment d’une crue imprévisible de l’Arve.

Cette opération terminée, les autorités riveraines de Genève et du Haut-Rhône français ont alors mandaté un groupe de travail technique franco-suisse pour élaborer d’autres méthodes possibles de gestion des sédiments du fleuve, en concertation avec les représentants des collectivités publiques, les entreprises en charge de l’exploitation des barrages et les associations de protection de l’environnement.

S’inspirant du rapport de synthèse qui lui a été remis en automne 2014, le comité de pilotage du projet, emmené conjointement par la Préfecture de l’Ain et le Département cantonal genevois de l’environnement, a finalement opté pour un scénario combinant un abaissement partiel du niveau de l’eau des barrages de Verbois et de Chancy-Pougny, l’extraction localisée des dépôts résiduels et un accompagnement des crues de l’Arve de manière à favoriser le transit des sédiments.

Une première concrétisation de ce nouveau mode de gestion est d’ores et déjà prévue pour le printemps 2016. Ces opérations – qui doivent encore d’ici là recevoir de part et d’autre de la frontière les autorisations dûment requises - s’inscriront dans le cadre d’une stratégie globale de gestion à moyen terme, soit une dizaine d’années. (bw)


- Le rapport de synthèse du Comité technique franco-suisse (20 octobre 2014) sur la nouvelle gestion sédimentaire du Rhône genevois et du Haut-Rhône français est disponible sur lesite officiel du Canton de Genève

- Voir l’article et les photos aqueduc.info de juin 2012 sur la dernière vidange chasse au barrage de Verbois

- Voir la vidéo des SIG sur la vidange de Verbois




Infos complémentaires

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Le barrage de Verbois,
toutes vannes ouvertes,
lors de la dernière vidange
du Rhône en juin 2012
(photos aqueduc.info)


Le nouveau mode de gestion des sédiments du Rhône

La nouvelle gestion d’évacuation des sédiments du Rhône consiste à abaisser partiellement le niveau d’eau des barrages de Verbois et de Chancy-Pougny tous les trois ans. Elle permet de maîtriser le taux de particules fines en suspension dans l’eau, préservant ainsi le développement des poissons. Les matériaux n’ayant pu être évacués de cette manière seront pris en charge lors de dragages ponctuels et d’opérations d’accompagnement des crues de l’Arve. Il s’agit, avec ces dernières, de réguler le débit d’eau du Rhône provenant du Léman avant qu’il ne soit rejoint par l’Arve de manière à permettre un meilleur transit des sédiments.

La gestion sédimentaire du Rhône genevois et du Haut-Rhône français, de Verbois jusqu’à Sault-Brénaz, dans l’Ain – doit répondre à plusieurs enjeux : assurer la sécurité des riverains du fleuve, limiter les impacts sur les milieux aquatiques et dépendants, préserver les ressources en eau potable et garantir l’alimentation en eau pour le refroidissement des centrales de production électrique le long du fleuve, à commencer par celle du Bugey. (Source : Canton de Genève)

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Glossaire

  • Eau de Javel

    Appellation populaire, du nom d’un quartier parisien, d’une solution aqueuse d’hypochlorite de sodium, de couleur jaunâtre et à forte odeur de chlore, souvent employée, diluée dans l’eau, comme désinfectant, détachant ou décolorant. De nombreux produits ménagers de nettoyage, de lessive et de vaisselle en contiennent à des concentrations variables. Elle est également utilisée pour la potabilisation de l’eau, dans les piscines, dans les stations d’épuration et dans l’industrie, notamment dans les papeteries.

Mot d’eau

  • La communauté, nappe souterraine

    “La communauté est une nappe affective souterraine et chacun boit la même eau à cette source et à ce puits qu’il est lui-même – mais sans le savoir, sans se distinguer de lui-même, de l’autre ni du Fond.” (Michel Henry, "Phénoménologie matérielle", 1990)


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