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16 mars 2009.

5e Forum mondial de l’eau à Istanbul

Après Marrakech (Maroc) en 1997, La Haye (Pays-Bas) en 2000, Kyoto (...)

Après Marrakech (Maroc) en 1997, La Haye (Pays-Bas) en 2000, Kyoto (Japon) en 2003 et Mexico en 2006, c’est Istanbul, en Turquie, qui du 16 au 22 mars accueille l’édition 2009 du 5ème Forum mondial de l’eau. Les organisateurs de ce qu’ils présentent eux-mêmes comme « le plus grand événement du secteur de l’eau au monde » ont choisi pour thème officiel le slogan « Bridging Divides for Water » (‘Établir des passerelles entre nos divergences sur l’eau’).

Ce thème a été retenu, disent les documents préparatoires du Forum, parce qu’il souligne « non seulement les carrefours géographiques, qu’Istanbul représente, entre l’Europe et l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique, le Nord et le Sud, mais également les barrières entre les cultures, entre les usages traditionnels et modernes, entre les riches et les démunis, entre les régions développées et en voie de développement ».

Organisé tous les trois ans, le Forum mondial de l’eau repose sur une collaboration étroite entre son principal initiateur, à savoir le Conseil mondial de l’eau (plate-forme multilatérale créée en 1996 à l’initiative des organisations internationales et des spécialistes du secteur de l’eau) et le gouvernement du pays hôte. Pour sa cinquième édition, ses organisateurs avaient souhaité que sa préparation soit « ouverte, participative, et tournée vers l’action ».

Un programme en 6 points

Ce processus préparatoire a permis de définir les bases d’un programme qui tient en six thèmes essentiels, à savoir :

- Au niveau des résultats attendus :

  • Changements mondiaux et gestion des risques
  • Faire avancer le développement humain et les Objectifs du Millénaire pour le Développement
  • Gestion et conservation des ressources en eau et de leurs systèmes d’approvisionnement en vue de satisfaire les besoins humains et environnementaux.

- Dans les moyens permettant de réaliser ces objectifs :

  • Gouvernance et gestion
  • Financement
  • Éducation, connaissance et renforcement des capacités.

Il est toutefois probable que les débats tourneront principalement autour de deux grands sujets d’actualité : la crise financière et économique et les changements climatiques, deux paramètres qui risquent de peser lourd dans les années à venir sur la manière de gérer l’eau dans les différentes régions du monde.

Le processus politique proprement dit du Forum se décline en trois catégories d’intervenants, à savoir des représentants d’États (quand bien même le Forum n’a pas le statut de conférence intergouvernementale), des parlementaires et des représentants des collectivités locales. Au sujet de ces dernières, un projet de déclaration commune des autorités locales a fait polémique, car il avait été intitulé "Pacte d’Istanbul sur les eaux urbaines". Ce qui était une façon d’exclure en quelque sorte les problèmatiques du monde rural, en particulier celles liées à l’accès à l’eau des populations les plus pauvres.

Six messages-clés de la délégation suisse

La Suisse est représentée à Istanbul par la Direction du développement et de la coopération (DDC) et par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), ainsi que par trois offices fédéraux : environnement, santé publique et agriculture. La délégation y est porteuse de six messages-clés :

- Les milieux politiques, économiques et la société civile doivent agir avec détermination aux fins de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.
- L’accès à l’eau potable et l’hygiène des zones urbaines (installations sanitaires de base) constituent un besoin essentiel de l’être humain et un droit humain.
- L’accès des pauvres à l’eau, à l’hygiène des zones urbaines et à l’irrigation est la pierre angulaire de la gestion intégrée des ressources hydriques et de la protection de l’environnement.
- La protection des écosystèmes représente le meilleur moyen d’assurer un approvisionnement suffisant en eau de bonne qualité et de réduire les catastrophes naturelles causées par l’eau.
- Les experts du domaine de l’eau doivent pouvoir disposer d’un volume suffisant d’informations pratiques sur le bouleversement climatique.
- La gestion durable de l’eau doit faire partie intégrante des stratégies dans les domaines de l’agriculture et de la politique économique. (bw)


- À lire : Petit ABC d’eau stambouliote, bribes de Forum glanées au hasard des dépêches et des coupures de presse.

- Site officiel du 5e Forum mondial de l’eau : www.worldwaterforum5.org
- Information sur la présence suisse au Forum (DDC)



Infos complémentaires

:: Un Forum qui suscite aussi des oppositions et contre-propositions

Comme elles l’avaient déjà fait lors du précédent Forum mondial de l’eau de Mexico, de nombreuses organisations non gouvernementales de tous pays et continents ont d’ores et déjà décidé de faire ensemble front pour que l’eau soit reconnue comme un vrai droit humain et comme un bien commun et public.

Dans un appel signé par une cinquantaine d’entre elles (disponible en anglais sur le site People’s Water Forum), ces ONG affirment que le temps est venu de « mettre fin au règne des barons de l’eau » et rappellent que ce Forum mondial de l’eau est en fait une émanation du Conseil mondial de l’eau, « un organisme créé et contrôlé par l’industrie privée et multinationale de l’eau, et qui ne cesse de promouvoir la privatisation de l’eau, sa marchandisation et sa commercialisation, des politiques qui de manière avérée portent préjudice aux personnes et aux collectivités ».

En réponse aux propositions du Forum jugées néolibérales et dévastatrices, ces ONG estiment d’une part qu’il faut promouvoir plus que jamais d’autres solutions comme des partenariats public-public et des modèles de gestion de l’eau basés sur les principes du bien commun et de la participation démocratique. Et d’autre part qu’il faut imaginer un autre type de forum de l’eau dans lequel les États prendraient de véritables engagements, dans un processus multilatéral ouvert et transparent, avec la participation des collectivités locales et dans un esprit d’équité et de justice.

Les ONG signataires de l’appel demandent aux organisations et aux gouvernements présents à Istanbul de faire en sorte que ce Forum soit le dernier du genre. Et demandent par conséquent à l’ONU et à ses États membres d’assumer leurs responsabilités et de s’engager en faveur de la création d’un Forum de l’eau qui ait lui seul toute la légitimité nécessaire à la convocation de conférences internationales et à la conclusion d’accords multilatéraux contraignants. (bw)

Liens utiles

- People’s Water Forum
- Alternative Water Forum 2009 Istanbul
- Blog Corporate Europe Observatory

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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