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7 août 2013.

300 tonnes d’eau radioactive s’écoulent chaque jour de Fukushima vers l’océan

Le gouvernement japonais s’est finalement décidé à informer le (...)

Le gouvernement japonais s’est finalement décidé à informer le public sur les quantités d’eau radioactive qui s’écoulent de la centrale nucléaire de Fukushima dans l’océan Pacifique depuis l’arrêt des systèmes de refroidissement après le tsunami du 11 mars 2011 : 300 tonnes par jour, selon ses estimations. Alors que l’autorité de régulation nucléaire japonaise parle de situation d’urgence, le gouvernement fait savoir qu’il va venir en aide à l’exploitant de la centrale (Tokyo Electric Power - Tepco), lequel a bien dû reconnaître, après des mois de tergiversations, qu’il ne maîtrisait pas les fuites d’eau contaminée.

Depuis la catastrophe, Tepco tente tant bien que mal de refroidir les réacteurs endommagés et les combustibles usagés qui continuent de dégager de la chaleur. La technique utilisée consiste à puiser de l’eau douce dans la nappe phréatique, à l’injecter dans les enceintes confinées de la centrale et à stocker une partie des eaux contaminées dans des réservoirs souterrains. Mais on sait aujourd’hui que ces installations ne sont plus vraiment étanches.

Quelques explications supplémentaires par le biais d’une brève revue de presse.

Des solutions trop tardives
Le problème, c’est que l’eau souterraine entre dans les bâtiments des réacteurs endommagés, se charge d’éléments radioactifs tels que le césium et se répand dans la mer. Tepco a passé des mois à pomper l’eau à la surface et à la stocker dans des réservoirs, et à creuser des puits pour abaisser la nappe phréatique. Ils ont aussi un plan pour purifier l’eau, mais ce n’est qu’une solution partielle car certaines substances radioactives, comme le tritium, ne peuvent en être retirées. Tepco est en train de construire une série de murs souterrains pour faire barrage et endiguer le flux. Mais c’est probablement trop tard : la montée des eaux va bientôt les submerger. (NewScientist)

Les fuites dans les nappes phréatiques sont inévitables
"Les galeries en dessous de la centrale ne sont pas parfaitement étanches, il y a donc forcément une contamination de la nappe phréatique", note cependant Jérôme Joly, directeur adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). En s’écoulant naturellement vers le Pacifique, la nappe emporte avec elle les éléments radioactifs. "La situation est très grave, mais elle n’est pas plus urgente aujourd’hui qu’hier, d’après les éléments dont nous disposons", note le directeur adjoint de l’IRSN. "Les fuites via les nappes phréatiques doivent être à peu près du même ordre de grandeur que les contaminations liées aux pluies emportant les éléments radioactifs qui se sont accumulés en surface au plus fort de la catastrophe", rappelle-t-il. (Le Figaro)

La pollution pourrait durer des mois
A Fukushima, la pollution a plusieurs origines : les rejets radioactifs liquides en provenance du site accidenté, les retombées atmosphériques sur la surface de la mer et le transport de pollution par lessivage des terrains contaminés. Elle pourrait durer des mois - à des niveaux décroissants au fil du temps-, et s’aggraver si le corium, ce mélange d’acier de la cuve et de combustibles en fusion, venait à traverser le socle de béton des réacteurs 2 et 3. Mais il est exclu qu’il coule comme de la lave vers la mer. "Il serait vraisemblablement stoppé par la roche terrestre et refroidirait en piégeant de nombreux éléments radioactifs, explique Thierry Charles, de l’IRSN. Toutefois, il pourrait alors être balayé par les eaux de ruissellements qui entraineraient ensuite des radioélements, dont du plutonium, vers l’océan". (Sciences et Avenir)


P.S.
8 août 2013.
Tepco annonce avoir commencé le pompage d’eau souterraine radioactive et son transfert dans un réservoir provisoire. Elle dit prévoir la mise en place rapide d’un système permettant le pompage de 100 tonnes d’eau contaminée par jour, laquelle sera filtrée et recyclée pour le refroidissement des réacteurs de la centrale.

19 août 2013. Tepco annonce avoir découvert, à proximité de réservoirs, des flaques (quelque 120 litres) d’une eau extrêmement radioactive, d’un niveau d’environ 100 millisieverts par heure (un millisievert par an correspond à la limite d’exposition acceptable pour l’homme, selon les normes de la commission internationale de protection radiologique).

3 septembre 2012. Le gouvernement japonais annonce qu’il fera construire un "mur de glace" souterrain entourant les réacteurs et protégeant les nappes souterraines. Cette solution, fort coûteuse et jamais testée, consiste à injecter dans le sol du chlorure de sodium liquide à très basse température capable de figer les matériaux radioactifs. Ce projet nécessitera deux ans de travaux.




Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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