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18 janvier 2018.

Nouvelle initiative : 114’420 signatures “pour une eau potable propre”

À l’avenir, les subventions agricoles ne devraient être accordées (...)

À l’avenir, les subventions agricoles ne devraient être accordées qu’aux seules exploitations respectueuses de l’environnement et ne polluant pas l’eau potable. C’est ce que demandent 114’420 citoyens par le biais d’une initiative populaire officiellement déposée auprès de la Chancellerie fédérale. Son titre : « Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique ».

Pour l’association apolitique "Une eau propre pour tous" à l’origine de cette nouvelle initiative populaire fédérale munie de 114’420 signatures récoltées en moins de 10 mois, il est irresponsable de continuer à subventionner des pratiques agricoles qui contaminent gravement les eaux de surface et les eaux souterraines et qui mettent en danger la santé des vivants. L’utilisation intensive de pesticides et d’antibiotiques pollue également les sols, détruit la biodiversité et favorise le développement de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Cette initiative populaire exige donc qu’après une période transitoire de 8 ans seules les exploitations agricoles respectant les normes écologiques, n’utilisant ni pesticide ni antibiotique préventif, et élevant un bétail nourri exclusivement avec du fourrage produit sur l’exploitation, recevront des subventions fédérales.

Dans leur argumentaire, les initiants notent que depuis une vingtaine d’années, la Suisse n’a cessé d’investir des milliards de francs pour garantir des productions agricoles respectueuses des normes écologiques et du bien-être des animaux. Avec des résultats bien en deçà des exigences légales, puisque près des trois quarts des stations de surveillance des eaux souterraines, dans les zones agricoles intensivement cultivées du Plateau suisses, présentent des concentrations de résidus de pesticides supérieures aux valeurs admissibles. Autrement dit, l’agriculture ne serait pas aujourd’hui en mesure d’atteindre les objectifs environnementaux qui lui ont été fixés.

Les initiants déplorent qu’au lieu de résoudre ces problèmes le gouvernement fédéral a l’intention d’augmenter les valeurs limites au lieu de se conformer aux lois existantes. Il souhaite par exemple, à propos du glyphosate (un pesticide fréquemment utilisé qui fait actuellement l’objet de controverses internationales), d’augmenter sa charge maximale admissible dans les eaux de surface, passant de 0,1 à 360 microgrammes par litre. Une attitude qui, selon l’association "Une eau propre pour tous", ressemble fort à une violation systématique de droit de l’environnement.

Le dossier des initiants pointe également du doigt les excès de lisier et de purin que les zones agricoles ne peuvent pas absorber et qui pénètrent les sols jusqu’aux nappes phréatiques, ou encore les fortes émissions d’ammoniac résultant des importations massives de fourrage à des fins d’élevage intensif. (bw)

- Le site de l’initiative
- Son argumentaire




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Mot d’eau

  • La vie, plusieurs eaux

    “Il y a plusieurs durées dans votre vie. Il y a plusieurs eaux mélangées dans le temps. L’enfance fait comme un courant profond dans la rivière du jour. Vous y revenez souvent, comme on revient chez soi après beaucoup d’absence.” (Christian Bobin, "La part manquante", 1989)

Glossaire

  • Robinet

    Le mot vient de Robin, un sobriquet que jadis, dans les récits moyenâgeux, on donnait au mouton. Chez Rabelais par exemple. On l’employa ensuite pour désigner la pièce - souvent décorée d’une tête stylisée de mouton ou de bélier - installée sur le tuyau d’écoulement d’une fontaine pour fermer, ouvrir ou régler son débit d’eau. L’expression "tenir le robinet" signifiait d’ailleurs : user d’une chose à sa volonté. On notera que pour parler du robinet la langue allemande utilise le mot ... "Hahn", le coq !


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