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Informations en bref et en vrac


Informations en bref et en vrac


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Jul 10

Le Léman est aussi pollué par le plastique que la moyenne des océans

L’association Oceaneye (*) a mené en 2018 et 2019 une campagne de mesures pour évaluer la pollution micro-et mésoplastiques de surface du Léman. Sur la base de l’analyse de 51 échantillons collectés sur l’ensemble du lac, cette étude (**) conclut à l’omniprésence des plastiques : tous les échantillons contenaient en effet des particules de plastique d’une dimension supérieure à 1 millimètre. Leurs concentrations moyennes de 127 grammes par kilomètre carré sont du même ordre de grandeur que celles des océans ou des grands lacs nord-américains, mais inférieures à celles de la Méditerranée occidentale considérée comme plutôt fortement polluée. Toutes les informations à disposition des chercheurs concordent pour pointer du doigt l’emballage comme première source de pollution plastique de surface.

Comparées à la moyenne mondiale, les pertes de déchets plastiques par habitant arrivant dans le Léman (50 grammes par personne et par an) peuvent être certes considérées comme faibles, mais la grande densité de population sur son bassin versant conjuguée à un plan d’eau de petite dimension incite à lutter contre ce type de pollution. Entre autres recommandations, l’association Oceaneye demande à la population de limiter sa consommation de plastique et d’abandonner l’abandon de déchets plastiques dans l’espace public. Elle appelle également les autorités à sensibiliser davantage les consommateurs à cette problématique, à multiplier les points de collecte de déchets plastiques, à intensifier le nettoyage des rives du lac et à légiférer pour limiter la production et de la consommation de plastiques à usages uniques. Et il revient aux producteurs d’emballages de trouver des solutions à ces problèmes, par exemple en diminuant la quantité de matière par objet ou en développant des matériaux alternatifs. (Source : Oceaneye)


* Oceaneye, association à but non lucratif fondée à Genève en 2010, entend participer à la lutte contre la pollution plastique par l’information et la sensibilisation du grand public et la contribution à la recherche scientifique.

** Pascal Hagmann et Gaël Potter, « Evaluation de la pollution du Léman par les déchets micro-et mésoplastiques de surface. Rapport d’étude sur les campagnes de mesures 2018 et 2019 », Oceaneye, 18 juin 2020.


Jul 4

Le Pérou a perdu la moitié de ses glaciers

Selon un rapport de son Autorité nationale de l’eau (ANA), le Pérou a perdu 51% de sa surface glaciaire durant la période 1948-2019 à cause du réchauffement climatique et de la hausse des températures. Le cas le plus spectaculaire est celui du glacier Pastoruri situé au sud de la Cordillère blanche à 5000 mètres d’altitude et considéré comme l’un des sites emblématiques du pays. « Entre 1980 et 2019, disent les experts péruviens, il a reculé de plus de 650 mètres, formant un nouveau lac en contact avec le glacier et qui continue de croître (…) Les glaciers sont des écosystèmes très sensibles au changement climatique. Au cours des dernières décennies, les impacts sur ces réserves d’eau solides ont été plus évidents. Ils entraînent une diminution notable de la masse des glaciers et la formation de nouveaux lacs. » C’est le Pérou qui détient la plus grande chaîne de montagnes tropicales, dans laquelle se trouvent plus des deux tiers des glaciers tropicaux de la planète. Le pays compte actuellement pas moins de 2679 glaciers pour une superficie totale d’environ 2000 kilomètres carrés, ainsi que plus de 8000 lacs de montagne. (Source : Autoridad Nacional del Agua (ANA))


Jun 19

Un MOOC sur l’eau et le climat

Quatre associations de France, du Royaume Uni et de Slovaquie (*), ayant chacune une expertise dans le domaine de l’eau et son lien avec le climat, collaborent depuis 2017 en vue de créer une base de connaissances sur les bonnes pratiques pour la préservation de l’eau et du climat au 21ème siècle. Ce travail a débouché sur un concept d’expertise locale et nationale sur l’eau et le climat à l’échelle européenne, emmené par des scientifiques et des particuliers actifs au niveau local et sur la mise en ligne d’un cours "Eau et Climat", gratuit, et proposé dans les trois langues des pays des associations impliquées dans le projet.

Ce MOOC (**) part de l’idée qu’il est urgent d’adopter une approche plus démocratique de la gestion de l’eau qui permette aux usagers et aux citoyens de jouer un véritable rôle et qui réponde aux besoins et aux nécessités actuelles. Ce cours en ligne Eau et Climat propose quatre modules d’apprentissage :

1. Être sensibilisé aux enjeux de l’eau : ce premier module, pour lequel il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances préliminaires particulières vise à familiariser les participants avec le processus et la science des cycles de l’eau. En explorant les liens entre le climat, les sols, le cycle de l’eau et la forêt, il fournit les bases qui permettront d’aborder les modules suivants davantage orientés vers la pratique.

2. Devenir un praticien de l’eau (sur le terrain) : ce module passe en revue les actions et les méthodes pratiques qui peuvent être prises pour restaurer l’eau et protéger le climat dans différents milieux, à la maison, en ville, sur le bassin d’une rivière, en forêt, etc.

3. Devenir un facilitateur de l’eau (au sein d’une communauté) : ce module explore la manière de mobiliser la population en faveur de pratiques saines pour l’utilisation de l’eau et de faciliter les relations individuelles et collectives des citoyens avec les ressources en eau.

4. Devenir un expert de l’eau (en pratique) : enfin il s’agit pour les participants, par le biais d’un travail de recherche, d’intégrer tous les aspects abordés dans les modules précédents afin d’être capables de concevoir et de mettre en œuvre un projet concret, même de très grande envergure, visant à réintégrer l’eau de pluie dans le cycle de l’eau local.

- Site d’accès au MOOC Eau et Climat : opencourse.waterways.world


* L’équipe des quatre partenaires à l’origine de cette initiative "Eau et Climat" réunit la Coordination Eau Île-de-France Paris et Eau Bien Commun Aura (France), The Flow Partnership, Devon (Royaume-Uni) et L’Udia a Voda (People and Water) Košice (Slovaquie). Le projet bénéficie du soutien financier du programme européen Erasmus+ pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport.

** L’acronyme MOOC – Massive Open Online Course - que l’on peut traduire par cours en ligne ouvert et massif désigne un moyen de formation à distance via internet, libre d’accès, offrant des cours gratuits et pouvant déboucher sur l’obtention de certificats (généralement payants). En français, l’acronyme MOOC est parfois remplacé par FLOT, formation en ligne ouverte à tous.


Jun 11

Nestlé réorganise son secteur eau

Dans un communiqué publié à son siège de Vevey, en Suisse, la société Nestlé annonce avoir adopté une nouvelle orientation stratégique pour ses activités dans le domaine de l’eau. L’entreprise dit vouloir désormais concentrer ses efforts sur ses marques internationales emblématiques telles Perrier, S.Pellegrino et Acqua Panna. Elle continuera de développer ses marques leaders haut de gamme d’eau minérale partout dans le monde et d’investir dans des produits différenciés vendus sous la marque Nestlé Pure Life.

Concrètement, cela devrait notamment se traduire dès l’an prochain par l’abandon des activités de l’entité Nestlé Waters Amérique du Nord qui "ne relèvent pas de cet objectif", à savoir la production de ses marques régionales d’eau de source, ses activités dans le secteur de l’eau purifiée et son service de distribution de boissons. L’entreprise n’exclut pas la possibilité de vendre la majorité des activités de Nestlé Waters en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada).

Nestlé entend réaliser ses nouveaux objectifs de durabilité d’ici 2025 et mènera des actions pour atteindre la neutralité carbone, renforcer la bonne gestion de l’eau (elle soutiendra pour cela la durabilité environnementale des bassins versants en reconstituant 100% de l’eau qu’elle utilise) et lutter contre les déchets plastiques (en réduisant de moitié son utilisation de plastique vierge et en utilisant davantage de PET recyclé) (Source : Nestlé SA).


Jun 4

La France prélève 37 milliards de mètres cubes d’eau par an

Les données de base ci-dessous concernant les ressources hydriques et les usages de l’eau en France métropolitaine sont extraites du Rapport de la mission d’information sur la gestion des conflits d’usage en situation de pénurie d’eau présenté le jeudi 4 juin 2020 à la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale française (*) (la plupart des chiffres datent de 2016).

Les ressources hydriques

Pluviométrie annuelle moyenne : 400 milliards de mètres cubes.
Évapotranspiration : 225 milliards de m3 (transférés vers l’atmosphère).

Les 175 milliards de mètres cubes restants constituent la ressource en eau, soit :

- 75 milliards dans les eaux de surface
Réseau des cours d’eau : environ 270 000 kilomètres
Stock des eaux de surface : 109 kilomètres cubes (dont 7,5 milliards de m3 répartis dans 622 barrages hydro-électriques).

- 100 milliards de m3 d’eau stockés dans les aquifères : la réserve d’eau souterraine est constituée de quelque 6500 aquifères dont la contenance est estimée à environ 2000 kilomètres cubes d’eau.

- La ressource souterraine représente les deux tiers de l’alimentation en eau potable et un tiers des prélèvements utilisés pour l’industrie et l’irrigation.

Prélèvements et consommations

Le total des prélèvements d’eau en France est estimé à quelque 37 milliards de mètres cubes d’eau par an, à savoir :
- Usages énergétiques : 20,8 milliards de m3 (dont 75 % sont issus des eaux de surface continentales) sont utilisés pour la production d’énergie hydroélectrique et le refroidissement des centrales thermiques ou nucléaires, puis relâchés dans les rivières ou sous forme de panache de vapeur.
- Usages domestiques : 5,4 milliards de m3, soit 170 litres d’eau par jour par usager.
- Alimentation des canaux : 4,7 milliards de m3.
- Usages agricoles (irrigation)  : 3,2 milliards de m3 (dont 63 % prélevés dans les eaux de surface continentales, avec de fortes disparités à l’échelle régionale).
- Usages industriels : 2,5 milliards de m3.

Après évaluation du volume d’eau consommé (non rejeté après prélèvement) et de l’état et de la qualité de l’eau prélevée finalement rejetée après usage (compte tenu de caractéristiques comme la température, la potabilité, la pollution, etc.), les ordres de grandeur des prélèvements et consommations d’eau par grand secteur sont les suivants :

Prélèvements bruts (34 milliards de mètres cubes)
- Énergie 57 %
Eau potable 18 %
Industrie 10 %
Agriculture 15 %.

Consommations nettes (6 milliards de mètres cubes)
- Énergie 22 %
Eau potable 24 %
Industrie 6 %
Agriculture 48 %.


* Ce Rapport d’information est disponible sur le site de l’Assemblée nationale française. Voir >


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