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Informations en bref et en vrac


Informations en bref et en vrac


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Oct 19

« Voyage d’une goutte de pluie »

Photographe français originaire des Deux-Sèvres, non loin du Marais poitevin, Daniel Mar s’est longtemps servi du papier pour y coucher ses images. Il a plus tard choisi de l’utiliser dans sa création artistique « comme un matériel apte à être découpé, plié ou collé pour bâtir un monde fragile et improbable, poétique et métaphorique ». Devenu « sculpteur d’histoires », il a aussi opté pour cette technique particulière qui consiste à superposer des couches de papier pour leur donner une apparence de bas-relief et en faire le support visuel de ses récits.

Son « Voyage d’une goutte de pluie » relève de cette approche tactile du monde. Il propose ainsi aux enfants de découvrir - par la manipulation et le jeu - le long cycle de l’eau, des nuages jusqu’à la mer, en faisant couler une bille dans les méandres d’une rivière creusée dans la douzaine de pages d’un petit livre au format vertical et d’une belle épaisseur.

Le parcours liquide imaginé par Daniel Mar a toutefois quelque chose d’assez idyllique et l’évocation d’un passage de la goutte d’eau par une station d’épuration ne suffit pas à sensibiliser le jeune lecteur aux impacts des activités humaines sur le cycle de l’eau, pour le meilleur et pour le pire. L’auteur en est bien conscient. Mais comme cette première initiation par le livre est aussi une invitation implicite à la découverte visuelle et tactile de cette ressource dans la nature, peut-être l’enfant verra-t-il alors de ses propres yeux que l’eau n’est pas toujours aussi bienveillante à l’égard de l’homme et que celui-ci est parfois capable de la maltraiter quand bien même elle est absolument indispensable à toute vie. En prendre soin est aussi quelque chose qui s’apprend. (bw)


- Voir le site artpapier.fr de Daniel Mar.
- Voir la présentation de l’ouvrage sur youtube

« Voyage d’une goutte de pluie »
Conception et texte de Daniel Mar
Illustrations de Kiko
Éditions Tourbillon, Montrouge (France), 2020.

- Sur ce même thème, voir l’article aqueduc.info : Pourquoi il faut changer notre façon de dessiner le cycle de l’eau


Oct 16

En un an les glaciers suisses ont encore perdu 2% de leur volume

Le recul des glaciers n’a pas connu de relâche durant l’été 2020, annonce l’Académie suisse des sciences naturelles. Et même si les conditions météorologiques n’ont pas été extrêmes au cours des 12 derniers mois, près de 2% de leur volume total ont été perdus dans tout le pays. En septembre 2020, l’épaisseur de neige la plus basse depuis le début des observations il y a 100 ans a été mesurée au glacier d’Aletsch près du Jungfraujoch. La tendance négative se poursuit et le déclin reste massif : la quantité d’eau perdue par les glaciers suisses en 60 ans suffirait à remplir le Lac de Constance.

Les pertes sont toutefois d’importance inégale : alors que les glaciers plats de basse altitude (tel celui de Tsanfleuron en Valais) ont connu une réduction moyenne de l’épaisseur de glace de 2 mètres, ceux situés en haute altitude, dans les parties méridionales du Valais, du Tessin et de l’Engadine (le Findelgletscher ou le Ghiacciaio del Basòdino par exemple) n’ont perdu qu’un demi-mètre environ en raison de la grande quantité de neige tombée au début de l’hiver et des chutes de neige en été.

Le recul des glaciers change considérablement le paysage alpin : les marges glaciaires se retirent et de nouveaux lacs de montagne apparaissent. Parce qu’ils se désintégraient, certains petits glaciers comme le Vadret dal Corvatsch dans les Grisons ont été retirés du réseau de surveillance. Le retrait des glaciers génère également de nouveaux dangers, à l’exemple de l’avalanche de glace sur le glacier du Turtmann en Valais et la vidange du lac glaciaire sur la Plaine Morte dans l’Oberland bernois. (Source : Académie suisse des sciences naturelles)


Sep 29

L’eau « absurde » des icebergs

C’est la bouteille d’eau des glaces groenlandaises de la marque canadienne « Berg », vendue par le Groupe Manor, qui remporte en 2020 la « Pierre du diable » décernée chaque année par l’Initiative des Alpes, une association suisse qui depuis 1989 milite pour la protection des régions alpines contre les effets négatifs du trafic de transit.

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Calcul des émissions de CO2
(Initiative des Alpes / Quantis
Graphique : Scriptum)

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Cette vraie fausse distinction, qui montre du doigt des produits symptomatiques de l’augmentation des transports de marchandises, dénonce cette fois-ci une eau commerciale issue de la fonte des glaces du Groenland et transportée sur plus de 9600 kilomètres, soit une pollution de 794 g de CO₂ par bouteille de 750 ml. « C’est une absurdité et un cercle vicieux, affirme Jon Pult, député grison au Conseil national et président de l’Initiative des Alpes : on extrait le froid de la mer, le transport par bateau réchauffe en plus l’atmosphère et renforce l’effet de serre. Ce transport est d’autant plus absurde que nous avons en Suisse de l’eau potable qui coule presque gratuitement. »

Du côté de Manor, on dit prendre la critique au sérieux : d’ici à la fin de l’année, le grand distributeur entend désormais se concentrer sur des eaux régionales et nationales et retirera de la vente sa ligne intercontinentale "Eaux du monde" qui compte une dizaine d’eaux minérales.

La « Pierre du diable » a son pendant positif, le « Cristal de roche », qui récompense la promotion de la gastronomie régionale. Il a été attribué cette année à l’ « Automne culinaire », un projet de l’association faîtière Alpinavera pour les produits d’alpage et de montagne en collaboration avec les associations de l’hôtellerie et de la gastronomie des Grisons, d’Uri et de Glaris.

- Site de l’association « Initiative des Alpes »


Sep 24

À Genève, le Repère Pierre du Niton a 200 ans

La Suisse, qui n’a pas de façade maritime, est donc dans l’impossibilité d’établir elle-même des relevés d’altitude à partir de la mer. En 1820 l’ingénieur genevois Guillaume-Henri Dufour avait alors décidé de prendre comme repère d’altimétrie l’un des deux blocs erratiques de granite qui émergent du Léman à proximité immédiate de la rive gauche de la rade de Genève.

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Les deux blocs erratiques de la rade de Genève du côté des Eaux-Vives : au premier plan la « Pierre Dyolin »
et, plus loin, la « Pierre du Niton » proprement dite, qui sert de référence à l’altimétrie suisse. (photo aqueduc.info)

La « Pierre du Niton » (pierre de Neptune, de Neith, autre dieu des eaux, ou du Diable selon les interprétations) et la Pierre Dyolin (la plus grande et la plus proche du rivage) proviennent du massif du Mont-Blanc et ont été transportées jusqu’à cet endroit par le glacier de l’Arve lors de la dernière grande période glaciaire qui en Europe a culminé il y a environ 20 000 ans. Et c’est à partir de ce point de référence que tous les autres points d’altitude de la Suisse ont ensuite été calculés et inscrits sur les cartes nationales, à commencer par la célèbre Carte Dufour au 1:100 000, première carte officielle couvrant intégralement le pays, publiée entre 1845 et 1865.

À l’origine, l’altitude du « Repère Pierre du Niton » avait été fixée à 376.86 mètres par rapport au niveau de la Méditerranée. Mais en 1902, sur la base des mesures faites au marégraphe de Marseille et qui déterminent l’altitude zéro du système géodésique français, elle a été fixée à 373.60 m. (bw)


- En savoir plus sur le site de l’État de Genève
- Voir aussi l’article (et la vidéo) 1820. Les Pierres du Niton s’offrent un destin national publié par la Tribune de Genève (édition du 3 octobre 2020).


- Les deux premières des 25 feuilles de la Carte topographique de la Suisse (carte Dufour) ont été publiées en 1845. Elles montraient les régions montagneuses du Valais et les rives du lac Léman à une échelle de 1:100 000. Pour réaliser cette carte, de nombreux topographes et autres spécialistes ont parcouru le territoire national. À l’occasion du 175e anniversaire de cette publication, l’Office fédéral de topographie swisstopo a mis en ligne une application interactive qui permet de suivre leurs traces et de montrer les points essentiels de la carte.


Aug 28

Un nouvel « Atlas de l’eau »

En août 2019, dans l’une de ses éditions hebdomadaires et sous le titre « Bientôt un monde sans eau ? », Courrier International avait déjà consacré un dossier de dix pages à un état des lieux et à l’avenir de cette ressource absolument vitale. Une année plus tard, constate sa rédaction, « la situation est encore plus tendue. Et toujours d’actualité : l’eau insalubre est un vecteur de maladies ; l’eau potable, privatisée, est ce qui vient à manquer quand une crise économique s’installe. » Non seulement la ressource est menacée par sa consommation effrénée et son accès est un facteur d’inégalité supplémentaire. Mais elle est aussi l’objet de convoitises et de rivalités, et parfois motif de casus belli.

D’où ce nouvel atlas hors-série dans lequel Courrier International veut montrer l’importance de l’eau à la fois dans le quotidien de la vie des humains mais aussi dans la géopolitique et les conflits. Ce document de 76 pages, disponible en version papier ou numérique, propose une bonne trentaine de cartes et d’infographies, et une sorte d’anthologie d’enquêtes, de reportages et de points de vue glanés dans la presse de multiples pays de la planète.

- Courrier International, Atlas de l’eau, Hors-série, septembre-octobre 2020.


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